A l’heure où aux Etats-Unis des milliers d’athlètes se mobilisent en faveur du maintien du droit à l’avortement, le géant de l’outdoor, très présent sur les causes environnementales mais aussi sociales, vient de s’engager à couvrir les frais de déplacement de ses employées qui seraient contraintes de se rendre dans un autre État pour obtenir des soins liés à l'avortement. La marque paiera également la caution des membres de son équipe arrêtés lors des manifestations contre l’abrogation de ce droit garanti jusque-là par la constitution.
Dès l’annonce vendredi 24 juin de la révocation du droit constitutionnel à l'avortement par la Cour suprême américaine, décision qui depuis deux jours enflamme le pays, Patagonia s'est engagée à soutenir les employés qui participeraient à des manifestations contre cette décision. Sur son compte LinkedIn elle a en effet précisé qu’elle paierait la caution de tout travailleur à temps plein ou à temps partiel qui "manifesterait pacifiquement pour la justice reproductive." Une politique de caution que la société a mis en place depuis de nombreuses années, selon son porte-parole, J.J. Huggins."L'entreprise versera une caution pour tout employé ayant déjà suivi un cours de désobéissance civile non violente qui serait arrêté alors qu'il manifeste pacifiquement", a-t-il déclaré.
Vendredi dernier, la Cour suprême a annulé un précédent vieux de 50 ans en matière d'avortement. L'affaire « Roe v. Wade », qui a fait date en 1973, a établi le droit constitutionnel des femmes de se faire avorter dans les 50 États. Cette décision controversée donne désormais à chaque État le pouvoir d'établir ses propres lois sur l'avortement. Selon les prévisions actuelles, la moitié des États américains devraient interdire ou restreindre fortement l'avortement à la suite de la décision de la Cour, ce qui priverait des millions de femmes de soins de santé génésique.
Dans son communiqué, Patagonia s'est également engagée à prendre en charge les frais de transport aérien, d'hébergement et de repas des membres bénéficiant de sa mutuelle qui seraient contraintes de se rendre dans un autre État pour subir un avortement. Et ce en complément du coût des soins liés à l'avortement lui-même, déjà couverts par l'entreprise.
"L'attention portée aux employées va au-delà de l'assurance maladie de base, c'est pourquoi nous adoptons une approche plus globale de la couverture et soutenons le bien-être général auquel chaque être humain a droit", explique l'entreprise dans un communiqué. "Cela signifie offrir aux employés la dignité de l'accès aux soins de santé. Cela signifie soutenir les choix des employés quant à la possibilité d'avoir un enfant ou au moment d'en avoir un. Cela signifie donner aux parents les ressources dont ils ont besoin pour travailler et élever des enfants."
Patagonia rejoint ainsi un nombre croissant d'entreprises qui s'engagent à couvrir les frais de voyage de leurs employés vivant dans des États qui interdisent l'avortement : notamment Facebook, Apple, Condé Nast, Dick's Sporting Goods, Disney, Mastercard, Meta, Netflix, Starbucks...
Un choix qui ne serait pas sans conséquences pour elles non plus, car elles pourraient s'exposer à des poursuites de la part des groupes anti-avortement et des Etats républicains, voire à des sanctions pénales.
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