Qu’on soit cycliste chevronné ou parfait débutant, il arrive qu'on oublie le b.a-ba du bikepacking et qu'on s’en morde les doigts, une fois parti sur les sentiers. Alors, avant de vous lancer sur cette belle longue sortie qui vous tente cet automne, on revoit les fondamentaux, histoire de ne rentrer à la maison qu’avec de bons souvenirs.
Chaque semaine chez Outside nous arrivent des témoignages de bikepackers. Certains ne comptent plus les traversées au long cours, en France ou à l’étranger, d’autres, gagnés par la soif d’aventure et de liberté générée par le pandémie, découvrent tout juste les joies de la « rando à vélo ». Mais ils ont tous un point commun : à un moment ou un autre de leur périple, ils se sont tous dit que, vraiment, s’ils avaient su, ou s’ils avaient été plus attentifs, ils auraient pu éviter le pire en soignant quelques détails, mineurs sur le papier, mais décisifs sur le terrain. Leurs erreurs les plus courantes ? Les voici.
1. Emporter trop de vêtements… ou pas les bons
C’est l’erreur la plus fréquente chez les débutants. Combien de fois êtes-vous rentrés d’une longue sortie avec, au fond de votre sac, un T-Shirt ou un pantalon inutilisés ? Ca n’a l’air de rien, mais un T-shirt de taille moyenne, par exemple, pèse environ 180 grammes. 180 grammes que vous serez bien inspiré de laisser dans votre placard, car à l’heure d’attaquer un gros déniv, chaque gramme compte. Alors, plutôt que deux T-shirts, préférez en un seul, mais de qualité, respirant et en laine mérinos par exemple, ou en textile traité anti odeurs, que vous pourrez porter pendant plusieurs jours sans sentir mauvais.
2. Vous nourrir de junk food seulement, et pas de vraie nourriture
En plein effort, il n’y a rien de mal à avaler une barre énergétique ou des bonbons de temps en temps, le coup de fouet que va vous procurer ce sucre rapide sera sans doute le bienvenu, mais vous allez vite vous rendre compte que si votre régime se limite à ça, vous allez non seulement vous en lasser, mais aussi irriter vos intestins. La solution : glisser aussi dans votre sacoche de cadre de vrais aliments comme des noix ou des fruits, secs ou frais. Bien sûr les barres et les gels s'emballent bien, mais rien ne vaut le plaisir d’une pomme ou d’un bon sandwich au fromage à la pause déjeuner.
3. Partir avec du matériel tout neuf
Cette erreur, on l’a tous faite ! Trop impatients de tester cette nouvelle paire de chaussures, cette nouvelle selle ou ce nouveau maillot, on les a mis dans notre kit de base pour cette expédition d’un mois : la mauvaise idée ! Vous avez toutes les chances d’en revenir pétris d’ampoules et de plaies. Rappelons que tous les points de contact doivent être testés et rodés avant d'être utilisés sur la durée. Le simple fait d'enfiler des chaussures pendant un ou deux jours d'utilisation quotidienne peut contribuer à leur adaptation à votre pied, mais il est généralement préférable de rouler avec une nouvelle paire pendant des semaines ou des mois avant un grand voyage. Et si le temps vous manque avant de vous lancer pour votre expédition, on ne peut que vous suggérer de toujours de revenir à ce à quoi vous êtes habitué plutôt que de vous retrouver à tester en route un tout nouvel équipement.
Dans le même esprit, avant le départ, apprenez à monter votre nouvelle tente et testez votre nouveau réchaud pour vous assurer qu'il fonctionne et voir à quelle vitesse il fait bouillir l'eau, le tout tranquillement, bien installé chez vous. Ca vous évitera de vous énerver à l’heure de monter votre premier bivouac, de nuit, sous la pluie, alors que vous êtes épuisé par vos dix heures de route et que vous n’aspirez qu’à une chose : manger chaud et vous glisser dans votre duvet.
4 Planifier des étapes trop ambitieuses
Vous découvrez un nouvel itinéraire, une nouvelle région ? Vous voilà tout excité et tenté, dès le premier jour, d'en faire trop, surtout si vous êtes habitué à rouler avec un vélo déchargé et que soudainement vous vous retrouvez à pédaler avec de lourdes sacoches. Donc, ménagez-vous les premiers jours, prévoyez des étapes modérées et n’oubliez pas de tenir compte du dénivelé, comme de la météo qui, selon les conditions, peuvent changer du tout au tout une étape pourtant bien pesée au départ au niveau de la distance.
