La propagation du virus que la terre entière redoute oblige les organisateurs d'événements, les compagnies aériennes, agences de trek et de croisières à annuler leurs offres. L’ultra-trail chinois « Gaoligong by UTMB » est déjà reporté et le Népal, terre d’alpinisme et de treks, pourrait bien payer un très lourd tribut si la propagation du coronavirus se poursuit. Concrètement, que faire si vous avez déjà réservé ?
L'inquiétude croit chaque jour, au fur et à mesure que le nombre de contaminés s’étend partout dans le monde. Légitimement, se pose la question du report ou de l’annulation de programmes outdoor prévus dans les jours, voire les semaines à venir. Les organisateurs d’événements sportifs internationaux ne dérogent pas à la règle, leur responsabilité les obligeant à prendre des mesures drastiques allant jusqu’à l’annulation pure et simple. La course d’ultra-trail prévue du 21 au 23 mars en Chine, non loin de la Birmanie, dans la province du Yunnan, vient ainsi d'être annulée. Il s’agissait d’une des courses phares du pays, parrainée par l’UTMB, le « Gaoligong by UTMB »
Les organisateurs ont l’intention de la reporter du 18 au 20 décembre si la situation le permet. « Compte tenu de la propagation continue du coronavirus et pour soutenir les efforts de prévention des épidémies du gouvernement, nous avons pris la décision de reporter l'édition 2020 du « Gaoligong by UTMB », a détaillé Yanping Zhang, directeur général d'Exploring Group pour le Yunnan. « La santé publique est notre première priorité. Pour nous assurer d'accueillir l'événement en 2020, à un moment où les conditions météorologiques seront appropriées, nous allons maintenant nous efforcer de fixer une date en décembre. Nous sommes également en contact étroit avec le gouvernement municipal de Tengchong et les autorités locales afin de continuer à suivre l'évolution de la situation ».
Vols: pas de compensation mais un remboursement
Sans surprise, nombre d'agences de voyages annulent ou reportent désormais leurs séjours prévus en Chine et dans d’autres pays touchés tels que la Thaïlande ou Singapour. Le croisiériste MSC a suspendu trois de ses grands voyages en Chine alors que beaucoup de compagnies aériennes ont d’ores et déjà mis un terme à tous leurs vols en partance pour la Chine, notamment Air France, Lufthansa et British Airways, pour ne citer qu'elles.
Alors que faire si le trek longuement préparé pour ce printemps au Népal venait à être compromis, suite à l'annulation de votre vol par la compagnie aérienne elle-même ? Le transporteur ne procèdera à aucune indemnisation, selon le site FlightRight. En cause ? Ce petit astérisque : « * » qu’on préfère ignorer plutôt que d’avaler vingt pages de lecture punitive de clauses de contrat. Il précise à l’article 261/2004 qu’une « circonstance extraordinaire » n’engendre aucune indemnisation, autrement dit aucune compensation qui s'ajouterait au remboursement du prix du billet, contrairement à ce qui se produit normalement. En Europe, la réglementation EC 261 oblige en effet les compagnies aériennes à indemniser leurs passagers lors de tout trajet perturbé hors « circonstance extraordinaire » ; si votre vol est annulé ou retardé de trois heures ou plus, vous êtes alors en droit de recevoir une indemnisation pouvant aller jusqu'à 600 euros.
Or, le coronavirus est bien évidemment considéré comme une " circonstance extraordinaire », catégorie définie comme « échappant à la maîtrise de la compagnie aérienne du fait de sa nature ou de son origine ». Dans le cas du coronavirus, il est évident que les compagnies aériennes n'ont aucune maîtrise de la situation et ne peuvent prédire les perturbations engendrées par la propagation de l’épidémie. Interrogé sur ce point, Rémy Duquenne, expert juridique de Flightright, confirme en effet que « les compagnies aériennes peuvent suivre les conseils de l’OMS et du gouvernement chinois pour limiter les risques de propagation du virus et limiter les risques supportés par les passagers et les personnels de bord ».
Reste que la définition de la "circonstance extraordinaire" est pour le moins flou et guère favorable au voyageur.
Sans pouvoir prétendre à une indemnisation, tous les passagers peuvent toutefois se faire rembourser leurs billets d'avion sous 14 jours si la réservation a été faite directement sur le site de la compagnie aérienne. Si vous êtes passé par l'intermédiaire d’une agence de voyage, il est aussi possible de demander un remboursement ou bien de modifier la destination sans frais supplémentaires explique Air-Journal.
Le tourisme au Népal impacté
Outre les vols, qu'en est-il des frais d'organisation des treks et expéditions dans la zone himalayenne et notamment au Népal? Le pays, qui compte quelques cas de contamination, vient de mettre en place un centre de quarantaine pour les malades, et il pourrait bien voir sa compagne de promotion du pays « Visit Népal 2020 » largement entachée par le coronavirus.
Les éventuels reports ou annulations sur place se feront au cas par cas, selon l’évolution de la situation. Si vous avez réservé via une agence française, il sera forcément possible de reporter ou de modifier la destination. Dans le cas d’une réservation directement auprès d’un guide, il n'est pas exclu que ce dernier garde une petite partie des sommes versées, correspondant souvent aux arrhes pour le travail opéré en amont du trek. Là encore, aucune règle existe, chaque cas est unique et la proximité avec le guide aidera forcément à trouver un terrain d’entente.
De l’outdoor à la culture en passant par l’électronique, tous les secteurs sont donc aujourd'hui touchés. A Hong-Kong, « Art Basel », la foire d’art contemporain qui devait se dérouler du 19 au 21 mars n’aura pas lieu. Plus proche de la France, c’est Barcelone qui voit un à un tous les mastodontes de l'industrie de la téléphonie mobile annuler leur présence à la grande messe mondiale du « Mobile World Congress ».
Dans le sport, pourrait-on assister à une année vierge de toutes compétitions internationales ? Pas d’UTMB, pas de Western States, pas d’Euro 2020 de football ni de Jeux Olympiques pour limiter la propagation d’un virus mortel que ces grands rassemblements peuvent accélérer ? Faute de visibilité sur l'évolution d'une épidémie qui a déjà provoqué en quelques semaines la mort de 1600 personnes dans le monde, la question reste ouverte.
Si rien n'interdit de se rendre en Chine, le ministère des Affaires étrangères recommande d'y « reporter tout déplacement qui ne revêt pas un caractère essentiel ». Sur son site où se trouve une carte mise à jour quotidiennement, le ministère dit « déconseiller fortement » de se rendre à Wuhan et sa province Hubei, d'où est née l'épidémie, et quatre autres provinces chinoises sont « déconseillées sauf raison impérative ».
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