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Aurélien Sanchez au 20e jour de sa tentative de record sur le Pacific Crest Trail
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  • Trail Running

Après trois semaines de galère, Aurélien Sanchez peut-il encore faire tomber le record du Pacific Crest Trail ?

  • 1 juillet 2026
  • 3 minutes

La rédaction Outside.fr Marina Abello Buyle

Canicule, nuits de deux ou trois heures, baisse de moral, assistance elle aussi à bout de forces... Parti le 7 juin sur le Pacific Crest Trail pour s'attaquer à la marque de référence établie par le Belge Karel Sabbe en août 2023, Aurélien Sanchez savait qu'il traverserait des moments de doute. Mais rien ne lui aura été épargné. En trois semaines, le vainqueur de la Barkley 2023 a affronté la fournaise du désert californien, accumulé une dette de sommeil critique et souffert de douleurs qui l'ont même conduit à envisager un temps l'abandon. Après avoir compté plusieurs dizaines de kilomètres d'avance sur les temps de passage de Sabbe, le Français a vu cet avantage presque disparaître avant de retrouver un second souffle dans la Sierra Nevada. À moins de la moitié du parcours, est-il toujours en mesure de réussir son pari ? Outside fait le point.

Parcourir les 4 265 kilomètres du Pacific Crest Trail, entre la frontière mexicaine et le Canada, à travers les déserts californiens, la Sierra Nevada, l'Oregon et l'État de Washington, en moins de 46 jours, 12 heures et 50 minutes, c'est le défi que s’est lancé l’ultra traileur Aurélien Sanchez. Un itinéraire de plus de 140 000 mètres de dénivelé positif que les thru-hikers mettent habituellement quatre à cinq mois à terminer, et que le vainqueur de la Barkley 2023 espère boucler en un mois et demi, à raison d'environ 90 kilomètres et 3 000 mètres de dénivelé positif quotidiens.

Avant son départ, le Français expliquait à Outside que le Pacific Crest Trail était, plus qu’une quête de record, un moyen de « sortir de [sa] zone de confort » et de vivre « des émotions nouvelles ». Trois semaines plus tard, ces émotions sont bien au rendez-vous.

Le désert californien, bien plus coriace qu'il ne l'imaginait

Pour espérer battre Karel Sabbe, Aurélien Sanchez comptait jouer sur trois leviers. Dormir un peu moins au début, alléger son équipement dans la Sierra Nevada et maintenir une allure légèrement supérieure à celle de son concurrent. Une stratégie risquée, dont il connaissait les limites. Les premiers jours semblaient pourtant lui donner raison. Malgré une rencontre peu rassurante avec un serpent à sonnette venu lui souhaiter la bienvenue sur les sentiers californiens, Aurélien avale 119 km dès la première étape.

Pour faire face aux fortes chaleurs du désert, le Toulousain court aux heures les plus fraîches, très tôt le matin, en soirée ou pendant la nuit. Mais malgré cette organisation, le désert s'avère plus exigeant qu'il ne l'avait anticipé. Dès les premiers jours, il peine à enchaîner plus de trois heures de sommeil d'affilée. La dette s'accumule progressivement, jusqu'à devenir l'une des principales difficultés de cette traversée. Une situation qui ne touche d'ailleurs pas seulement le coureur. Sa compagne, Lucille Malgouyres, et son cousin Martin, qui assurent son assistance tout au long du parcours, vivent eux aussi au rythme du Pacific Crest Trail. Ravitaillement en eau et en nourriture, changements d'équipement, trajets sur les routes parallèles au sentier… Leur quotidien est tout aussi éprouvant. Entre routes fermées obligeant à de longs détours, difficultés à retrouver le coureur sur certains secteurs et même une crevaison en plein désert finalement résolue grâce à l'aide de Mexicains, leur aventure n'a rien d'un long fleuve tranquille. Après onze jours, ils n'avaient eux-mêmes cumulé qu'une quinzaine d'heures de sommeil.

Au bout d'une semaine, Aurélien possède pourtant encore 41 kilomètres d'avance sur les temps de passage de Karel Sabbe. Mais en 48 heures, cet écart s’évapore. La faute à une combinaison de facteurs. La canicule, la déshydratation, la fatigue qui s'accumule, mais aussi un terrain plus éprouvant que prévu. Lui qui pensait pouvoir construire une avance confortable dans cette première partie du parcours a rapidement dû revoir son plan. « J'étais persuadé qu'il y avait quelque chose à faire sur cette première partie, si je me reposais moins et que je marchais et courais un peu plus chaque jour. Au bout de trois jours, j'ai compris que ce n'était pas possible. » Alors qu'il espérait atteindre la Sierra Nevada avec près d'une journée d'avance, il n'y entrera finalement qu'avec quelques heures de marge.

Des hauts et des bas dans la Sierra Nevada

Au bout de deux semaines, Aurélien arrive dans la Sierra Nevada. Là où Karel Sabbe avait dû composer avec d'importants quantités de neige lors de sa tentative en 2023, Sanchez bénéficie de températures bien plus clémentes et un terrain montagneux qui lui convient davantage. Le Français signe une impressionnante remontada, regagnant près de 50 kilomètres sur les temps de référence.

Mais cette embellie est de courte durée. Entre le 14e et le 16e jour, les douleurs au pied et à la cheville deviennent de plus en plus difficiles à supporter. Les cinq dernières heures d'une étape ne sont, selon ses propres mots, « qu'un véritable calvaire ». Au point d'envisager l'abandon. Quarante-huit heures plus tard pourtant, le discours a complètement changé. « C'est ça de courir un ultra, un jour, tu veux abandonner, le lendemain, tu repars » exprime-t-il sur ses réseaux.

Si ni Aurélien ni son équipe d’assistance ne donnent de nouvelles chaque jour, c’est qu’ils sont entièrement accablés par l’aventure. Son quotidien est désormais réglé avec une précision extrême : environ 16 heures passées en mouvement, une vingtaine de minutes pour échanger avec les randonneurs croisés sur le sentier pour « garder le côté social », autant pour remplir ses réserves d'eau et pour les besoins essentiels, environ une heure consacrée à manger, le reste, sept heures, pour dormir. « Zéro minute pour autre chose », résume-t-il.

Toujours dans les temps

Au moment où nous bouclons cet article, Aurélien Sanchez a parcouru près de 1 900 kilomètres, soit près de 45 % du Pacific Crest Trail et affiche une courte avance de cinq kilomètres, soit près de sept heures d'avance, sur les temps de passage de Karel Sabbe.

Pour suivre Aurélien Sanchez en direct, c’est ici.

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