Longtemps dans l’ombre de la « course reine », la TDS s’est forgée une sacrée réputation depuis sa création en 2009. C’est la deuxième course la plus longue (148 km et 9 300 m D+) de la semaine de l'UTMB et surtout l’une des plus techniques, racontent tous ceux qui s’y sont frottés. Elle sera plus suivie que jamais ce lundi à 23h50 au départ de Courmayeur. Car cette année, la course connaît un engouement inédit avec +37 % d’élites au départ, les meilleurs étant attendus à Chamonix, demain, mardi 26 août, vers 18h30. Parcours modifié, élites en lice, météo, à quoi s’attendre sur une course réputée pour offrir les moments parmi les plus beaux et les plus intenses, et parfois aussi les plus dramatiques, de l’UTMB.
Heures de départ et d'arrivée… les chiffres clefs
148 km, 9 300 m D+… la TDS ( Trace des Ducs de Savoie) n’est pas à aborder à la légère. Pour boucler ce parcours exigeant, les traileurs qui partiront ce lundi 25 août à 23h50 depuis Courmayeur auront 44 heures, 55 minutes maximum. Sur leur route, trois points de contrôle avec assistance : Bourg-Saint-Maurice, Beaufort et les Contamines. Les plus rapides devraient atteindre Chamonix vers 18h30 mardi.

Le parcours cette année ? Quelques changements
La TDS a été modifiée sur la portion Gittaz-Beaufort, vient d'annoncer l’organisation. En cause ? « Des conditions météos attendues dans la soirée de mardi et la nuit de mardi à mercredi », apprend-on. Un changement mineur qui impacterait peu le kilométrage total de la course ni le dénivelé, assure l’UTMB. La trace GPX a été mise à jour.
Côté météo, à quoi s’attendre ?
À 23 h 50 (heure du départ), le ciel sera plutôt dégagé, la température sera aux environs des 15 °C. Idéal pour un départ nocturne, sans pluie ni vent significatif. Dans la nuit, vers 2h00, elle devrait tomber autour des 12°C. Des conditions fraîches mais tout à fait gérables pour commencer l’épreuve. Mardi, le ciel devrait se couvrir et le thermomètre grimper à 26 °C maximum. Rien à voir avec les conditions dantesques qu’a pu connaître cette épreuve dans le passé.

Pourquoi la TDS séduit-elle de plus en plus de coureurs, et parmi les meilleurs ?
Belle, technique, sauvage, exigeante, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la TDS qui relie le Val d’Aoste à la Savoie, à la découverte des villages du tour du Mont-Blanc et des massifs qui les entourent. « Parcourir ce terrain de jeu unique, c’est emprunter des sentiers où se mêlent l’histoire et la montagne, la technicité du terrain et la bienveillance de ses habitants. », vente l’organisation sur son site. A raison, s’accordent à dire ceux qui s’y sont lancés. Au départ de Courmayeur, c’est la découverte du Beaufortain qui s’offre, avec des vues imprenables sur la Pierra Menta, le Grand Mont et le Mont-Blanc.
Mais depuis 2019 et l'allongement de son parcours afin de rallier la commune de Beaufort, la TDS s'est considérablement complexifiée. Ce qui ne fait que renforcer son attrait pour les traileurs en quête de challenges. Ils ne sont pas déçus. En tête, la fameuse montée du passeur de Pralognan. Soit 1 900 m de dénivelé positif d'affilée que la plupart des coureurs affrontent au plus chaud de la journée au départ Bourg-Saint-Maurice. Mais la suite est sans pitié non plus. Plus tard les attend la terrible descente vers Beaufort, suivie de la montée vers les hauteurs des Contamines Montjoie depuis Beaufort. Reste qu’au rang des souvenirs figurent aussi des moments de pure beauté, loin de la foule. Les paysages authentiques, l’atmosphère intime et silencieuse marquent profondément les coureurs. En bref, c’est à une vraie connexion avec la montagne qu’on doit s’attendre ici.

Quels sont les traileurs à suivre cette année ?
S’il est une course à ne pas manquer, cette semaine, c’est la TDS. Tant pour son plateau féminin que masculin.
Chez les femmes, on attend avec impatience le retour de la Française Manon Bohard-Cailler. En 2021 elle avait remporté cette épreuve. C’était sa première grande victoire, celle qui l’avait révélée. Depuis, elle a sérieusement étoffé son CV. 2ᵉ de la Hardrock 100 en 2025, victorieuse du 100K du Trail 100 Andorra by UTMB® la même année. Face à elle, l'Allemande Ida Sophia Hegemann (Grand Raid Ventoux 2025), mais aussi l'Américaine Careth Arnold.
Du haut niveau également chez les hommes avec la présence de Beñat Marmissolle. Vainqueur de la Diagonale des fous en 2022, cette année-là, il était arrivé 6e à l’UTMB où le public l’avait découvert. Va-t-on enfin le voir monter sur un podium à Chamonix ? Au regard de sa récente victoire au trail Verbier St Bernard le 11 juillet, il semble avoir tout pour y parvenir. Face à lui cette année Pau Capell, notamment. Depuis sa victoire à l’UTMB en 2019, on désespère de le voir revenir à ce niveau. Mais tous les paris sont ouverts, car après une série de déconvenues ces dernières années, il a remporté le Trail 100 Andorra by UTMB® en juin dernier. Il pourrait donc en surprendre plus d'un d'autant que la TDS, il la connaît pour l’avoir remportée en 2016. Mais il lui faudra compter sur la présence de Baptiste Chassagne, 2e de l'UTMB l'an passé, mais aussi sur Martin Kern dont ce sera la 3e participation (il a fini 4e en 2024), et sur Alexandre Boucheix (alias Casquette Verte).

