Coach de l’équipe de vitesse au sein de USA Climbing, et membre du staff américain lors des Jeux olympiques de Paris 2024, Matthew Maddison a été interpellé fin avril dans l’Utah. Il fait désormais face à dix chefs d’accusation liés à la diffusion de contenus pédocriminels. Une affaire qui relance les interrogations sur les dispositifs de contrôle au sein des structures sportives.
Matthew Maddison, 37 ans, préparateur physique et mental et manager de l’équipe américaine de vitesse au sein de USA Climbing, a été arrêté le 28 avril dans le comté de Summit, près de Salt Lake City, dans l’Utah, à la suite d’une enquête menée par la cellule spécialisée Internet Crimes Against Children. Il est visé par dix chefs d’accusation pour exploitation sexuelle de mineurs, chacun relevant d’une infraction de second degré au regard du droit de l’Utah.
Un signalement à l'origine de l'affaire
L’affaire remonte au 16 mars 2025, date à laquelle un réseau social, dont le nom n’a pas été communiqué, a déposé un signalement auprès du National Center for Missing and Exploited Children via la plateforme CyberTipline. Selon les documents judiciaires consultés par la presse américaine, ce signalement concernait un compte ayant « téléchargé et diffusé des contenus soupçonnés d’abus sexuels sur enfants ». Après plusieurs mandats de perquisition et ordonnances judiciaires, les enquêteurs ont finalement établi que ce compte était associé à Matthew Maddison.
Lors de l’intervention menée à son domicile le 28 avril, les forces de l’ordre ont saisi plusieurs appareils électroniques, sur lesquels elles indiquent avoir découvert "une quantité importante" de contenus illicites, dont plus de trente fichiers de nature pédopornographique. Toujours selon ces documents, Maddison aurait reconnu être le titulaire du compte de réseau social et de l’adresse électronique associés à la diffusion de ces fichiers.
Dans l’État de l’Utah, la possession, la consultation ou la distribution de tels contenus constitue un crime de second degré. Chaque fichier, ainsi que chaque enfant identifié, peut être considéré comme une infraction distincte, exposant l’accusé à des peines pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison par chef d’accusation et à 10 000 dollars d’amende.
Le 29 avril, Maddison, de nationalité britannique et non citoyen américain, a été placé en détention provisoire sans possibilité de libération sous caution. Il est actuellement détenu au Summit County Jail, près de Salt Lake City, dans l’attente de son procès.
Trois ans en tant qu'entraîneur au sein de l'équipe américaine d'escalade
Employé par USA Climbing depuis mars 2023, Maddison était à la fois manager et préparateur physique et mental de l’équipe d'escalade de vitesse. À ce titre, il supervisait aussi bien les programmes d’entraînement que la logistique des déplacements et accompagnait les athlètes aux compétitions nationales et internationales. À l’été 2024, il avait notamment accompagné plusieurs grimpeurs et grimpeuses américains (Emma Hunt, Piper Kelly, Zach Hammer et Sam Watson) aux Jeux olympiques de Paris. Aucun élément disponible à ce stade ne permet d’établir un lien entre ces sportifs et les faits reprochés à leur entraîneur.
Dans un communiqué adressé aux médias le 29 avril, Marc Norman, président de USA Climbing, a indiqué que « les accusations ne semblent pas être liées à ses fonctions d’entraîneur », tout en se disant « profondément troublé » par la situation. L’organisation précise avoir immédiatement placé Maddison en congé administratif non rémunéré et affirme coopérer pleinement avec les autorités judiciaires.
Autres cas d'abus ou de violences sexuelles dans le sport
Plusieurs fédérations sportives ont récemment été confrontées à des signalements de violences ou d’abus impliquant des membres de leur équipe. En 2022, Alex Fritz, un ancien entraîneur de USA Climbing, avait ainsi été condamné à cinq ans de prison pour viol sur deux mineures. Plus récemment, en janvier 2026, la fédération indonésienne d’escalade a suspendu provisoirement son entraîneur nationale Hendra Basir à la suite d’accusations de harcèlement sexuel et de violences physiques portées par plusieurs athlètes.
Aux États-Unis, l’affaire Larry Nassar reste l’un des précédents les plus emblématiques. Ancien médecin de l’équipe nationale américaine de gymnastique, il a été condamné en 2018 pour des agressions sexuelles commises sur des centaines d’athlètes mineures et de jeunes femmes. L’affaire avait mis en lumière des défaillances systémiques au sein de la fédération américaine de gymnastique et, plus largement, du système olympique américain.
Ces affaires restent distinctes, par leur nature comme par leur traitement judiciaire ou disciplinaire. Elles posent toutefois une même question aux fédérations sportives, aux États-Unis comme en France. Comment prévenir les abus dans des structures où les entraîneurs disposent d’une forte autorité sur des athlètes parfois mineurs, dépendants d’eux pour leur progression, leur sélection et leur avenir sportif ? En France, la lutte contre les violences sexuelles dans le sport a notamment conduit au renforcement de la cellule Signal-Sports et à l’extension du contrôle d’honorabilité aux éducateurs bénévoles, dirigeants et arbitres. De son côté, USA Climbing indique que l’ensemble de ses employés fait l’objet de vérifications d’antécédents obligatoires.
La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€










