S’entraîner pour un objectif n’est pas un long fleuve tranquille. Il vous arrivera parfois d’être au top de votre forme, de trouver certaines séances faciles. Tandis qu’à d’autres moments, ce sera l’inverse. Et vous le sentirez dès les premières centaines de mètres. Une fatigue générale, une fréquence cardiaque qui s’emballe, des jambes lourdes… et pour couronner le tout, votre montre connectée qui, au bout de 5 minutes d’effort, vous indique votre méforme du jour. S’en suit généralement un véritable chemin de croix. Vous ne tiendrez peut-être pas les allures prévues par votre programme et serez tentés de mettre fin à votre sortie du jour. Coup dur pour votre confiance... Pas de panique, Alison Freeman, coach spécialisée en endurance, nous explique comme tirer un maximum d’apprentissages de ce genre de situations.
Rassurez-vous, tout coureur, amateur passionné ou athlète professionnel, a déjà vécu au moins une fois dans sa vie des sorties que l’on serait tenté de qualifier de médiocres. Mais si au lieu de se flageller, on apprenait à les envisager comme des opportunités d’apprentissage ? Car, comme le rappelle Alison Freeman, coach spécialisée en endurance, l’entraînement n’a pas pour unique but d’améliorer votre forme physique. Mais avant tout de vous faire évoluer dans votre pratique, notamment sur le plan mental. Avec elle, voici comment aborder ces entraînements difficiles, étape par étape.
Identifier les raisons de votre fatigue
1. Commencez par l'essentiel : le carburant. Avez-vous besoin de glucides ? Êtes-vous assez hydraté ? Et quid de votre apport en sodium ? À moins d'être absolument certain que tous les voyants sont au vert sur ces trois points, cela vaut généralement le coup de faire le plein d’énergie. Sachez que le sucre et le sel peuvent aider à résoudre bien des problèmes. Revoyez donc votre plan d'alimentation et modifiez-le si nécessaire. Tout en gardant à l’esprit qu’il n’y a pas de recette miracle en termes d’apports nutritionnels. L’important, c’est d’être capable d’écouter ses besoins.
2. Êtes-vous physiquement fatigué ? Si c’est le cas, essayez dans un premier temps de débloquer la machine. En effectuant une accélération d’environ 30 secondes avant de revenir à votre allure initiale, qui sera peut-être un peu plus supportable. Ce qui, en fonction de votre degré d’épuisement, ne fonctionnera pas toujours. Si vous avez toujours l’impression que chaque foulée vous demande une énergie considérable, c’est peut-être signe qu’il est temps de revoir vos objectifs, pour cette séance du moins. Lâchez votre montre des yeux, ne culpabilisez pas à l’idée de ralentir l’allure, et focalisez-vous surtout sur le rythme à adopter pour venir à bout de votre séance.
3. Quid de votre fatigue mentale ? L’idée de devoir maintenir un certain objectif de puissance, de rythme ou de niveau d'effort vous pèse ? Si oui, cela signifie que cette séance va être un excellent moyen de travailler votre mental.
Profiter de cet état d’épuisement pour travailler votre mental
Foirer une séance d’entraînement, c’est souvent le meilleur moyen de mettre en place de nouvelles techniques dans votre boîte à outils mentale. Vous savez, c’est ce genre de petites astuces que vous dégainez généralement en pleine course, quand la fatigue s’installe, mais que vous voulez absolument venir à bout de cet objectif qui vous tient à cœur.
Alors que mettre dans cette fabuleuse boîte à outils ? Là encore, pas remède miracle. L’important, c’est avant tout d’identifier ce qui fonctionnera pour vous. De l’expérimenter, lors de ces fameuses séances où, terrassés par la fatigue, le moindre effort vous semblera insurmontable ; pour ensuite de vous en servir en pleine course.
Pour vous aider à y voir plus clair sur le sujet, sachez que l’on classe généralement ces techniques mentales en trois catégories distinctes.
- Les distractions. Chanter, compter ou claquer des doigts en rythme par exemple. De quoi détourner votre attention du sentiment d’inconfort auquel vous faites face sur le moment.
- Les « shuffles cognitifs ». Aka ces petites choses qui trompent votre cerveau. Ca peut être de la segmentation, comme diviser la distance restante en plusieurs parties plus petites. Ainsi, au lieu de faire une montagne de ces 10 kilomètres qui vous attendent, dites-vous que ne devez parcourir plus que 10 fois 1 kilomètre. Ce qui rend généralement la chose plus digeste. Autre technique : vous forcer à sourire. Rien de tel pour faire baisser votre niveau de stress. Sécréter les hormones du bonheur. Et rendre l'inconfort un peu moins désagréable.
- Les stimulations. Penser à vos proches mais aussi vous rappeler votre « pourquoi », raison de votre engagement dans cette préparation, peuvent ponctuellement booster votre énergie, et votre motivation par la même occasion. Tout en vous rendant généralement plus enclin à tolérer cette séance aux allures insurmontables.
Gardez enfin à l’esprit qu’une fois que vous aurez réussi à surmonter cette mauvaise séance d'entraînement, en courant la distance ou la durée prévues, quelle que soit la façon dont vous aurez pu le faire, vous aurez acquis de précieuses connaissances. Et vous serez mieux préparé pour le jour de la course. Car toutes ces petites astuces mentales que vous aurez mises en place pendant cette sortie difficile seront désormais à portée de main lorsque vous en aurez besoin. Elles vous seront bien utiles quand vous ferez face à d’interminables sections, où la fatigue physique se mêlera à l’usure mentale.
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