5 Ne pas bien réfléchir à l’endroit où vous allez poser votre tente
Bien sûr la vue compte - c’est aussi pour ça que vous avalez tous ces kilomètres non ? – mais pensez aussi à votre sécurité. Rien de pire que d’installer sa tente sur une crête bien dégagée et de passer sa nuit à la tenir pour éviter de la voir emportée par de violentes bourrasques de vent. De même, si l’été, en zone chaude, vous préfèrerez sans doute vous éveiller dans un coin ombré, loin d’un soleil rapidement brûlant, en période plus froide, vous apprécierez de recevoir les premiers rayons du matin. De quoi vous réchauffer et sécher plus rapidement votre tente. Enfin, en cette saison n’oubliez pas que l’air froid est plus lourd que l'air chaud et s'enfonce dans les vallées pendant la nuit.
6 Partir avec un vélo mal adapté
La question la plus fréquente que l'on se pose aujourd'hui est souvent la suivante : "Est-ce que je peux faire ce parcours avec un gravel ? La réponse est souvent oui, mais on sait que certains cyclistes vont avoir une mauvaise expérience parce qu'ils ne seront pas à l'aise ou pas sûrs d'eux sur le terrain en raison d’un équipement inadapté. Sur des zones sablonneuses ou meubles, certains préfèreront des pneus à grand volume offrant un bon amorti, alors que si l’essentiel de votre parcours se déroule sur des chemins de terre vous n'aurez peut-être pas besoin d'un gros pneu à crampons qui pourrait s'avérer trop traînant et trop lent.
7 Faire l’impasse sur votre équipement de sécurité et votre kit de réparation
Autant nous vous suggérons fortement de sacrifier votre T-shirt de rechange, autant nous ne pouvons que vous encourager à partir avec une trousse de secours élémentaire qui pourra vous permettre de réparer rapidement une blessure qui, laissée sans soin, pourrait tourner au drame ou tout au moins, vous faire perdre beaucoup de temps et d’énergie. De même, une frontale, une veste de pluie et une couverture de survie, font aussi partie du kit de base d’un bikepacker avisé. Ils ne pèsent que quelques grammes et peuvent changer beaucoup de choses sur le terrain. Enfin, partir sans prévoir les pièces de rechange nécessaires pour vous sortir d'une mauvaise situation, crevaison ou patin qui vous lâche serait tenter le diable. Donc, anticipez !
8. Mal gérer vos réserves d’eau
L'eau, c'est la vie. Sans elle, nous sommes morts. Alors emportez toujours plus que ce dont vous avez besoin et prévoyez un plan de secours si vous voyagez avec une gourde filtrante dont le filtre peut disparaître ou être endommagé. Par sécurité, emportez aussi des comprimés purificateurs. N’oubliez pas de boire suffisamment tout au long de la journée, même par temps froid où l’on transpire mais souvent sans s’en rendre compte. Votre eau doit être facilement accessible pour pouvoir y puiser régulièrement. Les électrolytes sont également très utiles dans les climats chauds, c'est donc une bonne idée que d'en emporter aussi.
9 Sur la route, négliger d’être attentif au bon fonctionnement de votre vélo
Si, au départ d’une étape, vous sentez par exemple que le changement de vitesse est grippé, n’attendez pas le soir pour y jeter un œil et le réparer. Certains ont vu ainsi leur chaîne commencer à sauter des pignons et ils n’ont pu que constater très rapidement qu’ils avaient plié un maillon de la chaîne !
10. Prendre un sac à dos trop lourd
C’est vrai, les sacs à dos sont pratiques parce qu'ils permettent de transporter beaucoup de matériel, mais c'est là le problème : trois litres d'eau, un peu de nourriture supplémentaire et de matériel s'additionnent rapidement et augmentent la pression sur votre selle, ce qui peut causer des irritations dans vos épaules. Bien sûr il n'est pas facile de renoncer au sac à dos à, surtout si vous avez peu de place sur votre vélo, mais si vous en prenez un, assurez-vous de l'utiliser pour l'équipement le plus léger, comme votre veste de pluie, votre sac de couchage ou d'autres articles encombrants mais pas lourds.
11. Ne pas charger correctement ses sacoches
Lorsqu’on débute en bikepacking, on ne réfléchit pas vraiment à la façon dont on doit préparer ses sacs. Mais avec le temps, les pros vous diront qu'une sacoche de selle remplie correctement améliore la stabilité et que bien fixer tout votre barda dans la sacoche de guidon permet une manipulation plus fiable du vélo. Sans compter que si vos sacs sont bien chargés, vous gagnerez de l'espace et vous réduirez les points d'abrasion éventuels à l’origine de ces trous qui, à long terme, ruinent vos (très) chers sacs.
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