Forme de récompense, ou simple moyen de compenser la perte énergétique, la collation après le sport pourrait faire plus de mal que de bien chez les enfants, alerte une nouvelle étude. Le nombre de calories ingérées dépassant souvent l'énergie dépensée lors d'un après-midi de ski ou d'un cross du dimanche matin. Quelques simples ajustements peuvent pourtant tout changer. A méditer lorqu'on sait qu'en France, 20% des 6-17 ans sont en surpoids et 5,2% obèses.
Soda "à base de thé", Capri Sun et barre chocolatée, se retrouvent encore trop souvent dans les sacs des enfants au bord des terrains de sport, ont relevé des chercheurs en santé publique de l'université de Brigham Young. Oui, mais où le problème si les enfants se dépensent, réfutent les industriels de l'agroalimentaire à grands coups de spots TV valorisant le réconfort après l'effort. Les scientifiques américains se sont donc intéressés de près au nombre de calories ingérées par les enfants après le sport. Et leur conclusion est claire : bien souvent, celles-ci dépassent de loin la dépense énergétique réelle.
"Les enfants sont constamment inondés par la culture du 'snack'", explique Lori Spruance, professeur à l'université de Brigham et auteur principal de l'étude. "Que ce soit lors des fêtes à l'école, des anniversaires ou des activités sportives. Or, nous n'avons pas besoin de charger les enfants en sucre après le sport". Un message qui n'est guère entendu, si l'on en juge par leur étude relevant que les parents apportent des collations d'après-match dans 80 % des cas, et surtout que près de 90 % des boissons d'après-match sont sucrées.
Or les chercheurs ont constaté que la dépense énergétique moyenne des enfants observés était de 170 calories par match de foot ou de baseball, tandis que l'apport calorique moyen des boissons d'après match s'élevait à 213 calories. Plus grave, la quantité moyenne de sucre consommée après le jeu était de 26,4 grammes, alors que la recommandation quotidienne totale pour les enfants n'est que de 25 grammes. Principales coupables? Les boissons sucrées, notamment Capri Sun, très populaire en France comme aux Etats-Unis.
L'étude a été réalisée aux États-Unis, et reste donc à relativiser concernant la situation en France. Mais elle est à mettre en corrélation avec d'autres travaux scientifiques publiés en août dernier par la DREES - Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques dépendant du ministère de la Santé - qui pointait l'augmentation du surpoids chez les 6-17 ans en France, preuve que le phénomène touche aussi l'hexagone : 20% des adolescents sont aujourd'hui en surpoids et 5,2% obèses.
Que manger après le sport ?
Manger après une activité physique est essentiel pour reconstituer les ressources en énergie, s'accordent les nutritionnistes. Mais plutôt que donner en "récompense" des snacks très sucrés, certaines alternatives sont préférables. D'autant, rappelle Jay Maddock, coauteur de l'étude américaine, que de petits changements peuvent faire une grande différence. "Donner de bonnes habitudes dès l'enfance reste le meilleur moyen d'éviter à l'âge adulte le surpoids, voire l'obésité et son cortège de pathologies -certains cancers, maladies cardiovasculaires, diabète" poursuit-il.
Rappelons donc les fondamentaux. L'eau reste la boisson la plus désaltérante, et un jus de fruits sans sucre ajouté est de loin préférable à un soda. Enfin, un fruit riche en fibre ou des noix remplaceront avantageusement une barre chocolatée. Simple et peu coûteux de surcroit.
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