À quelques heures des finales masculines, qui auront lieu demain, jeudi 5 août, dès 10h30, de nombreux grimpeurs, parmi les meilleurs au monde, sont absents des Jeux Olympiques, événement historique pour l'escalade. Limité à 20 hommes et 20 femmes, le format du combiné porte à confusion... Explications.
Du côté des grimpeurs
Alex Honnold
C’est l’un des plus grands noms de l’escalade : de nombreux fans s’attendaient à ce qu’il soit sur la liste pour les Jeux Olympiques. Toutefois, comme Daniel Woods, Alex Honnold n’a jamais tenté de s'y qualifier, préférant se concentrer sur ses projets en extérieur. Cela dit, il est sûrement l’un des grimpeurs professionnels ayant suscité l'engouement du grand public pour l’escalade aux JO. Dans de nombreuses interviews, il a exprimé son enthousiasme face à l’inclusion de ce sport aux Jeux Olympiques. D’ailleurs, la deuxième saison de son podcast « Climbing Gold » - qui débute cette semaine - est dédiée à l’olympisme. Également commentateur de l’escalade à Tokyo, il participe indirectement aux Jeux.
Sean Bailey
Cette saison c'est sans doute le meilleur américain du circuit de la Coupe du monde. Vainqueur à à Salt Lake City (en bloc) et aux étapes de difficultés à Villars et à Chamonix cet été, il avait essayé de se qualifier pour les Jeux Olympiques en 2019 et en 2020, mais seuls deux athlètes américains pouvaient décrocher une place pour Tokyo – remportées par Nathaniel Coleman et Colin Duffy. Le succès actuel de Sean Bailey est le fruit d’une remarquable persévérance. Sa saison aurait sans doute été différente s’il avait dû s’entraîner pour les JO en parallèle.
Veddriq Leonardo
Cette année, l’Indonésien explosait le record du monde vitesse à Salt Lake City. Un mois plus tard, il remportait une nouvelle fois une étape de Coupe de monde à Villars, non loin du record. Mais sa domination en vitesse – ainsi que celle de son compatriote indonésien Kiromal Katibin, qui a brièvement détenu le record du monde – est arrivée un peu trop tard, après la fin des compétitions de qualification pour les Jeux Olympiques. Mais gardez son nom à l’esprit car à 2024, lors des JO de Paris, l’escalade aura droit à deux disciplines distinctes : un combiné bloc/difficulté et une épreuve de vitesse.
Stephano Ghisolfi
Stephano Ghisolfi est sans aucun doute l’un des meilleurs grimpeurs de l’équipe italienne. Récemment encore, il a remporté l’étape de Coupe du monde de difficulté à Briançon et s'est classé deuxième à quelques reprises cette saison. En 2019, il a participé aux championnats du monde, une des deux compétitions permettant d’obtenir un ticket olympique. Terminant à la 19e place, il n’a pas pu se qualifier pour Tokyo bien que son coéquipier, Ludovico Fossali ait réussi à le faire. En avril 2020, à la suite d’une décision de la fédération internationale, son rêve olympique s’est envolée : la deuxième place disponible est revenue au bloqueur Michael Piccolzuaz. Le quota olympique pour l’équipe italienne était alors atteint. Malgré tout, Stephano a su rebondir : sa chaîne YouTube n’a jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui.
Reza Alipour
Avant que l’Indonésien Veddriq Leonardo ne devienne le meilleur grimpeur de vitesse, la superstar de la discipline était l’Iranien Reza Alipour Shenazandifard, recordman du monde pendant environ cinq ans. En 2019, aux championnats du monde, il n’a pas tenté sa qualification olympique et suite à la pandémie, les autres événements qui auraient pu le sélectionner pour les JO ont été annulés. L’incontestable meilleur grimpeur de vitesse au monde n’a donc pas pris le départ hier, mardi 3 août. Ce qui lui a sûrement permis de revenir sur le circuit de Coupe du monde en pleine forme…
Daniel Woods
Même s’il n’est plus sur le circuit de Coupe du monde depuis longtemps, Daniel Woods a encore récemment prouvé qu’il est toujours l’un des meilleurs grimpeurs au monde en venant à bout de "Return of the Sleepwalker", 9a bloc. Mais en analysant ses résultats passés, ses meilleures années sur le circuit international - entre 2008 et 2011 – ont été soulignées par une médaille d’or à Vail en 2010. Même s’il a certainement joué un rôle dans l’olympisme en se dévouant à la compétition il y a quelques années, Daniel Woods n’a jamais pris part aux compétitions qualificatives pour les Jeux Olympiques.
