Gratuits les secours en montagne ? Voire. Tout dépend de la zone sur laquelle survient l’accident, et des moyens mis en œuvre pour vous sauver. Tout ce qu’il faut savoir avant de vous lancer en station, dans du ski de rando ou dans une sortie en raquette en forêt.
La légende a encore la vie dure, nombre de skieurs ou de randonneurs sont encore convaincus que quoi qu’il leur arrive en France, les secours seront là pour eux, gratuitement de surcroit. Pas si simple.
En montagne c’est gratuit : vrai, à quelques exceptions près
En dehors des domaines skiables, les secours en montagne – couvrant environ 10 % des accidents - relèvent de l’État. Trois services sont amenés à intervenir– la police avec les CRS, – la gendarmerie, avec ses pelotons de gendarmerie de montagne (PGM) et de haute montagne (PGHM), et enfin les sapeurs-pompiers et ses groupes montagne des sapeurs-pompiers (GMSP). Leurs interventions sont en principe gratuites, sauf si un médecin est amené à intervenir. Intervention dont la sécurité sociale couvrira une partie, mais attention, compte tenu des dépassements, mieux vaut être bien couvert.
Notez bien que hors-piste, votre carte bancaire pourra peut-être vous assurer, mais souvent dans des conditions spécifiques (accident en présence d’un moniteur par exemple). Donc, avant le départ, vérifiez bien vos contrats de mutuelle et de carte bancaire. Et dans le doute, le plus prudent est de souscrire à une assurance spécialisée, du type Club Alpin par exemple.
En station, c’est gratuit : faux
La France compte quelque 300 stations et 90% des accidents de montagne, de gravités diverses, s’y produisent, générant environ 40 000 interventions par an. Sur ces zones à priori très sécurisées, les secours sont du ressort des communes qui font appel à des sociétés privées et en refacturent les frais aux victimes ou à leurs ayant droit dans la mesure où elles se produisent sur le domaine skiable ( à savoir l’ensemble des pentes accessibles par gravité par les remontées mécaniques). C’est une exception à la gratuité des secours inscrite dans la loi montagne. Les tarifs sont décidés en conseil municipal et font l’objet d’un arrêté municipal, ils sont réévalués chaque année en fonction de l’inflation par chaque station, et non plus au niveau national, comme c’était le cas avant la loi du 27 février 2002.
Mieux vaut alors avoir souscrit au préalable une assurance neige. Car, selon la zone où se produit l’accident, la facture peut s’avérer très lourde. On parle en moyenne de 300 à 500 euros, selon que vous blessez légèrement au bas des pistes ou d’une remontée mécanique. Plus coûteux, un accident sur piste proche. Les tarifs les plus élevés intervenant sur les pistes situées à plus d’un kilomètre du poste de secours.
Hors-piste, les tarifs s’envolent. Comptez de 630 à 700 euros pour des secours situés dans des « secteurs accessibles gravitairement par remontées mécaniques ». Sur des zones moins accessibles encore, les tarifs varient en fonction des moyens employés (chenillettes de damage, scooter ou hélicoptère), de la durée et de l’heure. Et ce, sur la base de coûts horaires. Ce qui peut atteindre des sommets.
« Dans les cas extrêmes où la victime a besoin d’être hélitreuillée, le coût est d’environ 30 euros par minute lorsque l’hélicoptère et l’équipage sont affrétés par une société privée », précise en effet Europe assistance. Mais à Courchevel, on parle plutôt de 82 euros la minute, selon Charlotte David, régulatrice au centrale du service des pistes de Courchevel, interviewée en septembre dernier. Plus inquiétants encore les tarifs moyens relevés par « Carré neige ». C’est une assurance là aussi, et elle a donc tout intérêt à forcer le trait sans doute. Reste que les chiffres font peur :
1850€ : Évacuation par hélicoptère
430€ : Frais de secours sur pistes
225€ : Transport en ambulance du bas des pistes au cabinet médical
Au regard des risques inhérents à la montagne et des frais qui peuvent en découler, on ne peut donc que vous conseiller de vérifier vos contrats de mutuelle, mais aussi de carte bancaire. Une carte de type gold s’avérant généralement utile si vous l’avez utilisée lors de la location des skis ou le paiement du forfait, par exemple. Vérifiez également si votre assurance habitation vous couvre sur toutes vos pratiques, tant au niveau de votre responsabilité civile que de vos dommages personnels. Et n’hésitez pas à souscrire une assurance neige. C’est un bon investissement, modulable par personne et par semaine, voire pour une seule journée.
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