Toujours là où on ne l’attend pas, Mathieu Blanchard. Le 27 août 2022, le traileur, encore « entaché » aux yeux de certains par son passage à Koh Lanta, se classe 2e à l’UTMB en se payant le luxe d’arriver sous la barre des 20 heures, dans la foulée de Kilian Jornet. Et six mois plus tard, ce mardi 22 mars, il sort sa biographie chez Flammarion, dédicacée par le GOAT lui-même… à 35 ans de surcroit ! De quoi réjouir son imposant fan club nourri à ses posts ou faire sourire ceux qui ont encore du mal à accueillir dans le sérail un traileur atypique, mais incontestablement doué. Reste le livre : 245 pages denses et très personnelles qui révèlent un athlète longtemps affligé du syndrome de l’imposteur. Un homme complexe et plus fragile qu’on ne le croit qui n’a sans doute pas fini de nous étonner. En témoigne cet extrait choisi que nos lecteurs peuvent découvrir ici en avant-première.
Ceux qui mercredi prochain vont découvrir en librairie la biographie de Mathieu Blanchard vont peut-être passer leur chemin devant la couverture de ce livre de 245 pages, édité par Flammarion. Sur la photo plein pot, le portrait serré d’un Mathieu martial, le regard portant loin. Et ce serait dommage, car derrière la façade du beau gosse plein d’assurance que ce choix semble laisser entretenir, se cache un athlète nettement plus intéressant. C’est la bonne surprise que révèle cette autobiographie, qu’on peut juger présomptueuse vu l’âge de l’intéressé. Choix qu’il expliquait ainsi en janvier dernier lors d’un long entretien qu’il nous avait accordé : « Si je ne trouve pas que c’est un peu jeune, à 35 ans ? C’est ce que j’ai pensé au départ, mais on a dû se limiter, tellement il y avait d’histoires à raconter, il était temps de le faire ! Ce n’est pas du tout un livre sur l’aventure, sur la course à pied, c’est purement un livre de développement personnel. C’est l’histoire d’un gars, ingénieur dans son bureau, qui s’emmerde. Qui fait comme tout le monde parce que c’est le système qui le veut, qui gagne bien sa vie, peut s’acheter des belles voitures, des beaux appartements. Il est heureux mais sur une courbe du bonheur qui est plutôt plate.
Ce livre, c’est comment j’ai été capable de m’affranchir de la société. De ma famille qui me disait 'Mathieu, ne quitte surtout pas ta vie d’ingénieur, parce que si tu veux devenir sportif, c’est très précaire, tu vas finir clochard sous un pont et on ne sera pas fiers de toi ! '. Mes amis en France, pareil, qui disaient ‘c’est quoi cette idée ? Tu fais une grosse connerie’. Ça a été très, très dur pour moi. Tout ça je le raconte dans les moindres détails et je veux aussi insuffler aux gens qu’il faut croire dans ses rêves. Je vais aussi dans le concret : comment j’ai fait dans ma tête, qui j’ai rencontré, qui m’a aidé à prendre des décisions, tout ça est illustré évidemment par du trail et des aventures et des liens vers mes origines, mon enfance en Guadeloupe. Le livre est très fourni car je suis arrivé aujourd’hui à un moment de transition. J’ai arrêté mon travail en 2019, il y a trois ans déjà, et la demande est énorme, les gens [sur les réseaux, ndrl] veulent comprendre comment un gars qui commence le trail à 30 ans devient une référence à 35 ans. Les gens ne comprennent pas, ils disent, « ce n’est pas possible, il doit être dopé ! ». Tout est expliqué dans le livre. Je pense qu’il est très attendu, surtout par rapport à cette histoire de l’UTMB, de Kilian et tout, qui a fait beaucoup parler. Et les gens veulent savoir ! Depuis trois ans, j’ai des centaines de messages, j’ai des préparateurs mental qui me contactent tout le temps pour collaborer avec moi. Donc il est temps d’écrire un livre pour satisfaire cette demande. »


