Ce Lundi 5 août débutent les épreuves d’escalade des Jeux olympiques de Paris 2024. Cette année, le format controversé du combiné vitesse – bloc – difficulté des précédents jeux de Tokyo a été revu en deux épreuves distinctes : la vitesse et le combiné bloc – difficulté. Si les Jeux de Tokyo ont couronné incontestablement la meilleure grimpeuse du moment, la slovène Janja Garnbret, le format n’avait pas fait l’unanimité auprès des grimpeurs. Le bloc et la difficulté requièrent en effet des compétences techniques similaires, mais l’épreuve de vitesse est un tout autre sport. Le format des Jeux de Paris devrait donc être plus équitable. Qu’en pensent réellement les athlètes ? Nous avons posé la question à la grimpeuse franco-américaine Brooke Raboutou – 5e des derniers Jeux - qui ne cache pas son enthousiasme.

Que penses-tu du nouveau format des compétitions olympiques ?
C'est un grand changement et je ne vois pas qui pourrait dire le contraire. Lorsque j'ai participé aux Jeux de Tokyo, les trois disciplines étaient combinées une seule épreuve. C’était non seulement épuisant physiquement, mais la façon dont les résultats - basés sur le classement - étaient calculés n'était pas vraiment équitable. Je pense que personne n’aurait souhaité participer de nouveau à ce format qui favorise certains concurrents plus que d'autres. La vitesse est une spécialité qui mérite donc d’être une discipline à part entière.
J'espère également qu'à l'avenir les épreuves de bloc et de difficulté seront séparées et qu'il y aura en parallèle une épreuve de combiné [bloc - difficulté]. Ces disciplines requièrent des compétences similaires. Beaucoup se spécialisent dans ces deux disciplines, mais jamais dans les trois. Je pense que c'est beaucoup plus logique pour notre sport et que cela donne la possibilité aux grimpeurs de vitesse de participer aux Jeux olympiques.
Ça dérange encore certains que le bloc et la difficulté soient combinés. Mais ce ne sont que les deuxièmes Jeux olympiques d’escalade de l’histoire, alors c’est déjà une très bonne avancée. C’est même incroyable même si, à l’avenir, j’espère que le sport se spécialisera encore plus. Personnellement, j'aime bien le concept du combiné, alors j'espère que nous pourrons à la fois compter sur des épreuves individuelles et de combiné. J'essaie simplement de prendre les choses comme elles viennent. Et je suis extrêmement reconnaissante d'être aux JO.
Comment s'est déroulé ton entraînement pour le Jeux ?
Je grimpe cinq jours par semaine. Généralement deux jours d’entraînement, puis un jour de repos, parfois trois jours d’entraînement, puis un ou deux jours de repos. C'est planifié, mais aussi flexible. J’ai le même entraîneur depuis quatre ans, Chris Danielson, qui m’a vraiment fait progresser. C'est mon mentor. Une grande partie de mon entraînement se fait sur le mur, en escalade, mais je fais aussi de la musculation pour la puissance et le gainage. Et puis beaucoup de travail mental.
Quels types de travail mental, la méditation ou la visualisation ?
Les deux. La méditation, pour mon bien-être, et la visualisation, en travaillant avec des psychologues du sport et en pratiquant des techniques d'images mentales à utiliser pendant l'entraînement et la compétition. Il s'agit à la fois de visualiser les voies, mais aussi de maîtriser différentes techniques qui m'aident à me concentrer sur le moment présent, et à me mettre dans de bonnes dispositions mentales.
En quoi l'ambiance des Jeux olympiques diffère-t-elle de celle des Coupes du monde ?
Je me souviens avoir eu une prise de conscience lors des Jeux de Tokyo. J’étais au pied de la voie. Pour la première fois aux Jeux olympiques, avec seulement 20 des meilleurs grimpeurs au monde. Je me sentais différente, mais au final, je ne faisais que ce que j’avais l’habitude de faire dans les autres compétitions. Ça apporte un regard nouveau sur la discipline plus qu’un changement réel. J'aime voir les choses de manière différente, ça m’aide.
C'est une expérience extraordinaire, de par son l'ampleur, mais en fin de compte, ça ne change pas grand-chose. La différence se fait certainement par la perception que l’on se fait de la discipline et moins d'un véritable changement interne ou physique.
Qu'est-ce qui te plaît dans la compétition ?
J'aime l'escalade, pour le mouvement. C'est quelque chose qui me passionne et me nourrit intérieurement. Et ce que j’aime dans la compétition, c’est le travail sur la force mentale. Apprendre à se connaître à travers la compétition, les défis, les succès, cela m'a vraiment ouvert les yeux et m'a donné un but. La compétition m'a permis de grandir, de gagner en confiance notamment pour prendre la parole.
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