Bien-être

La maternité à ski, c’est possible !

Heather HansmanHeather Hansman

  • 8 février 2019

Fonder une famille tout en continuant à profiter des pistes ? L’équation peut paraître compliquée quand on vient d’accoucher. Deux skieuses professionnelles livrent quelques astuces pour parvenir à tout concilier.

Equilibre, bonne forme physique et sens du risque : trois qualités cruciales pour skier, qui se trouvent chamboulées par l’arrivée d’un enfant. Faudrait-il pour autant s’abstenir de procréer ? On pouvait encore apercevoir la skieuse acrobatique américaine Ingrid Backstrom sur les pistes dix jours avant son accouchement, tout comme la fondeuse française Anouk Faivre-Picon. La championne de snowboard Kimmy Fasani, quant à elle, a repris la compétition alors que son fils avait deux mois à peine. « Le plus difficile finalement, ça a été de sortir de chez moi, témoigne-t-elle. Mais une fois dehors, c’était tellement bon de glisser à nouveau ! »

Nous avons demandé à la skieuse de télémark Meghan Kelly, également mère de triplés, et à Crystal Wright, deux fois championne du monde de freeride, et mère d’une petite fille, de partager leurs secrets pour rester en forme et continuer à skier quand on est enceinte ou qu’on doit s’occuper d’enfants en bas âge. Si chaque expérience est bien sûr différente, toutes deux en témoignent : il est possible de s’adapter, et accepter le changement les a aidées à s’épanouir dans leur vie de mère et d’athlète.

Continuer à faire travailler ses muscles

« Il est vraiment important de garder un bon équilibre musculaire et son gainage pour éviter les blessures pendant la grossesse, explique Crystal Wright. Cela facilitera aussi l’accouchement et la récupération après la naissance. » La championne conseille une série de mouvements qui se concentrent sur le bas du corps, idéal pour la pratique du ski, à base de fentes et de squats, que la plupart des femmes peuvent faire en toute sécurité pendant la grossesse. Après l’accouchement, elle ne se sentait pas au meilleur de sa forme, en particulier au niveau du bassin et du rythme cardiaque. « J’ai dû retravailler toute mon endurance. Associer des exercices cardio à du renforcement musculaire était fondamental ».

Skier aussi longtemps qu’on s’en sent capable

Les deux femmes ont compris que c’était leur corps qui leur indiquerait quand se donner à fond…. mais aussi quand il faudrait lever le pied. « Skier a vraiment été la seule activité qui me faisait du bien pendant ma grossesse, raconte Crystal Wright. Je me sentais enfin moi-même sur des skis. C’était tellement plus facile que de marcher ! » La plupart des activités lui ont été interdites un mois avant la naissance de sa fille, mais elle a skié sans prendre de risques jusqu’à la fin de sa grossesse. Meghan Kelly, en revanche, a arrêté à 24 semaines de grossesse, après une journée de poudreuse qui l’avait laissée sur les rotules.

Se montrer inventif dans la gestion de son emploi du temps

La famille Kelly a prouvé qu’il était possible de déjouer les lois de la logistique pour parvenir à faire chausser des skis à 3 enfants en bas âge – et à leurs deux parents. Le couple s’est installé dans un hôtel en station et a invité plusieurs familles amies à les rejoindre le week-end afin de se relayer pour garder les enfants et skier. L’idée a eu un tel succès que la station a pérennisé les choses en créant un espace de jeux et en faisant de l’endroit un espace réservé aux familles. Après, toutes les initiatives n’ont pas été couronnées du même succès : un matin, Meghan Kelly a voulu tirer son lait avant d’aller skier et l’a mis dans un sac de congélation posé sur un banc enneigé… mais des corbeaux se sont envolés avec le précieux liquide !

Gérer ses prises de risque

Avoir un enfant changera forcément votre envie de vous dépasser. « Je suis devenue super-vigilante quant aux décisions que je prends une fois mes skis chaussés », affirme Meghan Kelly. Elle dit notamment être beaucoup plus prudente qu’avant quand elle est sur une piste qu’elle ne connaît pas ou quand elle se sent fatiguée. « Ma tolérance au risque est variable d’un jour à l’autre. Je me sens plus raisonnable qu’avant, sans doute grâce à mon expérience, mais aussi parce que je sais que je ne peux pas rentrer chez moi blessée. »

Ajuster ses attentes

Crystal Wright explique que sa grossesse a été dure physiquement et psychologiquement parce qu’elle ne pouvait pas s’entraîner comme d’habitude. Les montées d’endorphine lui manquaient et elle devait se répéter que ce rythme plus lent ne durerait pas éternellement. Meghan Kelly, elle, craignait un manque de compréhension de la part de ses coéquipiers, voire qu’ils ne l’abandonnent complètement une fois ses enfants nés. « C’est beaucoup dans la tête que ça se passe, explique-t-elle. Quand on devient mère, tout le monde trouve déjà qu’on est incroyable juste parce qu’on sort de chez soi et qu’on va skier, donc ça ne sert à rien de se mettre la pression pour montrer qu’on est à la hauteur ou qu’on peut tenir le rythme. Les gens attendront. »

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