Difficile de savoir si, vraiment, « les gens veulent savoir », mais il est certain que le lecteur ne sera pas déçu à la lecture de cette biographie un peu maladroite parfois mais toujours sincère. Coécrite avec Franck Berteau, journaliste au style efficace, elle nous épargne l’approche chronologique, souvent terriblement ennuyeuse, pour avancer au rythme des moments forts qui ont marqué la (encore) courte vie de Mathieu Blanchard. Et si ceux qui ont suivi la carrière fulgurante du traileur, parvenu à s’imposer parmi les meilleurs mondiaux en cinq ans, savent déjà que ce compétiteur né est du genre déterminé, ils découvriront au fil des chapitres, qu’il est aussi joueur. Prompt à s’en remettre au destin, il n’hésite pas à lancer des coups de dés qui vont chambouler son existence. Qu’il s’agisse de quitter Paris et une vie d’ingénieur fêtard, coincé dans un quotidien tout tracé, pour Montréal et l’espoir d’un renouveau. De candidater à la Salomon Ultra-Running Academy, ou de quitter en urgence l'île de La Réunion à l'avant-veille du départ de La Diagonale des fous pour participer en 2019 à Koh Lanta, émission dont il sera éjecté à l’issue de onze jours seulement, y gagnant au passage quelques égratignure au niveau de l’ego, comme il l’avouera lui-même. Bref, Mathieu prend des risques, et des coups aussi. Mais il assume et sait se relever en boxeur, plus stimulé au final par l’échec que par les lauriers, même si son besoin de reconnaissance ou de réassurance semble insatiable.
Mais ce moniteur de plongée, qui a fait ses premiers pas en Guadeloupe, et que rien ne destinait à caracoler sur les plus hautes cimes, n’en est pas à un paradoxe près. En 2022 il faisait d’ailleurs une première incursion dans l’univers du polaire dont il a tiré un documentaire, "Uapapunan". Rien de bien dangereux, mais le début d’un nouveau chapitre qu’il compte bien nourrir encore. De quoi alimenter la suite de ce premier opus si l'on en croit l'auteur : « Peut-être que dans vingt ans je ferai une autre biographie sur la période 35-55 ans, mais je pense que les prochains traiteront plus d’une aventure que je ferai. », nous confiait-il en janvier.
Est-ce bien nécessaire ? Pas sûr. Mais il est certain qu’à ce stade de sa vie, ce premier volet s’imposait pour un Mathieu Blanchard qui remercie tous ceux qui l’ont aidé à arriver là où il est aujourd’hui mais aussi d’autres : « tous ceux qui m’ont fait du mal ou n’ont pas cru en moi, qui m’ont mis des barrières ou fait douter de mes choix. Ils m’ont finalement permis de devenir plus fort ».

En avant-première, le chapitre « Tour de chauffe », ou les derniers repérages avant l’UTMB 2022
De quoi comprendre comment s’est préparé Mathieu Blanchard à l’UTMB et dans quel état d’esprit il se trouvait à la veille du fameux « duel » avec Kilian Jornet qu’il relate dans le chapitre suivant de sa biographie, chapitre baptisé… « La confirmation ». Titre bien vu s'il en est. Pour Mathieu, difficile en effet de faire plus clair comme message à l'attention de ses détracteurs, mais peut-être plus encore à lui même, champion longtemps rongé par le doute.
(…) Je me suis souvent dit que j’avais découvert la montagne bien trop tard, que ce décalage me serait préjudiciable, que jamais je n’atteindrais le niveau de certains autres traileurs qui, eux, sont de vrais montagnards. Je me suis trompé, je pense. Bien sûr, pour rattraper ce retard, il a fallu travailler et surtout passer du temps en montagne. C’est ce que je fais depuis plusieurs saisons. Cet été, pour finaliser ma préparation à l’UTMB après le Lavaredo Ultra-Trail, j’ai posé mes valises à La Rosière, une station très ensoleillée de la vallée de la Tarentaise, quasiment collée au massif du Mont-Blanc. C’est un lieu chargé d’histoire et de patrimoine, moins défiguré par les sports d’hiver que d’autres villages. On n’est pas loin du col du Petit-Saint-Bernard, là où furent en partie élevés ces fameux chiens des montagnes, compagnons des moines qui avaient élu domicile sur cette zone frontalière pour protéger les pèlerins des brigands, des contrebandiers et des aléas climatiques. Quand je cours, j’aime imaginer ces gars lestés de baluchons remplis de tabac et d’alcool, crapahutant dans des passages techniques.
