Est-ce que quinze heures d’entraînement par semaine valent mieux que douze ? « Pas forcément ! » explique Greg Marshall, coach spécialiste des sports d'endurance, qui estime que le volume n'est payant que jusqu’à un certain point. Vous entraîner toujours plus ne vous rendra pas plus en forme ou plus performant. Au contraire, apprenez à en faire moins ou mieux en privilégiant votre équilibre de vie.
Greg Marshall est entraîneur en ultrarunning certifié par l'UESCA (University of Exercise and Sports Science Certification Association). Il côtoie de nombreux coureurs qui font l’erreur de forcer un peu trop sur les doses d’entraînement. « Penser que le volume améliore la performance est une idée fausse. Ça fonctionne jusqu’à un certain point, mais au-delà, c’est contre-productif » considère-t-il.
Coach depuis 2018, Greg encourage ces élèves à exploiter leur potentiel physique sur le long terme. En six ans, il a vu de nombreux athlètes se perdre dans leur quête de performance à cause d’une idée reçue, encore bien ancrée dans la tête des sportifs. Celle que seul le travail paye. D'un côté, les recherches montrent que consacrer plus de temps à la pratique de son sport améliore les performances. Mais d’un autre, cette obsession peut amener à négliger certaines composantes d’une vie équilibrée. Celles qui permettent, en général, de garder les pieds sur terre, qu'il s'agisse de passer du temps avec ses amis et ses proches ou de prendre soin de sa santé mentale.
Avant d'être coachés, ses élèves réduisaient au maximum leur temps de repos, voire n’en prenaient pas du tout jusqu’à ce que leur corps lâche. « Tout leur temps libre était consacré aux entraînements » insiste-t-il. « Une fois qu'ils avaient atteint le volume maximum de pratique, ils enchaînaient avec des séances de musculation. Ce n’est qu’ensuite qu’ils accordaient du temps à leur famille, leurs amis ou leurs loisirs ».
« Il faut tordre le cou à cette idée », insiste Greg. « Vous obtiendrez de meilleurs résultats et serez en meilleure santé en privilégiant les activités qui améliorent votre équilibre de vie, celles qui vous rendent heureux. Vos relations sociales et votre santé mentale sont primordiales. Sans ça, vous compromettez la qualité de vos séances d’entraînement, vous réduisez vos capacités d’adaptation et, en fin de compte, vous rendez l'entraînement moins amusant ». Des études ont montré que l'une des conséquences les plus courantes du surentraînement est une perte de plaisir non seulement pour le sport, mais aussi pour la vie en général.
Il faut bien sûr nuancer. De manière générale, le volume reste payant. Vous obtiendrez de meilleurs résultats en vous entraînant douze heures par semaine qu'en vous entraînant seulement cinq heures, mais est-ce que quinze heures valent mieux que douze ? Pour certains, les principaux symptômes du surentrainement se manifestent par une irritabilité inexpliquée et une baisse de motivation à l'entraînement.
Concrètement, en choisissant d'aller faire un tour à vélo plutôt que de vous forcer à partir à l’entraînement tout en sachant qu’il vous faudra attendre quelques jours pour enchaîner sur une longue sortie, vous offrez à votre corps à la fois la possibilité de récupérer et de progresser. Plus vous variez les activités, plus vous serez bien sur le plan mental, et plus vous vous sentirez bien à l’entraînement.
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