Adam Ondra, Brooke Raboutou, Leo Cea, Oriane Bertone et plus récemment Théo Blass ou encore Ziheng Qiu, une Chinoise de neuf ans, la plus jeune grimpeuse à venir à bout d’une voie côté 8b+, les performances de ces enfants évoluant dans le 8e degré, laissent admiratifs, pourtant elles ne sont pas uniques. Explications.
À neuf ans, Ziheng Qiu est entrée dans l’histoire de l’escalade, avec l’enchaînement de la voie « China Climb », 8b+. La performance de la Chinoise n’est pas sans rappeler celle du Tchèque Adam Ondra, considéré aujourd’hui comme le « meilleur grimpeur du monde » ayant signé son premier 8c à 11 ans, de l’Américaine Brooke Raboutou, venue à bout d'un 8b à 9 ans, 5e des Jeux Olympiques de Tokyo près de dix ans plus tard ou encore celles de la Japonaise Ashima Shiraishi, 8a+ bloc à 9 ans. Sans parler des Français Oriane Bertone, entrée dans le 8e degré en bloc à 9 ans et plus récemment et de Théo Blass, le plus jeune grimpeur à avoir enchaîné un 8c. Mais alors, comment expliquer de telles performances, réalisées par ces enfants évoluant dans des cotations longtemps réservées aux grimpeurs adultes de haut-niveau ?
Premier facteur non négligeable : ces enfants ont au moins un de leurs parents grimpeur. L’escalade fait partie de leur mode de vie depuis leur naissance - crapahuter sur les rochers et même enfiler un baudrier est naturel pour eux. C'est le contexte parfait pour pratiquer régulièrement ce sport et s'inspirer de l’expérience de leur entourage, souvent d'anciens compétiteurs ou falaisistes de très bon niveau, même si cela ne fait pas tout.
D’un point de vue physiologique, ces très jeunes grimpeurs ont un excellent rapport poids/puissance – être un peu plus léger rend les mouvements moins difficiles. Cependant, leur petite taille les oblige souvent à grimper les passages les plus difficiles avec leurs propres méthodes, en innovant. Pour cela, ils sont notamment aidé par leurs doigts moins larges, rendant certaines prises meilleures. Autre avantage, au niveau métabolique cette fois-ci : avant l’apparition de la puberté, les jeunes produisent moins d’acide lactique à l’effort, c’est-à-dire qu’ils sont capables de rapidement passer physiologiquement en mode récupération dès que les prises sont plus grosses. Des attributs n’enlevant rien à la valeur de leur performance.
On le sait bien, en escalade, les cotations - déterminées par l’inclinaison et la longueur de la voie, le nombre de prises et leurs caractéristiques - sont subjectives. Chacun peut venir à bout d’un itinéraire à l’aide de ses propres qualités physiques (force, endurance, souplesse, coordination), techniques et mentales (lecture de voie, réorganisation). Or quel semble être le point commun de tous ces enfants ? Ils grimpent généralement en s’amusant, avec un acharnement présent chez peu d’adultes…
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