Grimper au sommet de l’Everest n’est pas donné. Faire appel à une agence spécialisée coûte des dizaines de milliers d’euros, sans compter le billet d’avion, les assurances et l’achat du matériel. Ajouté à ça, le permis délivré par les autorités népalaise, qui exigeaient en 2023, 11 000 dollars (10 176 euros) pour les étrangers. Ce prix va augmenter de façon spectaculaire en 2025, et les raisons officielles sont plutôt macabres !
Au début du mois, le gouvernement népalais a annoncé que le prix du permis passerait à 15 000 dollars en 2025, soit une augmentation de 36 %. La raison ? L’accumulation de cadavres sur le toit du monde, et le coût faramineux pour les redescendre.
Cette évolution intervient « suite à des plaintes persistantes concernant le nombre croissant de décès » sur les pentes de l’Everest, rapporte le Kathmandu Post. En plus de cette augmentation, le gouvernement exigera que les cadavres soient évacués de la zone.
Nima Nuru Sherpa, président de la « Nepal Mountaineering Association » (l'Association National de l’Alpinisme au Népal), explique qu’à ce jour, tous les candidats à l’ascension ne disposaient pas d'une assurance couvrant les frais liés aux opérations de recherche, de sauvetage ou d’évacuation en cas de décès. « Nous envisageons de rendre cette assurance obligatoire pour faciliter la récupération des corps en montagne », a-t-il déclaré au Kathmandu Post. « Si les corps ne sont pas redescendus pendant la saison en cours, nous demanderons au gouvernement de délivrer un permis gratuit pour les récupérer à n'importe quel moment de la saison ou de l'année suivante ».
Selon les responsables de l'association, le coût pour évacuer un cadavre de la « zone de la mort », au-dessus des 8 000 mètres, est estimé entre 20 000 et 200 000 dollars (entre 18 500 et 185 000 euros). Cette année a été l'une des plus meurtrières de l'histoire de l'Everest, avec 17 décès. Les candidats à l'ascension n'ont jamais été aussi nombreux : 478 permis ont été délivrés au printemps.
À la clôture de la saison en juin, les guides, les autorités népalaises et les alpinistes se sont interrogés sur les raisons d’une telle hécatombe. Certains pointent du doigt le réchauffement climatique. Il semblerait que les conditions étaient plus froides que d'habitude cette année. Une explication qui va dans le sens des déclarations de Yuba Raj Khatiwada, directeur de l’office du tourisme du Népal, au Guardian : « Cette saison, les conditions météorologiques n'étaient pas favorables ».
Mais d'autres dénoncent le business grandissant des expéditions himalayennes. Les plus hauts sommets du monde en proie à une disneylandisation. Depuis quelques années, les agences de guides attirent dans leurs rangs des alpinistes de plus en plus novices, incapables de s’extirper d’une situation en cas de danger.
« Les agences qui organisent les expéditions n’offrent qu’un service de logistique et jugent qu’elles ne sont pas responsables de la sécurité de leurs clients » nous expliquait en début d’année Phil Crampton, fondateur de l’agence Altitude Junkies basée à Katmandou.
Selon le Telegraph, plus de 300 personnes sont mortes sur les pentes de l’Everest depuis sa première ascension, en 1953, par Edmund Hillary et Tenzing Norgay. Aujourd’hui, on estime à plus de 200 le nombre de corps éparpillés sur la montagne, certains servant de repères pour les ascensions.
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