À La Rosière je veux m’entraîner dur. Nous sommes à environ huit semaines de l’UTMB et il n’y a plus de temps à perdre. Ma cheville a déjà bouleversé mon programme (trois semaines plus tôt, il a contracté une entorse de grade deux avec rupture partielle des ligaments, ndlr). Je suis plein de détermination. Mais le sort s’acharne. Deux jours après notre arrivée, je commence à perdre la voix. Je ressens une douleur aux poumons et dans la gorge. Ça me brûle. Les tests Covid que j’effectue restent négatifs mais les problèmes respiratoires et la fatigue persistent. J’essaye d’aller courir. En vain. Un jour, je suis tellement mal que je fonds en larmes sur les sentiers en constatant que je n’arrive pas à avancer. Cette période est censée correspondre à mon plus gros volume d’entraînement et je me retrouve là, en pleine montagne, avec le cardio qui grimpe en flèche dès les premières foulées. Ça dure plusieurs jours, deux semaines. Je passe une partie de ma journée devant la télévision, à regarder des émissions pourries, à bouquiner n’importe quoi sans même me concentrer sur les lignes que je lis. C’est la saison 2 d’Otage d’un canapé. Horrible. Je n’y crois plus. Je veux tout plaquer. C’est fini. Pas d’UTMB pour moi cette année. Je n’aurai pas les jambes pour courir comme je le voulais.
Le tour de chauffe. Août 2022
Alix (Noblat, sa compagne, également son coach mental, ndlr) me rassure, elle sait toute la pression que je me suis ajoutée cette année après ma troisième place lors de l’édition précédente et mon intégration au Team Salomon International. Elle me rappelle tous les entraînements que j’ai faits depuis la reprise de la saison et cette expédition dans l’œil du Québec, le stage au Cap-Vert, Madère, les Deux Alpes où nous avons passé un moment au printemps, mes résultats de courses sur le MIUT ou le Lavaredo. Elle me parle de mon expérience, de l’assurance que j’ai bâtie au fil des compétitions et qu’une bronchite de l’espace n’a pas pu faire disparaître. Ses mots me font du bien. Ils infusent mais je doute. D’autant que, quelques jours à peine après la disparition des symptômes les plus contraignants, je me tords de nouveau bêtement la cheville, obligé d’adapter mon entraînement.
Les journées défilent à toute vitesse, l’été aussi, je parviens à chasser mes idées noires. Je me remotive à fond. Ma capacité à rebondir m’étonne moi-même, quand j’y pense. À mon sens, c’est une des qualités indispensables au sportif de haut niveau. La performance est si fragile, elle requiert tellement d’abnégation et de travail qu’elle n’autorise aucune défaillance mentale sur le long terme. Douter, oui, mais baisser les bras trop longtemps, non. Après cette période compliquée, je suis surpris d’avoir de bonnes sensations. J’arrive à faire du volume, de l’intensité aussi, je mets le paquet comme si ma vie en dépendait. Je donne tout pour me sentir prêt. Je pars pour de longues sorties à pied ou à vélo avec Arthur Joyeux-Bouillon et David Hauss, deux ultra-traileurs qui s’entraînent dans la région. Je reprends du plaisir. La confiance se reconstruit.
Un de mes moments préférés de l’année se profile : la reconnaissance de l’UTMB ! Quatre jours autour du Mont-Blanc, sur ce parcours mythique, pour tester les jambes, effectuer les derniers réglages, approfondir la compréhension de ces sentiers, pierre par pierre, racine par racine, pour être le plus opérationnel possible le jour J. Pour la première fois, je vais réaliser cette « reco » en groupe, avec les autres coureurs du Team Salomon, ceux qui s’alignent aussi sur la TDS, la CCC, toutes les autres compétitions organisées dans le cadre de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Je vais retrouver Marianne (Hogan, ndlr), mon amie, ma jumelle de trail. Sa présence va me faire du bien, c’est sûr.
