L’Américain, vainqueur à Chamonix en 2023, annonçait hier dans une conférence de presse qu’il ne prévoyait pas, « pour l’instant », de se présenter sur la ligne de départ de l’UTMB. Si ce retrait est confirmé, cela n’enlève rien à une épreuve, qui, cette année encore, concentre une palette de traileurs de très haut niveau. Chez les hommes. Mais aussi chez les femmes. Tour d'horizon des élites à suivre le 29 août.
Jim… ou pas Jim ?
On aura tout lu et son contraire cette année sur la présence du champion américain. Depuis sa victoire à l’UTMB en 2023 après quatre tentatives infructueuses, on attendait de le revoir sur les sentiers de Chamonix. En 2024, après une Western victorieuse, il jetait l’éponge en pleine nuit à Courmayeur en Italie, lâché par son genou. 2025 allait-elle être l’année de son retour ? Hier encore, Running magazine confirmait la présence de l’athlète… le jour même où il donnait une conférence de presse organisée à à Saint-Gervais-les-Bains par son sponsor Hoka, pour annoncer qu’à priori on ne l’y verrait pas.
« Pour l'instant, je ne prévois absolument pas de courir l'UTMB », expliquait-il. « J'ai toujours le même problème qu'avant la Western States [couru en pacer seulement cette année ]. Mais l'entraînement commence à bien se dérouler et mon état s'améliore. Pour bien faire, à cause de ma tendinite, je pense qu'il me faut un entraînement plus régulier et intensif pour éviter une nouvelle mésaventure. Et c'est ma plus grande crainte concernant l'UTMB. Donc, pour l'instant, je prévois une phase d'entraînement un peu plus classique pour plus de sécurité. »
Pour ses nombreux fans, il faudra donc changer de cap cette année et filer à Canfranc, dans les Pyrénées espagnoles, où il a prévu de participer aux Championnats du monde de trail fin septembre, sur le 81 km (5 400 m D +).« Je pense que les Championnats du monde évoluent vraiment dans le bon sens », précise-t-il. « C'est devenu un événement plutôt sympa, avec de nombreuses distances différentes. Pour moi, c'est un véritable honneur de porter le maillot de mon pays, même si je préfère courir pour mon sponsor. Le côté ''équipe'' ne m'attire pas autant. Ce trail des Mondiaux, je le considère plus comme une course individuelle ( …). « Mais je suis assez excité d'être dans l'équipe américaine. Caleb Olson (vainqueur de la Western States) a connu une année vraiment fulgurante. Et courir avec lui aux Championnats du monde sera vraiment génial. À Canfranc, ça va être super dynamique, peut-être un peu technique. Et c'est une distance suffisamment courte pour qu'on puisse s'y mettre à fond. Je peux gagner. »
Après avoir renoncé à la Western States ( dont il est quadruple vainqueur) en juin dernier, Jim joue donc à nouveau la prudence. Prudence qui fait sens quand on écoute l’athlète, qui il y a quelques semaines expliquait dans un podcast combien le Chianti Ultra Trail by UTMB l’avait atteint. « En gros, cette course m’a mis un coup d’arrêt, au point que je n’arrivais pas à retrouver une forme suffisante pour enchaîner les semaines d’entraînement », expliquait-il. « Et quand j’ai enfin repris un certain volume, tout s’est effondré assez vite. » Quid de son genou, lui demandait-on : « Ça va. Début avril, j’ai essayé une injection de cortisone, mais ça n’a pas eu beaucoup d’effet à vrai dire. Ensuite, en mai, j’ai eu une injection de PRP, [ plasma riche en plaquettes – est une technique de médecine régénérative utilisant le propre sang du patient pour favoriser la guérison des tissus endommagés ] donc je suis encore en phase de reconstruction. Après ça, il faut tout arrêter pendant un moment », précisait-il. « Mais là, je dirais que je suis enfin dans une phase où je peux commencer à tester un peu l’élasticité du genou et voir comment il réagit. C’est ce qui déterminera le calendrier de mon retour. » Son annonce hier, lève donc une incertitude. Enfin presque… son nom figure encore aujourd’hui dans la liste officielle des élites annoncées au départ de l’UTMB.
