Bartek Ziemski a réussi, ce mardi 12 mai, l’ascension puis la descente à ski du Lhotse, quatrième plus haut sommet du monde, sans oxygène supplémentaire ni assistance de Sherpas. Une réussite majeure pour le Polonais de 30 ans, engagé depuis 2022 dans une course folle : devenir le premier homme à skier les quatorze sommets de plus de 8 000 mètres.
Et un sommet de plus pour Bartek Ziemski. Le 12 mai, peu avant midi, le skieur-alpiniste a atteint le sommet du Lhotse, à 8 516 mètres d’altitude, avant d’entamer sa descente à ski. Avec ce succès, il porte désormais à huit le nombre de 8 000 skiés dans le cadre de son MAD Ski Project.
La Fédération polonaise d’alpinisme, dont il est membre, a détaillé ce matin les contours de l’ascension. Bartek Ziemski est devenu le premier homme à atteindre le sommet du Lhotse cette saison, avant même la mise en place complète des cordes fixes dans les sections supérieures de la montagne.
Le Polonais a profité d’une courte fenêtre météo entre deux périodes de vents violents annoncés sur l’Himalaya. Sa rotation d’acclimatation n’aura compté qu’une seule journée de repos. Depuis le camp de base, il est d’abord monté jusqu’au camp 3, puis a rejoint le camp 4 le lendemain pour un court repos, avant de repartir en direction du sommet vers minuit. Sans traces ouvertes devant lui, ni cordes fixes dans la partie terminale, il a vraisemblablement dû ouvrir son chemin jusqu’en haut, dans une neige fraîche tombée ces derniers jours.
Au sommet, les conditions étaient particulièrement clémentes. Un ciel parfaitement dégagé, sans vent et une visibilité exceptionnelle sur les sommets voisins. À 12h14, Ziemski a entamé sa descente. La suite, selon ses propres mots, relevait de conditions « réservées aux connaisseurs » : neige bétonnée, plaques fraîches instables, portions glacées et zones compactées par le vent.
Le Polonais aurait skié sans déchausser toute la face, jusqu’au bas de la cascade du Khumbu, où il a franchi une crevasse qui lui barrait la route grâce à une échelle métallique tendue au-dessus du vide, skis toujours aux pieds.
La Fédération précise également que la descente s’est déroulée alors que le skieur-alpiniste terminait encore un traitement contre une infection et prenait des antibiotiques. Il aurait d’ailleurs terminé ses antibiotiques en arrivant au camp 3.
Quelques semaines plus tôt, il faisait déjà partie du groupe ayant trouvé une voie alternative dans la cascade du Khumbu alors que les Icefall Doctors avaient suspendu leur travail pendant deux semaines à cause d’un sérac menaçant au-dessus de l’itinéraire classique.
Avec le Lhotse, Bartek Ziemski compte désormais huit sommets de plus de 8 000 mètres descendus à ski, sans oxygène : le Broad Peak, le Gasherbrum II, l’Annapurna, le Dhaulagiri, le Makalu, le Kangchenjunga, le Manaslu et désormais le Lhotse.
Sa progression relance forcément la comparaison avec Andrzej Bargiel, l’autre grand nom polonais du ski-alpinisme, engagé lui aussi dans la course aux quatorze 8 000. Bargiel, qui a engrangé à ce jour sept sommets de plus de 8 000 mètres, avait marqué durablement l’histoire de l’alpinisme en 2018 avec la première, et toujours unique, descente intégrale à ski du K2, avant d’ajouter l’Everest à son palmarès en 2025. Beau joueur, il a toutefois tenu à féliciter son rival sur Instagram, relayant la publication de la Fédération polonaise d’alpinisme accompagnée d’« un grand bravo à Bartek Ziemski ».
Photo d'en-tête : Bartek Ziemski / Polski Związek Alpinizmu- Thèmes :
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