Je suis à la fois excité et inquiet. Cette échéance est un examen blanc, un coup pour rien mais qui dit beaucoup de choses : elle va me donner une idée précise de mon état de forme. Jour après jour, l’accumulation de la fatigue va révéler les forces et les faiblesses des uns et des autres. Les voyants seront-ils au vert, à l’orange ou bien au rouge ? Vais-je me sentir fort et ainsi accroître ma confiance ? Ou bien constater les dégâts de cette préparation perturbée et perdre les pédales si près du but ?
*
Pour moi, cette phase de repérage est devenue indispensable. Grâce à elle, je glane une foule d’informations. Je m’y attelle dès que mon emploi du temps le permet, lors des trois ou quatre semaines précédant la course, là où je suis censé effectuer mon volume le plus important en termes de kilométrage ou bien d’heures passées dehors. Le mot d’ordre est clair : optimisation. Je découpe le parcours en sections qui correspondent générale- ment aux portions à courir entre chaque ravitaille- ment. Cela me donne une idée du temps nécessaire pour les sillonner et m’aide ainsi à adapter mes besoins nutritionnels, le nombre de calories que je transporte dans mon sac. L’idée est de prendre pile ce qu’il faut pour ne pas porter un gramme de trop. J’imagine à quel point cette volonté de tout contrôler peut paraître abusive. C’est ma façon de faire. Je ne veux rien laisser au hasard. Les courses d’ultra-trail sont de longues balades qui se jouent à des détails.
Reconnaître le parcours me donne l’opportunité de visualiser et d’anticiper un maximum d’éléments, de gérer mon intensité, de savoir en permanence ce qui m’attend. Sortir ou ranger mes bâtons, par exemple. D’apparence anodine, ces gestes constituent tout de même une dépense d’énergie, inutile lorsqu’elle est effectuée à mauvais escient. Sur une course comme l’UTMB, je connais par cœur les passages où je dois les sortir ou les ranger grâce à des repères visuels, des pierres, des rochers, des cascades. J’intériorise les caractéristiques de chaque sentier, les degrés de pente, l’altitude à laquelle ils m’amènent. J’essaye de ne pas m’alimenter au-dessus de 2 000 mètres ou dans les descentes rapides pour éviter les problèmes gastriques. Pour manger, je privilégie le plat ou des montées bien raides. L’altitude comme l’intensité cardio-vasculaire accroissent les risques d’asphyxie du système digestif, alors mieux vaut savoir à l’avance à quel endroit on va ingérer telle ou telle nourriture.
Le froid accentue cette menace. Je me renseigne donc sur les extrêmes météorologiques de chaque col à franchir, je sais jusqu’à combien la tempéra- ture peut dégringoler, là-haut, à cette période de l’année. Ça m’évite de commettre des erreurs stupides, comme celle de ne pas suffisamment me couvrir. En course, on peut vite perdre de la lucidité quant à nos sensations, ne plus être capable d’identifier si on a réellement trop chaud ou trop froid. Connaître les portions les plus exposées aux basses températures me permet de ne pas hésiter. Au moindre doute, j’enfile ma veste, mes gants. Lorsque le corps se bat pour se réchauffer, il gaspille de l’énergie, demande davantage de calories, cela peut fausser les calculs établis, la digestion, provoquer une foule de réactions préjudiciables. Un détail, encore, qui peut conduire à la contre- performance, voire à l’abandon.
On a beau être un athlète de haut niveau, connaître sa pratique sur le bout des doigts, il n’empêche que chaque grand spectacle mérite un tour de chauffe des artistes, une répétition générale. Voilà ce qu’est la reconnaissance !