D'Haene, Pommeret, Grangier… présence en force des Français
Dès lors, va-t-on voir rejoué le scénario de la Hardrock 2025, où on a vu monter sur le podium trois Français ? Ludovic Pommeret, Mathieu Blanchard et Germain Grangier, laissant derrière les Américains David Ayala et Zach Miller. Rien ne l’interdit, d'autant que dans la liste officielle des partants diffusée par l’UTMB on se réjouit de retrouver l’increvable Ludovic Pommeret (50 ans) et son cadet Germain Grangier (35 ans). Sans parler de François D'Haene qui, à 39 ans, n’a rien perdu de sa superbe. En témoigne sa victoire sur le Tor des Géants en 2024 et son record sur la Nolan’s 14 cette année. Rien que pour ce trio-là, on sera à l’UTMB cette année. D'autant, que s’il fallait une raison de plus, on pourra aussi suivre Tom Evans, Hayden Hawks, Jean-Philippe Tschumi, Jonathan Albon, Dakota Jones, ou Aurélien Dunand Pallaz.
Le retour de Courtney Dauwalter
Beaucoup de rumeurs aussi des derniers mois autour de la présence de la « Reine », Courtney. Et surtout autour d'un possible duel avec sa compatriote katie Schide. Et là aussi, grosse déception. On avait déjà dû faire une croix sur une confrontation Walmsley-D'Haene-Pommeret, il va falloir se faire une raison côté féminin : Katie Schide, ne figure pas dans la liste des élites attendues fin août à Chamonix. Celle qui avait explosé le record de Courtney, lui laisse le champ libre cette année. Dommage ! Mais, cela donne de quoi rêver à des athlètes qui ne demandent qu'à en découdre. On pense à une autre Américaine, Abby Hall, à la Néo-Zélandaise Ruth Croft, à la Canadienne Marianne Hogan ou encore à la Suédoise Ida Nilson. Les Françaises pourraient aussi créer la suprise, notamment Camille Bruyas.
Sur la CCC, l’OCC et la TDS : des retours très attendus et des surprises
Si la course reine concentre généralement toute l’attention, il serait vraiment dommage de faire l’impasse sur trois autres courses qui ont montré qu’elles n’avaient rien à envier à l’UTMB. Au contraire.
Sur la CCC (101 m et 6050 D+), on va suivre de près la Française Blandine L’Hirondel qui devrait batailler, notamment, avec la Norvégienne Yngvild Kaspersen et l’Espagnole Anna Tarasova. Côté masculin, c’est l’Italien Francesco Puppi qu’on va voir courir face à deux Chinois Guangfu Meng et Guidu Qin et à l’Italien Reiterer. Mais le Français Hugo Deck pourrait ne pas être loin derrière.
Sur l’OCC (55 km, 3 425 D+), c’est la Kenyane Joyline Chepngeno qui devrait capter tous les regards, suite à sa victoire au Marathon du Mont Blanc cette année et à Sierre-Zinal en 2024. Mais la Suisse Judith Wyder et la Chinoise Miao Yao seront là pour lui donner du fil à retordre.
Chez les hommes, les Italiens arrivent en force, avec au départ cette année un Nadir Maguet, un Davide Magnini et un Luca Del Pero. Le Suisse Roberto Delorenzi pourrait pourtant se faire un place sur le podium
Enfin, s’il est une course à ne pas manquer, cette année, ce sera la TDS. Pour la présence de la Française Manon Bohard-Cailler. Et pour celle Beñat Marmissolle. Vainqueur de la Diagonale des fous en 2022, cette année-là, il était arrivé 6e à l’UTMB où le public l’avait découvert. Va-t-on enfin le voir monter sur un podium à Chamonix ? Face à lui cette année Pau Capell, notamment. Depuis sa victoire à l’UTMB, on désespère de le voir revenir à ce niveau. Mais va-t-il se révéler à nouveau sur une épreuve de 145 km et 9 200 D+ considérée par beaucoup comme plus dure que l'UTMB ? Tous les paris sont ouverts.
Pour découvrir la liste complète des élites attendues à Chamonix cette année, c'est ici.
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