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Everest

L’Everest est devenu une poubelle, c’est aussi un nid à bactéries humaines

Le mont Everest regorge de bactéries humaines

Frederick Dreier Frederick Dreier

  • 22 mars 2023
  • 3 minutes

Issues des éternuements des alpinistes foulant les flancs du Toit du monde, des germes sont conservés dans la glace himalayenne, vient de démontrer une récente étude, menée par Steven Schmidt, écologiste microbien qui nous a expliqué en quoi cette découverte était révolutionnaire.

Dépotoir de bouteilles d'oxygène vides, de tentes en lambeaux et, bien sûr, de tonnes de déjections... la réputation de l'Everest n'est plus à faire. Mais il s'avère que les milliers d'alpinistes qui gravissent chaque année le Toit du monde ont laissé derrière eux quelque chose d'encore plus répugnant : leurs bactéries.

Des chercheurs de l'université du Colorado ont récemment analysé le contenu d'un échantillon prélevé à 7900 mètres d'altitude : ils y ont découvert les mêmes bactéries que celles présentes dans les mouchoirs souillés d'un enfant en bas âge. Selon leur étude, publiée dans la revue Arctic, Antarctic, and Alpine Research, l'ADN des bactéries Streptococcus et Staphylococcus est dormant mais bien vivant, gelé à même la glace et les rochers sur les flancs de l'Everest.

"C'est comme si vous aviez un congélateur très froid et que vous éternuiez dedans, puis qu'en l'ouvrant des années plus tard, vous trouviez ces germes encore à l'intérieur", nous explique le professeur Steven Schmidt, auteur et écologiste microbien à l'université du Colorado à Boulder. "L'Everest nous a servi de congélateur, et il s'avère que nos germes y survivent encore".

Une découverte qui a suscité un intérêt considérable dans la communauté scientifique et dans les médias. L'étude a fait la une aux États-Unis et ailleurs - de nombreux articles mettant l'accent sur la nature dystopique des résultats. Les conclusions sont claires : nos microbes sont bien plus résistants que nous !

Car si les alpinistes essaient de ne pas passer plus de 20 heures dans la "zone de la mort", au-dessus de 8000 mètres d'altitude, où l'oxygène est trop faible pour préserver la vie humaine, les streptocoques et les staphylocoques découverts par l'équipe de Steven Schmidt y étaient présents depuis des années. Voire des décennies.

Jamais on n'avait étudié des prélèvements provenant d'une altitude aussi élevée

Certes, les germes étaient encore au stade de la dormance. Mais une fois exposés à des boîtes de Petri en laboratoire, les échantillons ont produit des colonies florissantes de bactéries, comme l'aurait fait ceux qu'on aurait prélevés dans la gorge d'un enfant malade.

"Habituellement, on observe une altération des échantillons, l'ADN étant emporté par le vent ou se dégradant au fil du temps", nous explique le professeur Schmidt. "Le fait que nous ayons pu obtenir des micro-organismes à partir de ces échantillons signifie qu'ils sont capables de revenir à la vie assez facilement".

L'une des conclusions de l'étude est que les bactéries pourraient survivre sur des planètes glaciales. "Je pensais que cette conclusion susciterait davantage de réactions", confie-t-il. "Car c'est un sujet brûlant et nous présentons un point de vue nouveau sur la question".

Steven Schmidt et son équipe sont des experts mondiaux en ce qui concerne la survie des micro-organismes dans les environnements les plus extrêmes de la Terre. Au cours des dernières années, ils ont analysé des sols provenant du sommet de stratovolcans péruviens, de régions inexplorées de l'Antarctique et de la zone la plus sèche de la planète. Jamais auparavant l'équipe - ni personne d'autre d'ailleurs - n'avait étudié de prélèvements provenant d'une altitude aussi élevée. La terre de l'Everest a été recueillie en 2019 au col sud, l'arête située juste au-dessus de 7900 mètres qui relie l'Everest au Lhotse culminant à 8516 m. C'est l'un des endroits les plus inhospitaliers de la planète, même pour les microbes. "On y trouve un mix de froid, qui rend l'air très sec, et d'exposition à la lumière ultraviolette", explique le professeur. "Le niveau d'oxygène y est également faible, mais pour les microbes, cela n'a pas vraiment d'importance. C'est le froid qui en tue beaucoup."

Des microbes laissés par les alpinistes

Les passionnés de l'Everest connaissent le col Sud comme le siège du camp IV, le dernier avant de se lancer à l'assaut du sommet. Au cours des dernières années, il a également été le lieu de nettoyages organisés pour enlever les déchets et, malheureusement, les cadavres. Le professeur Schmidt et son équipe s'attendaient à y trouver des micro-organismes vivants, mais c'est la présence de staphylocoques et de streptocoques qui les a surpris. Ces deux bactéries se développent dans le biome humain, et les chercheurs supposaient jusque-là que les microbes avaient besoin d'habitats chauds et humides pour survivre. De plus, les chercheurs n'avaient jamais trouvé de staphylocoques ou de streptocoques dans des échantillons prélevés dans d'autres endroits extrêmes. "Même dans le désert d'Atacama ou en Antarctique", précise-t-il.

Ce que Steven Schmidt explique par le fait que l'Everest est fréquenté par des milliers d'alpinistes qui y ont toussé et éternué depuis des décennies. Or les autres régions étudiées sont loin d'être aussi fréquentées. "Nous pourrions effectuer d'autres tests pour déterminer si ces échantillons ont été apportés par le vent ou laissés par des grimpeurs, mais nous sommes presque sûrs qu'ils proviennent de membres d'expéditions arrivées au camp IV", poursuit le chercheur. "Or sur d'autres sites, peu fréquentés par les êtres humains, nous n'avons pas trouvé ces germes. Notre conclusion s'impose donc par elle-même".

Dès lors, qu'est-ce que cela implique pour tous les alpinistes qui chaque année partent à l'assaut de l'Everest ? Que, malgré le froid extrême, lécher des pierres et de la terre n'importe où sur la montagne est probablement une mauvaise idée, mais nous n'avions pas besoin d'une étude pour nous le dire. Non la conclusion à retenir, c'est que ces micro-organismes nous donnant parfois mal à la gorge et au ventre sont encore plus résistants qu'on ne le pensait. Et ça, ça intéresse beaucoup les chercheurs.

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