12 jours, 17 heures et 33 minutes, c’est le nouveau temps de référence que vient d’établir Nick Fowler, un thru-hiker américain, sur l’Arizona Trail, un sentier de randonnée emblématique (1315 km ; 36 000 D+) qui débute en Utah et se termine à la frontière mexicaine. Parti en auto-suffisance, il a également battu le temps, réalisé avec assistance, de Josh Perry de plus de 10 heures. De quoi inscrire davantage son nom dans l’histoire de la discipline, puisque Nick Fowler détient également le FKT (Fatest Known Time) en auto-suffisance du Pacific Crest Trail depuis l’année dernière.
« I’m about to do something stupid » a écrit Nick Fowler sur Instagram peu avant son départ pour une longue balade de 1315 kilomètres et 36 000 mètres de dénivelé positif. Le truc stupide en question ? La tentative de FKT sur l’AZT [Arizona Trail, ndlr] en autosuffisance. « Plus vite je fais ça, plus vite je rentre à la maison auprès de mon petit garçon ! (Il est tellement mignon !) »
Il n’aura fallu qu’un peu plus de 12 jours à Nick Fowler avant de retrouver son fils. De quoi devenir le plus rapide à parcourir l’Arizona Trail en autosuffisance, en battant au passage le précédent record (avec assistance), établi par Josh Perry en 2019, de près de 10 heures. Au menu : 103 kilomètres par jour, du Nord au Sud, avec la traversée du Grand Canyon à seulement 113 kilomètres de son effort, d’innombrables chaînes de montagne, dont le mont Lemmon (2 791 m) qui domine le désert de Sonoran, jusqu’à la frontière avec le Mexique.
Un partage minimaliste sur les réseaux sociaux
L’avancée de Nick Fowler a été difficile à suivre. Puisqu’il n’a pas été du genre à communiquer à outrance. Un seul post Instagram par jour suffisait. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ses publications étaient du genre minimalistes. Exit les selfies la mine déconfite et les récits de fin de journée à rallonge. À la place, il partageait chaque jour une esthétique photo d’un paysage, témoignant d’un œil aiguisé, accompagnée d’une phrase sur son état du jour. Les mots, il les a gardés pour les remerciements. Car s’il était tout seul sur le chemin, il n’a pas manqué de soutien.
« Merci à @_joshuaperry [ancien détenteur du record, ndlr] de m'inspirer continuellement et de me faire croire tout est possible. Je n'aurais pas pu faire l'AZT de la manière dont je l'ai fait sans son aide » détaille-t-il sur Instagram. « Merci également à tous ceux qui m'ont encouragé, envoyé des messages et des commentaires tout au long du parcours. […] Sachez que tous les mots d'encouragement ont été pris à cœur et ont contribué à alimenter le voyage. Chacun d'entre vous m'a aidé à rallier le Mexique le plus vite possible. »
À quoi ressemble un FKT en auto-suffisance sur l’Arizona Trail ?
Nick Fowler ne pouvait pas compter sur une assistance extérieure pour le ravitailler en nourriture et en matériel. Il a toutefois pu cacher quelques provisions en amont de son départ. Et compter sur la gentillesse spontanée des étrangers ou séjourner dans des hôtels lors de son périple. En clair : toute l’aide reçue doit être disponible pour quiconque désire s’aventurer sur ce sentier. À noter qu’au vu du parcours, il transportait avec lui une partie de son matériel de bivouac, ainsi que de quoi s’alimenter, et se nourrir.
« Les randonnées de 3 à 6 kilomètres me donnaient du fil à retordre »
Nick Fowler n’en est pas à son coup d’essai en termes de FKT. En témoigne son profil sur le site de référence. Parmi ses réalisations les plus notables : le record du Pacific Crest Trail, en auto-suffisance. 4172 kilomètres, 121 000 mètres de dénivelé positif avalés en un peu plus de 52 jours. Un exploit duquel il a tiré un livre, « Itch », dans lequel on découvre que rien, vraiment rien, ne le prédestinait au thru-hiking.
« J'ai joué au football au lycée, mais je n'ai pas un passé de coureur » racontait-il peu après son arrivée sur les réseaux sociaux. « Je dirais que tout a commencé en 2019. Lorsque ma femme et moi sommes partis en voyage pour visiter tous les parcs nationaux [des Etats-Unis, ndlr]. Au début, les randonnées de 3 à 6 kilomètres me donnaient du fil à retordre. Au bout d'un an, j'ai atteint un maximum de 20 kilomètres par jour. Puis j'ai accidentellement marché pendant 50 kilomètres par jour. Et peu à peu, je suis tombé amoureux de la longue distance. Alors j'ai continué à en faire. En novembre 2020, j'ai décidé de voir jusqu'où je pouvais aller en une journée, et j'ai fini par faire 117 kilomètres. Je me suis ensuite intéressé au PCT avant de savoir ce qu'était un FKT. C’est à ce moment-là que je me suis mis à courir, lors de la préparation. À raison d’un semi-marathon, puis d’un marathon par jour, avec deux jours de repos par semaine ».
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