Dix ans après le séisme de magnitude 7,9 qui avait coûté la vie à 8 000 personnes au Népal, l'Himalaya est à nouveau tragiquement touché. Ce mardi 7 janvier, à 09 h 05 (01 h 05 GMT), des secousses de magnitude 6,8 ont frappé le canton de Dingri, dans la région du Tibet, au sud-ouest de la Chine, provoquant l’effondrement de nombreux bâtiments. Le séisme, ressenti jusqu’à Katmandou, à 200 kilomètres de l’épicentre, a semé la dévastation. Dans un premier temps, les autorités chinoises comptabilisaient 53 morts, le bilan s’élèverait désormais à au moins 126. Il s’agit du séisme le plus puissant enregistré dans cette zone depuis cinq ans. Tous les accès au camp de base de l’Everest ont été fermés et les touristes et alpinistes évacués.
« Le 7 juillet à 9h05, un tremblement de terre de magnitude 6,8 suivi de plus de 150 répliques d'une magnitude allant jusqu'à 4,4, s'est produit dans le comté de Dingri, ville de Rikaze, région autonome du Tibet. », expliquent les média chinois. « L'épicentre est situé dans le canton de Tsogo, comté de Dingri, qui compte une population d'environ 6 900 personnes dans un rayon de 20 km autour de l'épicentre. Soit 3 cantons et 27 villages ». Plus de 1 500 pompiers et secouristes sont actuellement dans les zones sinistrées selon Xinhua, l’agence de presse chinoise. Quelque 22 000 équipements, dont des tentes, des manteaux, des couvertures et des lits pliants, ont également été envoyés dans la zone où le froid se fait cruellement sentir.
Les villages touchés sont situés à 4 000 et 5 000 mètres d'altitude. Des milliers de personnes sont désormais sans abri et les températures, tombées à - 8°C mardi en fin de journée aujourd'hui, devraient descendre jusqu'à moins -18°C pendant la nuit, selon le Bureau national météorologique chinois.
Le Centre chinois des réseaux sismiques a localisé l'épicentre dans le comté de Tingri, connu comme la porte d'entrée nord de la région de l'Everest, à une profondeur de 10 km, rapporte l’agence Reuter. L’Himalaya se trouve sur la ligne de fracture entre les plaques tectoniques indienne et eurasienne, zone qui connaît une activité sismique régulière. Depuis 1950, on relève 21 tremblements de terre de magnitude 6 ou plus dans ce que l'on appelle le bloc de Lhassa, dont le plus important a été le séisme de magnitude 6,9 à Mainling en 2017. « Mainling est situé dans le cours inférieur du fleuve Yarlung Zangbo au Tibet, où la Chine prévoit de construire le plus grand barrage hydroélectrique du monde. », précise l’agence américaine.
Ce drame intervient dix ans après le terrible tremblement de terre de 2015. De magnitude 7,8, il avait frappé près de Katmandou, causant au Népal 9 000 morts. Plus de 22 000 personnes avaient été blessées, et plus de 500 000 habitations détruites. A ce jour, il reste le pire tremblement de terre qu'ait connu le pays. Parmi les victimes, on comptait au moins 18 personnes tuées au camp de base de l'Everest touché par une avalanche.
L’accès au plus haut sommet du monde est complètement fermé, expliquent aujourd'hui les média chinois. « Le comté de Tingri est la voie d'accès et le point d'atterrissage le plus proche pour les alpinistes et les touristes se dirigeant vers l’Everest », expliquent-ils. « Il existe deux camps de base de l'Everest en Chine, tous deux situés dans le comté de Tingri : le camp du versant ouest dans le canton de Zaxizong et le camp du versant est dans la région de Gamagou dans le canton de Qudang. (…). Depuis le séisme déclénché ce 7 janvier, les bus touristiques initialement prévus pour se rendre au site panoramique de l'Everest ont cessé de fonctionner, et le site panoramique de l'Everest a été complètement fermé. Le trafic devrait être réouvert après la fin des répliques. Lorsque le tremblement de terre s'est produit, il n'y avait pas beaucoup de visiteurs au camp de base, seulement trois ou cinq, la secousse du camp de base a été forte, le sol entier a tremblé », précisent les média chinois.
L'Allemand Jost Kobush est le seul alpiniste engagé sur l’Everest cet hiver. Après avoir atteint le 28 décembre son premier objectif (arriver à 7 500 mètres d'altitude), il était redescendu au camp de base. Mais hier, il était remonté au camp 1, comme il l’avait confirmé sur Instagram. Lui aussi a senti sa tente trembler et vu des séracs s’effondrer. Actuellement, il serait en sécurité au camp de base.
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