L’annonce était très attendue. « 100% des glaciers français vont passer en zone de protection forte » a déclaré vendredi Emmanuel Macron lors de son discours de clôture du « One Planet Polar Summit », où, du 8 au 10 novembre, se sont retrouvés, pour la première fois, des chercheurs et scientifiques de plus de quarante nations glaciaires et polaires à Paris, pour partager leurs constats et observations avec les experts du GIEC et de l’IPBE. Simple coup de com’ ? Coup d'arrêt définitif du projet de troisième tronçon du téléphérique de La Grave dans les Hautes-Alpes ? Le point avec Thierry Favre, porte-parole de La Grave Autrement, l’une des associations opposées au remplacement du téléski du glacier de la Girose par un téléphérique sur la commune de La Grave, entre le col des Ruillans (3 211 m) et le sommet du dôme de la Lauze (3 568 m).
« La destruction d’un glacier pour les besoins du ski est donc désormais finie » s’enthousiasmaient les membres de La Grave Autrement, à la suite du discours de clôture du « One Planet Polar Summit », dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Le glacier de la Girose devient l'exemple de la volonté du Président Macron aujourd'hui et le précurseur de cette nouvelle politique. Un nouvel avenir pour le village de la Grave se dessine désormais ». Reste à savoir si l’annonce du chef de l’Etat va être suivie de mesures concrètes, car à ce stade « il n’y a pas de cadre véritablement posé » souligne Thierry Favre, porte-parole de l'association.
« C’est un peu comme tous les discours politiques à haut-niveau : la ligne directrice est définie » poursuit-il. « Pour moi, l’annonce d’Emmanuel Macron, celle de placer 100% des glaciers français sous protection forte, légitimise l’action que l’on porte depuis trois ans. Ça veut dire qu’aujourd’hui, on va dans le bon sens. Et que la mairie de La Grave et la SATG [Société d’Aménagement Touristique de la Grave, filière de la SATA, ndlr] vont dans le mauvais. Il est désormais chose désormais claire que l’on est dans une politique d’avenir, et eux dans une politique d’arrière-garde ».
Mais comme rien n’est encore fixé, les associations ne s’avouent pas victorieuses pour autant. « À nous aujourd’hui de repositionner notre combat » poursuit Thierry Favre. « Car il est certain que la mairie, la SATG, ou encore, à un plus haut niveau, la préfecture, vont tout faire pour qu’exception soit faite, sachant que le projet est antérieur à l’annonce [le projet date de 2017, et le permis de construire a été délivré en avril 2023, ndlr]. Or, il s’agit bien d’un nouvel équipement post-annonce de Macron. On le sait, il va falloir continuer la lutte. On a d'ailleurs eu plusieurs échanges avec les Soulèvements de la Terre et Extinction Rebellion. La ZAD [qui sera mise en place si les travaux du troisième tronçon du téléphérique venaient à reprendre au printemps, ndlr] du mois de mai n’est pas du tout annulée. Au contraire. On est en train de s’y préparer très sérieusement ».
Pour soutenir l’appel au gouvernement lancé par les associations environnementales, une pétition a été lancée. Elle a récolté plus de 29 000 signatures à ce jour, dont Heidi Sevestre, glaciologue, Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, Camille Étienne, activiste, Vincent Munier, photographe animalier, Cyril Dion, auteur, réalisateur, poète, ou encore Lionel Daudet, écrivain et guide de haute montagne, Paul Bonhomme, guide de haute montagne, Laetitia Roux, championne du monde de ski alpinisme...
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