Alors que le corps de Simon Gautier, un randonneur français, a été découvert dans un ravin en Italie neuf jours après son appel au 112, petite piqûre de rappel sur la marche à suivre en cas d'accident en pleine nature. Avec, en bonus, une solution pour être retrouvé même si votre téléphone est hors d'usage.
Le Français de 27 ans, parti seul en randonnée dans le sud de l’Italie, était parvenu à appeler les secours après sa chute. Il avait indiqué à l'opératrice avoir les jambes cassées et ignorer précisément où il se trouvait. Il n’avait ensuite plus répondu à son téléphone et a été retrouvé neuf jours plus tard, les secours ne parvenant pas à le localiser via son portable. On sait aujourd'hui, après son autopsie, que Simon Gautier serait mort quelques minutes seulement après avoir appelé les secours, vers 9 heures du matin, d'une hémorragie consécutive à son accident.
Après la disparition du randonneur, les recherches ont été guidées par un système de localisation à l’antenne-relais, s’appuyant sur la localisation de l’émetteur sur lequel son téléphone avait borné. Cette méthode est particulièrement imprécise dans les zones inhabitées comme celle où se trouvait Simon Gautier lors de l’accident, où les antennes-relais sont très éloignées les unes des autres.
Suite à cette affaire, on a beaucoup entendu parler de l’AML (localisation mobile avancée). Ce dispositif, compatible iOS et Android, permet l’envoi immédiat et automatique aux secours de toutes les informations de localisation disponibles au moment où une personne fait appel à eux. Le système permet de délimiter une zone de recherches d’un rayon de 50 m au plus. La zone sillonnée par les secours après la disparition de Simon Gautier était elle de 140 km2... Les smartphones commercialisés actuellement sont prêts, encore faut-il que les secours utilisent l’AML, ce qui n'est le cas ni des Italiens, ni des Français.
En cas de problème, appeler le 18 ou le 112 ne sera pas forcément possible ou couronné de succès. À noter que des initiatives locales ont déjà été lancées dans l’Hexagone pour tenter de résoudre le problème des antennes-relais. Les pompiers du Morbihan et du Var ont ainsi développé une application baptisée Geoloc18_112, permettant la géolocalisation précise grâce à un échange de SMS entre les secours et la personne qui les appelle. Encore faut-il avoir du réseau et être en capacité d'envoyer des SMS.
En attendant, comment faire en cas d'accident ? Si celui-ci doit survenir, il y a de fortes chances que votre survie soit corrélée à votre niveau de préparation, donc, pour commencer, il faut :
S'informer
Sur la région, sur son itinéraire, sur la météo.
S'équiper
Matériel de randonnée, eau, vivres, trousse de premier secours, GPS chargé, boussole, carte IGN ou encore sifflet. Penser à bien charger son téléphone et emporter une batterie portable.
Prévenir un tiers
Impératif si vous comptez partir en solo, communiquez votre itinéraire ainsi qu'un jour ou un horaire d'arrivée. Si vous comptez vous arrêter dans un refuge ou dans un gîte, prévenez les gérants, qui pourront signaler que vous ne vous êtes pas présenté en cas d'accident.
Utiliser une balise de localisation
Toutes ces précautions ne sont pas une garantie. Si vous vous blessez loin de la civilisation dans un pays n'ayant pas mis en place l'AML et n'êtes pas capable de communiquer votre position, ça peut devenir très compliqué. Il existe un moyen de garantir une communication avec l'extérieur et votre géolocalisation exacte : la balise de localisation. Son plus gros défaut ? Elle est (très) payante. Sa plus grande qualité ? Elle fonctionne par satellite donc pas besoin d'antenne-relais.
Plusieurs balises fiables de ce type existent, dans une gamme de prix allant de 150 à 500 euros.
SPOT GEN3 : En bas de la fourchette de prix (150 euros), elle est souvent citée en exemple. Cette balise accompagne au-delà du réseau cellulaire et permet de communiquer sa position. Quel que soit le niveau d'abonnement souscrit - dont le coût mensuel oscille entre 19,98€ et 30,46€/mois selon les services - elle est munie d’un système de marquage de points de cheminement déclenché automatiquement par les déplacements. Elle comporte aussi une touche SOS à activer en cas d’urgence. La position est alors transmise à GEOS et le signal de détresse est renouvelé toutes les cinq minutes jusqu’à ce que la pile soit épuisée ou que le signal soit annulé.
Garmin InReach Explorer+ : La plus complète (et chère, à 500 euros). L'appareil permet la communication satellite et la navigation GPS. Il utilise le réseau satellite mondial Iridium avec une couverture à 100%. En cas de situation dangereuse, vous pouvez utiliser inReach pour envoyer un SOS au centre de coordination ouvert en continu GEOS, échanger sur la nature de votre urgence et recevoir une confirmation de l'arrivée des secours. Côté abonnement, deux formules possibles : un contrat annuel (allant de 14,99€ à 89,99€/mois selon le niveau de service) ou un contrat ponctuel pour ceux qui en ont un usage rare (de 19,99€ à 144,99€/mois selon le niveau de service).
Question bonus : qui est ce fameux GEOS ?
Il s'agit du leader mondial en solutions et coordination d'intervention en cas d'urgence. GEOS possède un centre de coordination commun, connu sous le nom de IERCC (International Emergency Response Coordination Center). Basé au Texas, il est considéré comme l'un des centres les plus sécurisés au monde, dans lequel les équipes se relayent continuellement pour assurer un service 24/7, 365 jours par an.
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