Marre du maillot qui lâche au pire moment ? La surfeuse anglaise George Cronin a créé des deux-pièces adaptés qui résistent aux vagues les plus sournoises.
“Au départ, je ne suis qu’une surfeuse, rien de plus”, affirme George Cronin, créatrice de la marque Surf Worthy. Cette Anglaise s'est installée à Bali il y a près de vingt ans, dans le but de passer ses journées dans l’eau claire à chasser la vague parfaite. Mais elle s'est vite rendu compte qu'il lui manquait une chose pour pouvoir s’épanouir totalement dans son sport : un maillot de bain capable de résister à la puissance de l'océan et à son fameux effet “machine à laver”.
“Bali est vraiment un paradis pour les surfeurs, mais quand je suis arrivée, on n’y trouvait pas de maillot de bain de femme pratique à porter.” Les deux-pièces classiques ont toujours été problématiques pour les surfeuses. “Les seins ont tendance à s'échapper par les côtés!”, témoigne-t-elle. Le bas aussi finit par se faire la malle ou par remonter une fois allongée sur la planche. “On a beau les attacher de la façon la plus serrée possible, ils finissent toujours par faire faux bond ”, soupire-t-elle. Elle aurait certes pu opter pour des maillots une-pièce, mais ce n'est tout simplement pas le style de maillot qu'elle avait envie de porter.
Des employés balinais bien traités
En 2004, George Cronin, qui travaille alors comme monitrice de plongée et prof de surf, commence à bricoler ses propres modèles de bikinis. Elle sait exactement ce qu'elle veut : une sorte de soutien-gorge de sport, assorti d’un boxer d'homme avec un cordon au niveau de la taille que l’on puisse resserrer afin que le maillot reste en place.
Elle demande alors conseil à la communauté d’expatriés d'Asie du Sud-Est sur les réseaux sociaux pour trouver une entreprise qui fabrique des produits de qualité tout en traitant bien ses employés. Elle déniche finalement un atelier de couturières répondant à ces critères à Canggu, sur l'île de Bali, où sont désormais fabriqués les maillots de Surf Worthy. Elle se rend ensuite à Denpasar, capitale de l’île, pour choisir le tissu et se décide pour un mélange de nylon et de Lycra résistant, comprenant une protection anti-UV de UPF 40+.
En 2010, elle teste ses prototypes. “Ça a vraiment changé ma vie”, sourit-elle. Après avoir passé des années à réajuster son maillot entre deux vagues - une perte de temps et de concentration - elle peut enfin arrêter de se soucier de son apparence et simplement surfer. “Le maillot est resté en place à chaque plongeon”, se souvient-elle.
Demande croissante pour les grandes tailles
Pour George Cronin, c’est une révélation : et si les bikinis classiques entravaient les femmes bien au-delà de qu'elles pensent ? “Je me suis souvent demandé pourquoi j'étais la seule à surfer les plus grosses vagues”, dit-elle. “En fait, je le faisais parce que je savais que je pouvais me le permettre sans prendre le risque de me retrouver avec mon maillot au niveau des chevilles”.

Il n’a pas fallu longtemps avant que d'autres surfeuses ne voient la différence. Les ventes de Surf Worthy ont vite progressé grâce au bouche-à-oreille. Des magasins se sont mis à proposer des maillots de la marque dans plusieurs spots de surf autour du monde, notamment au Salvador. Les maillots ont également été très vite adoptés par les adeptes de la plongée. “Ils sont parfaits pour être portés sous une combinaison, explique-t-elle. Car quand cette dernière se troue ou se déchire, les bikinis normaux subissent le même sort.”
Les femmes ayant une forte poitrine font également partie des clientes de la marque. George Cronin affirme même avoir du mal à répondre à la demande croissante pour des grandes tailles. “Visiblement, pour l'industrie de la mode, on ne peut pas à la fois être une sportive et avoir de gros seins”, regrette-t-elle.
10% des bénéfices reversés à une ONG
Ses maillots, vendus environ 50 euros la pièce sur internet, répondent à ce besoin. Outside a proposé à Cara Naylor, une surfeuse faisant du 85E de tester un bikini Surf Worthy. Selon Cara, qui vit et surfe au Costa Rica, le maillot reste en place, même soumis à de forts courants et à de grosses vagues. “Le haut maintient bien ma poitrine, même quand je plonge et que je me fais malmener par les vagues”, témoigne-t-elle. Le bas passe également l'étape du test. Même si la coupe du boxer ne convient pas totalement à sa forme de corps (elle a raccourci une partie du tissu), elle dit “adorer le cordon qui permet de serrer le maillot et de le faire tenir”.
Autre argument en faveur de la marque : avec les bénéfices générés, George Cronin finance des actions en faveur de l'environnement. Bien que Surf Worthy soit une toute petite entreprise au budget restreint et comprenant seulement deux salariées (elle et sa partenaire Lauren Harris chargée des ventes et du marketing), 10% des bénéfices sont reversés à Coral Triangle Center, une ONG indonésienne qui cherche à protéger les récifs coralliens. Sa nouvelle gamme, Eco Warrior, est par ailleurs fabriquée en nylon 100% recyclé, dont une partie provient de filets de pêche abandonnés.
Prochaine étape pour la marque? George Cronin veut proposer une plus grande variété de bas de maillots pour répondre aux différents goûts des femmes. De nouveaux modèles avec au moins un point commun : ils résisteront tous aux vagues !
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