Syndrome de l’essuie-glace, périostite et fracture de fatigue comptent parmi les blessures les plus courantes en course à pied. En cause : les impacts répétés de vos pieds sur le sol, votre posture de course, mais aussi vos chaussures affirme une récente étude scientifique. Plus le drop et le poids des chaussures sont élevés, plus le risque augmente, surtout si vous ignorez votre type d’attaque (talon, médio-pied ou avant-pied).
L'étude, publiée dans la revue Frontiers in Sports and Active Living, a été réalisée auprès de 710 coureurs de différents niveaux. Avant d’analyser la posture de course de chaque coureur au ralenti, les scientifiques de l’Université de Floride leur ont demandé au préalable s’ils avaient connaissance de leur type d’attaque : talon, médio-pied, avant-pied ou s’ils ne savaient pas. Les chercheurs ont alors croisé les données des sujets avec leur historique de blessures causées par la course à pied.
Les résultats ont été on ne peut plus clairs. Les coureurs qui ne connaissaient pas la façon dont leurs pieds touchent le sol, étaient de loin, les plus sujets aux blessures. Car une des conséquences directes de ne pas savoir son type d’attaque est le mauvais choix de chaussure, notamment au niveau du drop – la différence de hauteur de la semelle entre le talon et la pointe de la chaussure.
Un drop et un poids de chaussure trop élevés, perturbent la perception de votre posture de course et augmentent la probabilité de blessure.
Autre constat de l'étude : les coureurs qui avaient changé de type de chaussures au cours des six derniers mois étaient les plus susceptibles d'avoir subi une blessure.
Le choix de vos chaussures est important
Opter pour une chaussure dont le drop et le poids sont peu prononcés est un moyen efficace de mieux ressentir la façon dont votre pied interagi avec le sol, de l'attaque à la propulsion en passant par la phase d’appui. Une chaussure minimaliste permettra au pied de mieux dérouler, de mieux sentir l’attaque au sol, de mieux répartir la charge lors de l’appui et de mieux utiliser l’énergie pour vous propulser vers l’avant.
À l’inverse, un drop élevé modifiera la façon dont la force d'impact est répartie sur l'ensemble du corps. Une étude a récemment démontré qu’une hauteur de talon plus élevée entraîne un stress beaucoup plus important au niveau de l'articulation fémoro-patellaire (genou). Opter pour une chaussure au drop peu prononcé (4-6 mm) permet au corps de répartir le stress plus naturellement, réduisant ainsi la charge excessive sur les articulations.
Si vous vous êtes blessé à cause d’un drop trop élevé, il peut être intéressant de changer vos chaussures. Mais, n'oubliez pas, comme pour tout changement, d'adopter progressivement vos nouvelles montures afin de laisser au corps le temps de s'adapter. Commencez par une ou deux sorties par semaine et augmenter progressivement sur quatre ou cinq semaines jusqu'à ce que vous soyez 100% à l’aise.
Avoir conscience de sa posture de course, c’est mieux
Le type de chaussures que vous portez peut clairement être à l'origine de vos blessures. Mais l’étude montre surtout qu'une meilleure connaissance de votre posture, en particulier de votre type d’attaque, permet de réduire le risque de blessure.
Si vous avez l’habitude d'écouter de la musique ou un podcast en courant, lâchez vos écouteurs un temps pour vous concentrer sur votre foulée et vous assurer que votre technique de course est bonne.
Une bonne façon de s’en apercevoir est de courir sur un tapis roulant devant un miroir. Observez alors vos mouvements et les impacts de vos pieds sur le sol, surtout quand la fatigue s’installe.
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