Bien connue des coureurs, c’est une blessure dont on peut souffrir pendant longtemps. Voici comment la diagnostiquer, la traiter et la prévenir.
Chez le grec Achille, héros légendaire de la guerre de Troie, le tendon était la seule faiblesse. Le commun des mortels est lui plus vulnérable encore et parmi les maux qui l’affectent dès lors qu’il chausse des baskets, figure, cette blessure qui lu doit son nom. A elle seule, elle concentre environ 10% de leurs tracas.
De quoi s’agit-il exactement ?
Techniquement, la tendinite d'Achille est une inflammation aiguë du tendon qui longe l'arrière de la cheville, explique Joe Uhan, kinésithérapeute, entraîneur et ultra runner lui-même. Mais une douleur dans cette zone qui dure plus de deux semaines n'est plus vraiment une tendinite. Précision imporante car les sportifs ont tendance à qualifier de tendinite d'Achille toute douleur le long du tendon au-dessus de l'arrière du talon. Or la tendinite d'Achille peut être confondue avec d'autres blessures, telles que des problèmes de talon, mais ce qui la caractérise clairement », précise Joe Uhan, c’est que "si vous pincez le tendon en question, c'est vraiment douloureux".
Comment soigner cette pathologie ?
Selon Phinit Phisitkul, chirurgien spécialisé en orthopédie à l'université de l'Iowa, en cas de douleur aiguë, le traitement est à peu près le même que pour toute blessure aiguë - et c’est précisément ce que la plupart des coureurs ne veulent pas entendre. A savoir le fameux cockail « repos/glace/anti-inflammatoire ». Certains médecins recommandent également de dormir avec une attelle sur le pied pour permettre un état de dorsiflexion détendue et d'éviter de marcher pieds nus (ou avec des talons hauts) afin que le tendon ne soit pas trop raccourci ou étiré.
Des études ont également montré que l'un des traitements les plus efficaces consiste en des exercices de renforcement excentrique, explique Phinit Phisitkul. Comment faire ? C’est tout simple : tenez-vous sur le bord d'une marche et descendez lentement sur votre pied blessé, en exerçant une force au fur et à mesure que le muscle s'étend. Utilisez ensuite l'autre pied, non blessé, pour vous relever, afin de ne pas solliciter le tendon dans le mouvement d'élévation. Faites 15 répétitions, deux fois par jour. Toutefois, si la douleur est intense, il peut être préférable de se reposer avant de reprendre les exercices et les séances d'entraînement.
Quelles en sont les causes ?
Bien, mais au lieu de traiter la blessure lorsqu'il est trop tard, ne vaudrait-il pas mieux l'éviter dès le départ ? Cela tombe sous le sens, mais cela peut s'avérer un peu compliqué, car la cause de la tendinite d'Achille dépend en fait de ce que vous faites sur le terrain. "Il s'agit presque toujours d'un problème d'enjambement", explique Joe Uhan. Lorsque votre pied se pose devant votre tronc, surtout si vous vous posez sur l'avant-pied, vous finissez par faire peser tout le poids sur votre tendon d'Achille. "C'est un stress que votre corps doit absorber.
Si ce kinésithérapeute affirme que le problème le plus courant qu'il rencontre est celui de la foulée excessive, d'autres erreurs seraient également en cause. Les coureurs qui n'engagent pas leurs fessiers ont tendance à pousser avec leurs orteils plutôt qu'avec leurs muscles fessiers, surtout lorsqu'ils essaient de courir vite. Ce type de stress peut provoquer une inflammation.
En fait, tout ce qui sollicite le tendon d'Achille peut entraîner une tendinite d'Achille si l'on n'y prend pas garde : trop de kilomètres, trop de côtes, trop de travail de vitesse sans une progression appropriée. "Résultat, la plupart de mes patients ont du mal à identifier la source de leur problème ", explique le chirurgien. Heureusement, le tendon d'Achille est le tendon le plus solide du corps. Et dans la mesure où vous veillez à suivre un entrainement progressif, vous avez toutes les chances de le garder intact.
Comment détecter un début de tendinite ?
Si vous constatez une raideur de l'articulation qui finit par se réchauffer, comprenez qu’il s’agit d’un signal d’alerte. Prenez alors toutes les mesures préventives qui s’impose. A savoir, améliorer la souplesse de la cheville et réduire votre kilométrage, votre vitesse et vos courses en côte. Vous éviterez ainsi que le problème s’agrave.
Comme prévenir ce problème ?
On ne le répètera jamais assez, la clef, c’est d’entretenir sa souplesse. Les étirements peuvent être utiles, mais il ne faut pas en abuser. Consacrez simplement une minute par jour à l'étirement de votre mollet et de l'articulation de votre cheville. L'un des étirements les plus faciles, selon Uhan, consiste à poser un pied au sol derrière l'autre et à se pousser contre un mur. En complément, l'utilisation d'un rouleau en mousse et des massages réguliers pour maintenir la mobilité de l'articulation peuvent être très utiles.
Que faire si l’inflammation est déjà bien présente ?
Si vous commencez à ressentir une inflammation de votre tendon ou si vous avez déjà souffert d'une tendinite d'Achille, ce n'est pas nécessairement la fin du monde. Laissez votre tendon se reposer et se rétablir, ce qui, il est vrai, peut parfois prendre jusqu'à quatre à six semaines si vous avez attendu que la douleur soit aiguë. Le véritable problème se pose lorsque la tendinite d'Achille devient une blessure permanente. Si elle se répète, il est temps pour les personnes perpétuellement blessées d'examiner ce qui est à l'origine du problème. "A ce stade s'impose une analyse par un professionnel de leur mécanique de course", explique Joe Uhan, qui assure que une fois que le pied se pose correctement, la douleur disparaît rapidement.
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