Il y a les Italiens Davide Cheraz, Riccardo Borgialli et Martina Valmassoi, la future vain- queure de la TDS (une des autres courses de l’UTMB). Il y a aussi la Népalaise Mira Rai, l’Australienne Lucy Bartholomew et bien sûr Marianne Hogan. Avec toute la bande, nous partons sous la chaleur de la mi-août, écrasante. Autour de moi ça râle, en vallée c’est irrespirable, mais ces conditions m’enchantent. Je suis de ceux qui préfèrent s’entraîner à la dure plutôt sur l’heure du déjeuner sous le soleil brûlant que le matin à la fraîche. Je me dis que mettre mon corps à l’épreuve ne peut être que bénéfique. Un jour, à Chamonix, après la reconnaissance, il pleut des cordes. Alors que tous les autres athlètes restent à l’intérieur du chalet, au sec, j’en profite pour sortir tester ma veste gore-tex et le grip de mes chaussures sur les sentiers glissants.
Le deuxième jour, nous attaquons le col du Bonhomme. En haut, on s’arrête pour prendre des photos, regarder autour de nous. D’un côté, le Beaufortain. De l’autre, la vallée de Saint-Gervais, avec au fond les Aravis. On descend vers les Chapieux et tout devient plus sauvage, plus technique aussi, jusqu’au col de la Seigne. C’est sublime. Grandiose. Tout le val Ferret italien nous éclate à la figure, les Pyramides calcaires, un aperçu de ce qui nous attend. Je dis à Marianne de bien profiter de ces paysages, de s’en imprégner. Malheureusement, lors de la course, nous passerons de nuit. La reconnaissance sert aussi à cela, découvrir de jour des passages qui vont nous échapper, savoir les deviner dans la pénombre, les imaginer. Je crois que je ne pourrais pas faire autre- ment, courir comme dans un tunnel sans me connecter à mon environnement. Je suis sûr que ma performance en serait affectée.
Je l’ai déjà dit de mille manières mais, je le répète, la dimension exploratoire de ce sport m’exalte. Elle me fait découvrir le monde à ma façon et à mon rythme. Dans les refuges, je peux rester de longues minutes immobile devant une carte des Alpes, la scruter dans ses moindres détails, repérer les endroits par lesquels je suis déjà passé, établir entre eux des connexions. La géographie est comme un gigantesque puzzle. Lors de chaque aventure, chaque course, chaque balade, j’accumule des pièces. Des pièces que j’arpente sur mes deux jambes. C’est puissant comme sensation, cette expérience du monde avec son propre corps. En me connectant à mon environnement, j’engrange aussi des connaissances. Aujourd’hui, je sais exactement à quelle altitude trouver tels types de fleurs, où voir des chevreuils, des chamois, des bouquetins. C’est un puzzle en trois dimensions, avec des lignes de perspective et des étages. Le maîtriser, l’admirer, me donne un regain de force. Comme sur les chemins en balcon aux alentours du refuge Bertone. À cet endroit de la course bouleversant de beauté, mon passage préféré, j’ai toujours une énergie folle, l’impression de m’envoler. Pourtant il fait nuit noire, mais pour moi il fait jour.
Le soir nous dormons dans des hôtels confortables, Salomon s’occupe de tout, transporte nos affaires de point d’étape en point d’étape, cela me change de mes reconnaissances précédentes en solitaire, chargé pour plusieurs jours. À Champex, on se baigne dans le lac. L’ambiance est détendue. Je suis au top de ma forme. Je ne ressens ni fatigue, ni courbatures, ni inflammation. Je ne fais que nourrir ma confiance. Arrive la dernière journée, la plus dure, la plus raide, l’enchaînement de trois ascensions qui, lors de l’UTMB, peuvent faire beaucoup de dégâts après déjà 130 bornes de course. Je préviens Marianne : c’est là que la course commence et s’emballe, que les classements sont chamboulés. À la sortie de Vallorcine, je lui parle de la mini section que l’on entame, une poignée de kilomètres entre le ravitaillement et la route départementale, début de l’ascension vers le col des Montets puis à la Tête aux vents : « Ici, tu vas avoir envie de marcher, mais l’idéal est d’être encore capable de courir vite. » Je ne croyais pas si bien dire. (…)
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