INTERVIEW. A 27 ans et avec 4 saisons de FWT derrière elle, la snowboardeuse Marion Haerty a remporté son deuxième titre de championne du monde de la discipline. La Française décrypte sa victoire et nous parle de la suite.
L'émotion commence-t-elle à s'estomper ?
Je suis encore dans cette phase très spéciale qui correspond à la fin d’un cycle, positif qui plus est. C’est à la fois du relâchement, beaucoup d’émotion et de joie, et surtout le partage de tout cela avec mes amis et mes proches !
Envisager la suite n'est pas trop vertigineux ?
Lorsque l’on a atteint un objectif, qu'une ambition a été satisfaite, il y a ensuite une transition qui peut s’avérer délicate, une sorte de vide… Je me projette alors vers autre chose, vers de nouveaux projets. Ce qui est bien, c’est que je trouve toujours quelque chose à faire.
Déjà quelques idées ?
J’ai bientôt terminé mon Master (en "entreprenariat et commerce", ndlr) donc j’aurai plus de temps pour rider. Je pense aller au Chili, puis terminer un projet vidéo avec PVS Company. On veut évoquer ce que je ressens lorsque je suis là-haut. Ça sera assez personnel…
Tu gagnes le FWT pour la deuxième fois. C’est déjà la victoire de l’expérience ?
Je dirais que c’est la victoire de la maturité. J’ai pris beaucoup de plaisir. J’étais vraiment dans ma bulle, je suis parvenue à préserver mon mental et donc ma façon de rider. Je me suis affranchie du regard des autres et j’ai ridé pour moi…
As-tu réussi ce que tu voulais faire techniquement ?
Ce que je cherche à faire, c’est utiliser mon bagage freestyle dans des terrains engagés. Ce n’est pas évident, la probabilité de faire une erreur est forte. Alors, j’ai voulu assurer les premières étapes du circuit pour me libérer à Verbier…
Et ça a fonctionné ?
Je fais un bon run, comme à Andorre (où Marion avait atteint 87 points, ndlr). J’arrive à 88 points et je pose un 360, pas parfait, mais il est là. J’aurais aimé atteindre les 90 points, mais il faut toujours garder une part de rêve…
Comme Victor de le Rue, tu viens du freestyle. Les freestylers ont-ils redéfini le style du freerider ?
Je n’ai pas été surprise par la victoire de Victor : il est bien entouré, bien conseillé, il a un mental d’acier. Mais avec notre bagage de freestylers, on apporte peut-être une fraîcheur et un engagement qui plaît aux juges…
Le circuit féminin reste-t-il dans l’ombre du circuit masculin ?
C’est sûr que certains préféreront toujours regarder les hommes rider… Ça reste plus impressionnant, plus agressif, plein de testostérone (rire). Nous, on apporte quelque chose de différent, une autre sensibilité, une autre approche de la nature… Cela dit, les filles sont bien entourées. On est mises en avant, les sponsors jouent le jeu et l’évolution des conditions va dans le bon sens. Évidemment, cela reste difficile pour certaines de vivre de ce sport. Mais on retrouve cela aussi chez les hommes.
Et le snowboard dans tout ça ?
L’âge d’or du snowboard est terminé. Certains disent qu’il reviendra, pour ma part, je n’y crois pas. Notre sport évolue, va vers d’autres expressions, mais ce n’est pas un phénomène global, ça dépend des pays : au Japon, le snowboard reste très populaire par exemple.
As-tu enfin ridé le haut du Bec des Rosses cette année ?
Oui, j’y suis allé en "off", à l’entraînement. C’est vraiment très impressionnant. C’est raide, engagé et il n’y a pas de visibilité sur les sauts. Le faire dans des conditions de compétition serait une autre histoire. Mais j’aimerais beaucoup essayer !
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