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Environnement

Prison et radars : la science s’enhardit pour sauver les ours polaires

ours polaire

Wes Siler Wes Siler

  • 18 décembre 2019
  • 4 minutes

Plus que toute autre espèce clé de voûte - celles dont la présence est indispensable à l'existence même d'un écosystème - l'ours blanc est directement menacé par le changement climatique. À ce stade, les scientifiques n'hésitent plus à se montrer créatifs, à grand renfort de high-tech et de peines de prison... pour les ours.

Les ours polaires survivent en chassant les phoques sur la mer gelée au-dessus du cercle arctique. Cette zone de glace et le moment de l'année où elle reste gelée continuant à rétrécir, les ours ont de plus en plus de difficulté à exercer leur talent de prédateur. Leur nombre s'effondre et ils refluent vers les terres, et donc les villes, tandis que les conflits avec humains s'intensifient, réduisant encore davantage leur nombre.

La population des ours de l'ouest de la baie d'Hudson, au Canada - l'une des 19 populations mondiales - est passée d'environ 1 200 en 1998 à seulement 842 aujourd'hui. Chaque année, elle se rassemble en automne près de Churchill, dans l'État canadien du Manitoba, en attendant que la glace se reforme pour pouvoir retourner en mer. La ville de 900 habitants accueille alors 10 000 visiteurs venus voir cette migration à ce moment de la saison. Mais plus les ours doivent patienter pour que la mer gèle à nouveau, plus ils sont enclins à chercher d'autres sources de nourriture en ville. De quoi causer de nombreux conflits entre l'homme et l'animal.

"La population (d'ours, ndlr) diminue, mais les conflits s'intensifient", confirme Andrew Derocher, conseiller scientifique de l'ONG Polar Bears International. "Ce scénario apparemment contradictoire est tout à fait cohérent avec le fait que des ours stressés sur le plan nutritionnel passent plus de temps sur le rivage."

Des cages pour protéger les ours

Traditionnellement, la méthode pour réduire les conflits entre les ours et les humains consiste simplement à tuer plus d'ours. Et le quota annuel d'animaux autorisés à être tués par les chasseurs inuits du Nunavut voisin, qui partagent la même population d'ours, est un sujet de plus en plus controversé. À mesure que les ours polaires s'attardent en ville, la chasse a un impact de moins en moins significatif sur la résolution des conflits avec l'homme, tout en rapprochant toujours plus une population de l'extinction. Les experts sont donc à la recherche de nouvelles solutions.

ours polaire
Andrew Derocher pose un tag GPS sur l'oreille d'un ours polaire endormi. (Andrew Derocher)

L'une d'entre elle a pris la forme surprenante de prisons dédiées à ces prédateurs polaires. À Churchill, les ours qui entrent en ville à la recherche de nourriture sont capturés puis gardés dans des cages avec un minimum d'interaction et sans nourriture, jusqu'à ce que la glace de mer commence à se reformer et qu'ils puissent à nouveau chasser le phoque. Ils sont alors transportés par hélicoptère vers le nord.

"L'idée est de décourager un comportement qui consiste à considérer la ville comme une zone de ressource alimentaire", explique Andrew Derocher. En les gardant en sécurité jusqu'à ce qu'ils puissent chasser pour se nourrir, les responsables de la gestion de la faune s'assurent qu'ils n'établissent aucun lien entre humains et source de nourriture.

Une détection précoce via radar

Le problème, c'est que jusqu'en 2017, il était difficile de convaincre les habitants de l'efficacité du programme. Qu'est-ce qui garantissait que les ours capturés puis relâchés n'allaient pas retourner s'alimenter dans des villes plus au nord ? La technologie de tracking reposait sur des colliers GPS encombrants qui ne pouvaient être installés que sur les mâles - les têtes des femelles n'étant pas assez grosses pour empêcher ces derniers de glisser. Mais un dispositif de suivi plus petit a ensuite été mis en place et, s'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives précise Andrew Derocher, les premiers signes indiquent que le programme est une réussite : les ours ayant payé leur dette à la société retournent sur la glace comme prévu, plutôt que de continuer à roder autour des zones fréquentées par les humains.

Mais un système carcéral efficace signifie qu'il faut trouver les bêtes avant qu'elles n'entrent en ville et n'établissent le lien entre humains et aliments savoureux à dévorer. Jusqu'en 2018, la détection précoce des ours dépendait de patrouilles. En raison de leur stress nutritionnel croissant, le nombre d'animaux tentant d'entrer à Churchill était devenu incontrôlable - 300 alertes déclenchées en 2016 dans une ville qui compte seulement 900 personnes. Il fallait trouver un meilleur moyen de détection, qui fonctionnerait de nuit ou dans des conditions météorologiques défavorables. C'est alors que les radars sont entrés en scène.

https://www.youtube.com/watch?v=skpr8eyxDj0&feature=emb_title

Tout comme les tags GPS, le radar est une technologie devenue beaucoup plus petite et abordable ces dernières années. SpotterRF, entreprise américaine spécialisée dans le secteur de la défense, fabrique ainsi des petits radars terrestres portables destinés à détecter les intrusions humaines dans des endroits aussi sensibles que les centrales électriques et ou les data centers. Les radars ont à peu près la taille d'un annuaire téléphonique. Premier prix : 30 000 $. Avec l'aide du zoo de Salt Lake City - célèbre pour son observation sous-marine des ours polaires - Polar Bears International a pu recueillir les fonds nécessaires pour installer un de ces radars de surveillance sur le toit du centre culturel de la ville.

Protéger n'est pas sauver

Pour détecter les ours qui s'approchent dans la toundra, il a fallu apprendre au logiciel du radar à faire la différence, par exemple, entre un humain conduisant un quad et le grand prédateur. Polar Bears International est aujourd'hui en mesure de surveiller son fonctionnement à distance depuis ses bureaux de Bozeman, aux États-Unis, où il continue à entraîner le logiciel à détecter les faux positifs. Pendant ce temps, les ours qui sont repérés à l'approche de la ville sont effrayés par des moyens de dissuasion non mortels ou, s'ils persistent, capturés et mis en cage.

L'objectif n'est pas simplement de réduire les conflits entre les ours et les humains autour de Churchill, mais de mettre au point des systèmes et des pratiques pouvant être utilisés par d'autres collectivités de l'Arctique. Le radar de détection des ours, en particulier, est prometteur pour les petites collectivités qui n'ont pas les moyens d'avoir une patrouille à temps plein. L'espoir est que le conflit homme-ours devienne plus gérable, même si le changement climatique amène les ours affamés à passer plus de temps sur la côte. En donnant aux collectivités de l'Arctique la capacité de gérer ce conflit avec des moyens non létaux, on pourrait réduire le nombre d'ours tués. Plus tard dans le siècle, si nous parvenons à prendre des mesures efficaces pour réguler le changement climatique, ces technologies pourraient contribuer à faire en sorte qu'il nous reste suffisamment d'ours blancs pour repeupler l'Arctique.

"La science ne peut pas sauver les ours polaires, mais elle peut aider hommes et ours à aplanir leur relation dans un Arctique en pleine évolution", conclut Andrew Derocher.

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