La première chaussure d’entraînement de Kilian Jornet, la NNormal Tomir a suscité beaucoup d’espoirs lors de sa sortie à l’automne 2022, mais comme beaucoup d’autres traileurs, notre journaliste a été déçu. La deuxième itération offre beaucoup plus d’amorti, mais s'adresse toujours aux coureurs au pied léger.
Une chaussure conçue en collaboration avec - sans aucun doute - le meilleur trailer de la planète ne pouvait qu’être réussie. Pourtant, la semelle intermédiaire en EVA de la Tomir était rigide et ferme, et la foulée, bien que stable, était à la limite de la lourdeur. Peut-être, avons-nous pensé, que c'est ce que le dieu du trail préfère ; un contact solide et sans compromis avec le sol, mais la plupart d'entre nous recherchent un peu plus de confort même sur terrains accidentés.
Certes, le premier modèle de course de NNormal, la Kjerag, offre une semelle intermédiaire (infusée au gaz) beaucoup plus tolérante, mais son ajustement est trop étroit et sa foulée trop proche du sol pour le commun des mortels. Heureusement, NNormal a entendu les critiques et a sorti la Tomir 2.0, qui combine l’ajustement et le stack height parfaits de la Tomir 1.0 avec la mousse plus douce et généreuse de la Kjerag.

NNormal Tomir 2.0
Poids : 278 grammes (homme) / 244 grammes (femme)
Stack height : 33 mm (talon) ; 25 mm (avant-pied)
Drop : 8 mm
Prix : 160€
Les +
Semelle intermédiaire confortable et bien rembourrée
Avant-pied large et proche du sol pour une bonne agilité
Ajustement du pied sur le dessus et sur le dessous
Semelle flexible qui engage le pied
Excellente adhérence, en particulier sur les terrains meubles
Les -
Tige rigide et volumineuse jusqu'à ce qu'elle soit rodée
Talon trop mou et trop épais lors de la frappe du talon
Les nouveautés
Semelle intermédiaire souple et rebondissante, infusée de CO2
Stack height plus épais de 2 mm au niveau du talon et des orteils
Semelle plus large de 4 mm au milieu du pied et de 7 mm au talon
Courbes du rocker plus agressives, 2 mm plus haut au niveau des orteils
Tige cousue à la semelle intermédiaire sur tout le périmètre de la chaussure pour plus de durabilité

NNormal Tomir 2.0 : Nos premières impressions
J'ai vu la Tomir 2.0 pour la première fois sur un salon en décembre, où le porte-parole de la marque Danny Kuzio m’a confirmé que je n'étais pas le seul à trouver la première Tomir difficile à courir. « Ce modèle a trouvé sa place parmi les randonneurs », a annoncé Danny Kuzio, « et restera dans la gamme pour ceux qui apprécient sa stabilité ». Mais, bonne nouvelle, NNormal a écouté les remarques des coureurs pour rendre la deuxième version plus agréable à courir.
J'ai attendu avec impatience de recevoir une paire de test, que j’ai immédiatement enfilé pour une sortie trail de 6 km. Ce ne fut pas le coup de foudre. La tige était rigide et volumineuse, et la semelle, bien que nettement plus souple que celle de la version 1.0, semblait encore un peu gênante. Je ne les ai rechaussées qu'une semaine plus tard, mais une fois sur le terrain, j'ai constaté qu'elles avaient commencé à se faire.
J’ai couru avec la Tomir 2.0 environ une fois par semaine pendant deux mois, puis tous les jours pendant une semaine, avec plusieurs sorties faciles, quelques sprints en côte et une course plus longue sur un sentier plus technique. C’est à partir de ce moment que l'ajustement est devenu remarquable, complètement adapté à mon pied. Une amélioration qui provient en grande partie du laçage précis et asymétrique qui s'oriente vers l'intérieur du cou-de-pied.
L'étroit collier du talon n’est ni trop ni pas assez rembourré, la fine languette est dotée d'un petit coussinet efficace, et l'avant-pied s'élargit pour permettre au pied de fléchir librement. Hormis le fait qu’il faille refaire ses lacets de temps en temps, j’aurai aimé un peu plus d'espace autour de mon gros orteil. La tige en TPE Ripstop durable s'adapte admirablement et confortablement à la forme du pied, le maintenant en toute sécurité. Cependant, l'ajustement s'étend au-delà de la tige et incluant la semelle. J'avais l'impression d’être dans la semelle plutôt que sur elle, car elle enveloppait les côtés des parois souples et fléchissait si facilement qu'elle épousait les contours de mon pied et restait proche de ma semelle à chaque mouvement. Parfois, j'avais l'impression que la semelle était une extension de l’amorti naturel de mon pied.
Cette sensation et la hauteur modérément basse de l'avant-pied, offre un bon dynamisme et une bonne connexion avec le sol, tant que je restais équilibré vers l'avant et que j'avais une foulée rapide. La mousse très souple se comprime et adoucit les impacts avec le sol. Elle se raffermit pour former une couche fine et résiliente qui épouse la forme du terrain offrant une bonne proprioception. La poussée reste souple et légèrement rebondissante. Lorsque je cours vite et en position bien droite, les chaussures semblent rapides et agiles.
Ce n'est pas le cas lorsqu’on ralenti. Le talon, plus épais de 8 millimètres, offre une compression beaucoup plus importante et plus lente qu’à l'avant-pied. Ce n'est pas inconfortable, juste une sensation de mollesse lorsque le talon se comprime et roule lentement vers l'avant. La foulée lors de la frappe du talon parait moins agile. La largeur de la semelle l'empêche malgré tout de perdre en stabilité. Pour mon style de foulée, la chaussure serait mieux adaptée avec un talon plus bas, peut-être avec un drop de 4 millimètres, mais je sais que beaucoup aiment les chaussures avec beaucoup plus d’amorti que moi.
Indépendamment de l’impact au sol, la traction s’est montrée remarquable grâce à la semelle Vibram Megagrip Litebase dotée de crampons multidirectionnels largement espacés et d'une profondeur de cinq millimètres. Elle s'enfonce particulièrement bien dans les sentiers sablonneux, s'enroule sur les petits rochers et se débarrasse de la boue avec aplomb. En revanche, le grip doit être moins efficace sur terrains lisses et glissants, et je l’ai trouvé inconfortable sur les quelques kilomètres de route que j'ai parcourus.
Après une semaine de test intensif, mes pieds et mes chevilles étaient un peu endoloris (par rapport à une chaussure plus rigide), mais enfiler les Tomir 2.0 chaque jour reste toujours un plaisir. NNormal commercialise la Tomir comme une chaussure polyvalente, ce qui fait partie de son argument sur la durabilité, car vous n'aurez pas besoin d'acheter plusieurs chaussures pour des terrains, des distances et des rythmes différents. Je ne courrai pas avec plus de 2-3h, mais continuerai de les utiliser pour mes entraînements quotidiens.
NNormal Tomir 2.0 : Pour quels coureurs ?
La NNormal Tomir 2.0 est destinée aux coureurs techniques qui apprécient un impact au sol en douceur avec une sensation proche du sol au niveau de l'avant-pied. Les coureurs soucieux de leur impact environnemental apprécieront les matériaux et la construction durables de cette nouvelle version.
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