Il rêvait de ce projet depuis ses 16 ans : être le plus jeune à faire l’ascension d’un 8000 m dans le style le plus pur - sans oxygène. Enfant de guides de montagne, originaire de Haute-Savoie, Vadim Druelle est arrivé aujourd’hui au sommet du Manaslu (8163 m), 8ème plus haut sommet du monde, au coeur de l’Himalaya. Mais qui est ce surdoué de l’alpinisme ?
« Summit », un seul mot dans sa story Instagram.Vadim Druelle a fait simple, et discret, pour annoncer à son équipe qu’il avait atteint aujourd’hui le sommet du Manaslu, au Népal. Il informe ainsi avoir réalisé son rêve : devenir le plus jeune à gravir un 8000 m sans oxygène. C’est donc chose faite, à 19 ans seulement.

Il visait le Cho Oyu (8201 m) à 16 ans
Déjà, à 16 ans, Vadim Druelle avait lancé un crowdfunding pour financer son ascension du Cho Oyu, 8201 m - accessoirement le 6ème plus haut sommet du monde, dans l’Himalaya. Mais sa campagne ne lui avait rapporté alors que 500 euros, trop peu pour entreprendre l’expédition du lycéen à l’époque.
Pour lui, une bataille est perdue, mais pas la guerre : ayant tout juste décroché son bac pro en métallurgie, Vadim parvient à convaincre le salon Expérience Montagne de l’inviter à participer à deux conférences. L’occasion aussi pour lui de rencontrer des pointures de l’alpinisme, comme Catherine Destivelle et Paul Allain (première expédition française dans l’Himalaya) sans compter le spécialiste de l’histoire de l’alpinisme, Gilles Modica.

Et son jeune âge ne l’a pas empêché de réaliser d’autres performances admirables. Côté alpinisme, Vadim a fait le Damavand, le Mont-Blanc, les Courtes, le Bivouac des Périades, l’Arête des Cosmiques, le Dôme du Goûter, le Col du Passon, trois fois la Morzinoize dont une fois en solo. Entre autres. Sans compter une tentative d’ascension sur l’Ojo del Salado, au Chili, 6893 m, avec son père, ou encore son expérience jusqu’au sommet du Damavant (5610 m) en Iran, avec sa mère.
« Je fais tout, tout seul »
Son secret, pour réussir de telles expéditions ? « L’été, je fais beaucoup de trails, mais pas forcément en compétition. Je fais aussi de l’escalade et aussi du ski alpinisme. J’ai terminé 6ème sur la Pierra Menta. Je m’entraîne tous les jours. Pas de muscu mais beaucoup de gainage, d’étirements. Je n’ai pas de coach, je fais tout, tout seul. J’ai plus d’endurance que de technique. En grimpe et escalade pure je ne suis pas forcément très fort, je n’avais pas beaucoup de temps avec l’école. Maintenant, je vais pouvoir m’y consacrer plus à fond », nous confiait-il dans une interview en novembre 2019. C’était sans compter que, depuis, le jeune Haut-Savoyard a quitté les bancs de l’école pour travailler dans une mine d’ardoise.

Cette fois, soutenu par l’agence Seven Summit Treks, mais aussi des marques comme Scarpa ou Vuarnet, Vadim Druelle a réussi son pari. Lui et son équipe sont arrivés au camp de base du Manaslu il y a une semaine. Après avoir enchainé de multiples allers-retours d'acclimatation entre les différents camps (de 1 à 4), il a confirmé avoir atteint le sommet à 8163 m sans oxygène ce matin même - après avoir passé 30 heures sans dormir, précise son équipe. Un dernier mot pour ce jeune prodige : bravo !
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