Pour sa deuxième édition seulement dans le circuit UTMB World Series, l’étape italienne, attendue le 22 mars, s’annonce comme l’un des temps forts de la saison. Au départ, déjà deux des gagnants de l’UTMB, et un troisième qui pourrait bien à nouveau traverser l’Atlantique pour tenter d'y décrocher, lui aussi, l’un des deux Golden tickets pour la Western States Endurance Run organisée fin juin.
Des collines toscanes couvertes de vignobles et d’oliveraies, 25 châteaux, des sentiers boisés, suffisamment de dénivelé pour pimenter l’affaire… en rejoignant en 2024 le circuit UTMB World Series les organisateurs de l'Ultra Trail Chianti Castles (UTCC) se doutaient bien que leur événement avait de quoi séduire. Y ajouter, cette année, l’opportunité d'y glaner quatre visas directs pour la Western State Endurance Run – deux pour les deux premiers chez les hommes, idem chez les femmes – n’enlève rien à son attrait. Au contraire. Résultat, l’UTCC et ses 120 km /5200 D+ annonce complet. Et surtout, l’ultra a toutes les chances d'être très suivi le 22 mars, quand dès l’aube, à 4h00, les traileurs vont partir pour une boucle depuis le village médiéval de Radda in Chianti pour traverser les territoires du Chianti florentin et du Chianti siennois. Parmi eux en effet, rien moins que Kilian Jornet, Vincent Bouillard, et, laissent entendre les rumeurs, Jim Walmsley. Trois gagnants de l’UTMB réunis sur la ligne de départ. Ca ne se refuse pas. Le temps maximal sur cette épreuve, la plus longue des cinq au programme, est de 26 heures, mais vu le niveau des traileurs cette année et l’émulation qu’on imagine déjà, nul doute qu’on devrait y voir des records.
Qu’est-ce qui les attend ?
Si les 40 premiers kilomètres, plutôt « bucoliques », s’annoncent « easy », selon les organisateurs, c’est sur la seconde moitié du parcours que les ascensions difficiles vers le Monte Luco, puis vers le Monte San Michele devraient donner du fil à retordre aux participants.
Kilian Jornet : présence confirmée… à moins que ?
Fin 2024, fidèle à ses habitudes, le Catalan donnait un aperçu de son programme écoulé au cours des douze mois précédents. Pour son retour depuis l'UTMB 2022 sur le circuit compétitif en trail-running, il avait fait fort. A son actif, détaillait-il sur Instagram, environ 1 319 heures d’entrainement et 639 573 mètres de dénivelé positif (870 h / 329 393 m D+ / 6400 km en course à pied, et 308 h / 233 400 m D+ à ski). Sept courses, dont la Zegama Aizkorri (11e victoire ) et Sierre Zinal (victoire et nouveau record ). Sans parler bien sûr d'« Alpine Connections » et de son record des 82 « 4000 » (75 344 mètres de dénivelé positif et 1 206 kilomètres (à pied et à vélo) en 19 jours). Il lui sera difficile de faire plus en 2025, mais, sait-on jamais ? Pour l’heure, on sait qu’il participera au Chianti Ultra Trail en Italie. Pour son cadre bucolique, on n’en doute pas, mais aussi pour y décrocher son sésame pour la Western States. Une course mythique de 161 km à travers les montagnes californiennes, dont il est sorti vainqueur en 2011, il n’avait alors que 23 ans. Après plus d’une décennie d’absence, il a toutes les raisons de viser son retour sur l’un des quatre "monuments" du trail.
De quoi aussi prétendre renouer avec Chamonix, où après quelques tensions avec l’organisation de l’UTMB, il pourrait être tenté revenir. Un retour qui serait d'autant plus passionnant, que François D'Haene a annoncé sa présence cette année.
C’est dire si la présence de Kilian est attendue en Toscane le 22 mars. Seule incertitude quand même : la naissance de son troisième enfant, attendue au printemps. Cet événement personnel pourrait modifier son planning et sa participation à l’épreuve. Si tel était le cas, il laisserait deux chances aux deux autres favoris, Vincent Bouillard et Jim Walmsley, d'empocher les deux Golden Tickets en jeu !
Vincent Bouillard : présence confirmée et très, très attendue
Le vainqueur de l’UTMB 2024, celui qui, cette année-là, est sorti de l’ombre et a laissé derrière lui un Jim Walmsley et un Mathieu Blanchard, va-t-il à nouveau faire l’événement ? C’est dans l’ordre du possible sur cette épreuve où il va retrouver le champion américain. Reste à savoir comment il va se comporter dans une course où s’aligne cette fois un Kilian Jornet dont la constance fait l’admiration, sans doute déterminé à rappeler, s’il en était besoin, ce dont il est capable.
A 31 ans, l’Annécien n’a pas encore renouvelé l’essai sur une épreuve majeure, mais il semble en forme, on l’a vu notamment décrocher une deuxième place en janvier dernier aux championnats bi-départementaux de cross à Aix-les-Bains. Un podium sur l’épreuve italienne consoliderait son CV, et, pourquoi pas, lui ouvrirait les portes de la Western States. Non négligeable pour un athlète aujourd’hui à la croisée des chemins. Après sa victoire à Chamonix, la voie professionnelle pourrait en effet tenter l'ingénieur produit de Hoka, comme il le laissait entendre lors d'une interview récente accordée à la Fédération Française d’Athlétisme.
Jim Walmley : présence pressentie, pour la revanche ?
2023 a marqué le sacre en Europe de Jim Walmsley, premier Américain à s’imposer à Chamonix. L’aboutissement d'années de travail, une ténacité qui force le respect. Et si sa victoire l’année suivante sur la Western States (14h13) a consolidé son statut de légende sur cette distance, nul doute que lors de l’UTMB 2024, son abandon à mi-parcours lui a laissé comme un goût amer. Au kilomètre 83, au niveau de Courmayeur, l’Américain a dû jeter l’éponge après environ 8 heures et 55 minutes de course. Il souffrait d’une douleur persistante au genou.
Rentré cet hiver chez lui, à Flagstaff il s’est entraîné comme jamais, malgré les conditions hivernales, comme il l'a expliqué sur ses réseaux. "Le temps et l'obscurité en hiver n'ont plus d'importance. Il est temps de travailler sur mon tout nouveau KICKR RUN @wahoofitnessofficial, prêt à être couplé avec @gozwift et à commencer à faire des cours et des entraînements virtuels depuis l'intérieur de mon garage ici à Flag (une belle altitude de 7000ft / 2200m). La fonction run free est une sensation incroyable qui permet de changer de vitesse et d'allure, en laissant le tapis de course s'adapter au rythme que j'ai défini pour mes objectifs d'entraînement".
S’il n’a pas confirmé sa participation à l’Ultra Trail Chianti Castles pour le moment, il pourrait être tenté de se frotter à nouveau à Kilian Jornet et à ce Français, Vincent Bouillard, qui a réussi à l’éclipser à Chamonix l’année dernière. Le challenge serait passionnant, d'autant qu’au passage, il pourrait aller y décrocher, lui aussi, un ticket pour la Western States et s’offrir le luxe d'y faire à nouveau un podium, voire un record. Le plateau s’annonce très impressionnant cette année aux Etats-Unis, le peloton masculin pourrait bien être le plus compétitif de l'histoire de la course, et peut-être même plus compétitif que l'UTMB, pour la première fois depuis au moins une décennie, disent les observateurs.
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