Les fédérations membres de World Climbing devaient se prononcer, le 23 juillet, sur une éventuelle suspension de leurs homologues israélienne, russe et biélorusse. Les trois votes ont finalement été retirés au profit d’un futur « cadre fondé sur des principes ». Les accusations visant les fédérations israélienne et russe seront néanmoins transmises à la commission disciplinaire.
Le vote n’aura finalement pas eu lieu. Réunies en ligne jeudi 23 juillet pour une assemblée générale extraordinaire, les fédérations membres de World Climbing devaient notamment se prononcer sur une éventuelle suspension de l’Israel Climbing Association. Une décision réclamée par la Palestine Climbing Association et plusieurs collectifs, qui accusent la fédération israélienne de développer ou de promouvoir des sites d’escalade situés dans les territoires palestiniens occupés.
Mais avant que les trois résolutions concernant Israël, la Russie et la Biélorussie ne soient soumises au vote, les fédérations ont adopté une motion commune présentée par les États-Unis, l’Australie et Chypre. Celle-ci proposait de retirer les résolutions individuelles et de les remplacer par l’élaboration d’un cadre général applicable à l’ensemble des fédérations nationales.
Ce futur dispositif devra reposer sur des critères de gouvernance, de proportionnalité et de non-discrimination, en accord avec la Charte olympique et les positions du Comité international olympique et du Comité international paralympique. Aucune recommandation de suspension n’a donc été adoptée.
Une décision qui appartient au comité exécutif
Dans son communiqué publié à l’issue de la réunion, World Climbing précise avoir commandé deux avis juridiques indépendants avant l’assemblée. Tous deux concluent que les fédérations membres peuvent uniquement recommander la suspension d’une fédération nationale. La décision formelle, comme celle concernant la participation des athlètes, appartient au comité exécutif.
L’assemblée du 23 juillet n’aurait donc pas directement suspendu la fédération israélienne, mais elle aurait envoyé un signal politique fort à la direction de World Climbing. En choisissant de ne pas soumettre les trois situations au vote, l’organisation évite également d’avoir à expliquer pourquoi les mêmes critères conduiraient, ou non, aux mêmes sanctions.
Marc Norman, directeur général d’USA Climbing, assure toutefois que ce nouveau cadre ne protégera aucune fédération de possibles conséquences. Selon lui, cette approche doit au contraire préserver « l’intégrité, l’autonomie et la crédibilité » de World Climbing.
Les accusations transmises à la commission disciplinaire
Le dossier israélien n’est pas totalement refermé. World Climbing annonce que les accusations de possibles violations de ses statuts par les fédérations israélienne et russe seront transmises à sa commission disciplinaire. Cette saisine ne préjuge d’aucune infraction et n’entraîne, à ce stade, aucune sanction.
La situation des athlètes reste donc inchangée. Les grimpeurs israéliens peuvent continuer à participer aux compétitions sous leurs couleurs nationales, tandis que les Russes et les Biélorusses éligibles demeurent soumis au règlement leur imposant une bannière neutre.
World Climbing promet désormais une méthode commune pour traiter ces dossiers. Reste à savoir quand ce cadre sera adopté et ce qu’il changera concrètement. En attendant, l’organisation a surtout choisi de repousser l’obstacle plutôt que de le franchir.
Photo d'en-tête : Climbers for Palestine France