Mejdi Schalck
Médaillé aux côtés d’Adam Ondra à l’étape de bloc de Salt Lake City cette saison, ce jeune grimpeur français de dix-sept a devancé Jakob Schubert, qualifié aux Jeux Olympiques. L’année passée, on admirait sa grimpe libérée en finale de Coupe du monde de difficulté à Briançon, où il prenait une belle 7e place. Mejdi, trop jeune à l’époque pour décrocher son ticket pour Tokyo est l'un des grands espoirs français pour Paris 2024.
Du côté des grimpeuses
Natalia Grossman
Au vu de son niveau cette saison, Natalia aurait dû figurer sur la liste olympique. Cette saison, elle a battu plusieurs athlètes qualifiés aux Jeux Olympiques sur le circuit de Coupe du monde. Mais c’est elle qui a choisi de ne pas tenter sa qualification, faisant preuve d’une très bonne confiance en soi. « Les Jeux n’ont jamais été un objectif. Je pense que c’est vraiment cool mais… je devrais y consacrer beaucoup de temps et des efforts. De nombreux athlètes qui s’impliquent dans le projet olympique ne vont pas à l’école et consacrent une majorité de leur vie à l’escalade. Rien que pour s’y qualifier, c’est un long combat qui va durer un an. Cela sera très éprouvant » avait-elle répondu, encore lycéenne, dans une interview pour le magazine "Climbing", en 2019, qui la questionnait sur son probable objectif des Jeux Olympiques.
Ashima Shiraishi
Ashima a connu un excellent début de saison en 2021, se classant 4e à la Coupe du monde de Briançon en juillet dernier. Elle a tenté sa qualification olympique mais a admis avoir eu des problèmes personnels plus importants, résonnant avec les récentes prises de paroles d’athlètes. « Les championnats du monde ne se sont pas bien passés pour moi, c’était ma pire performance en compétition. Cet échec m’a rappelé à quel point le mental est important dans l’escalade » écrivait-elle sur Instagram en 2019. « Je n’ai pas réussi à aller au-delà de mes émotions, à oublier ma vie personnelle pendant la grimpe. Mon manque de confiance m’a conduite à commettre des erreurs qui valent cher à haut-niveau ». À l’époque, nous avions salué l’honnêteté et l’ouverture d’esprit d’Ashima Shiraishi. Nous sommes ravis de la voir à nouveau s’épanouir sur les compétitions internationales.
Emily Harrington
Très présente dans les médias en 2020, suite à son enchaînement de la voie « Golden Gate » sur El Capitan, Emily est, au même titre que Daniel Woods et Alex Honnold, l’un des grands noms de l’escalade. Ayant participé aux Jeux Olympiques d’hiver en 2006 dans le cadre d’une démonstration de bloc, on peut dire qu’elle a grimpé aux JO avant tout le monde.
Oriane Bertone
Médaillée d’argent en bloc à Meiringen et à Salt Lake City, la jeune recrue de l’équipe de France faisait ses premiers pas en compétitions senior. Comme elle n’a que seize ans aujourd’hui, elle était toujours en catégorie jeunes lorsque la sélection olympique a eu lieu. Cette saison a montré qu’Oriane pourrait être un des grands noms pour les Jeux Olympiques de 2024, à Paris.
Fanny Gibert
Les Jeux Olympiques, Fanny y a cru. Loupant de peu de sa qualification, à un bloc près, la Française avait des chances de décrocher une médaille à Tokyo. Double médaillée au classement général de la Coupe du monde de bloc en 2018 et 2019, elle s’est adaptée à l’exigence des Jeux Olympiques. Elle s’entraîne déjà en vue de 2024…
Pour revoir la journée d’aujourd’hui
Replay disponible sur france.tv ici
Pour visionner la suite des épreuves d’escalade
Finales hommes : jeudi 5 août, 10h30 à suivre ici
Finales femmes : vendredi 6 août, 10h30 à suivre ici
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