En 16 ans d'existence, une histoire mouvementée
2009 Naissance d’une « UTMB bis, plus technique »
La TDS est créée comme troisième épreuve du festival UTMB, tracée de Courmayeur à Chamonix par des sentiers plus sauvages et techniques que l’UTMB « historique ».
2010 Edition annulée pour météo
En cause : un violent épisode météo qui bouleverse aussi le reste du week-end UTMB.
2011–2013 La TDS s’installe dans le paysage
Ces années stabilisent la réputation « technique / montagne » de la course, avec un format autour de ~115–120 km / ~7 000 m D+ avant les grands changements de 2019.
2014 Xavier Thévenard s’impose
Victoire de Xavier Thévenard sur la TDS.
2017 Records, la notoriété de la course continue de grimper
Mimmi Kotka et Michel Lanne frappent fort ; la course gagne en visibilité médiatique.
2018 Edition « courte » (~121 km)
Exception dans l’historique : l’édition 2018 est plus courte (≈121 km), avant une refonte majeure l’année suivante.
2019 Arrivée de « grande » TDS (145 km / 9 100 m D+) et hécatombe d’abandons
Refonte du parcours : passage par Bourg-Saint-Maurice, Passeur de Pralognan, Beaufortain… La TDS devient un 145 km très alpin avec environ 9 100 m D+. L’édition est marquée par une vague d’abandons record.
2020 Année blanche (COVID-19)
Tout le festival UTMB, donc la TDS, est annulé.
2021 Drame au Passeur de Pralognan et neutralisation partielle
Un coureur tchèque fait une chute mortelle dans la descente du Passeur de Pralognan (km 62,3) à 00 h 25 le 25 août ; la course est neutralisée pour les coureurs encore en amont, tandis que 293 athlètes déjà passés poursuivent jusqu’à Chamonix. C’est le premier décès enregistré sur une course du festival depuis sa création.
2022 Retour plein format et nouveaux vainqueurs
La « grande » TDS s’impose comme pièce centrale de la semaine UTMB World Series. Une belle édition remportée par Ludovic Pommeret (18:37:04) et Martina Valmassoi (22:42:47).
2023 Tempête estivale, neige et parcours rallongé
Une dégradation météo abat la limite pluie-neige sous 2 000 m ; l’organisation dérive la trace et l’édition devient ~153 km, ce qui allonge nettement les temps d’épreuve. Victoires de Christian Meier (19:36:35) et Maryline Nakache(23:37:57).
2024 Chaleur et doublé français
Édition marquée par la chaleur ; départ à 23:50 de Courmayeur. Thibault Marquet s’impose en 18:59:36, Marie Dohinen 24:06:01.

De 2009 à 2024 : la liste des vainqueurs
| Année | Homme (Temps) | Femme (Temps) |
| 2009 | Patrick Bohard – 14:01:48 | Fernanda Maciel – 17:17:43 |
| 2010 | Édition annulée | Édition annulée |
| 2011 | Franck Bussière – 15:51:37 | Jolanda Linschooten – 20:57:32 |
| 2012 | Dawa Sherpa – 14:37:07 | Agnès Hervé – 19:07:00 |
| 2013 | Arnaud Julia Bonatti – 15:09:59 | Nathalie Mauclair – 17:36:41 |
| 2014 | Xavier Thévenard – 14:10:37 | Teresa Nimes Pérez – 18:41:12 |
| 2015 | Pau Bartolo – 14:26:40 | Andrea Huser – 16:35:29 |
| 2016 | Pau Capell – 14:45:44 | Delphine Avenier – 18:46:24 |
| 2017 | Michel Lanne – 14:33:09 | Mimmi Kotka – 15:47:07 |
| 2018 | Marcin Świerc – 13:24:00 (record année) | Audrey Tanguy – 16:05:22 |
| 2019 | Pablo Villa – 18 :03 :06 | Audrey Tanguy – 21 :36 :15 |
| 2020 | Édition annulée (COVID-19) | Édition annulée |
| 2022 | Ludovic Pommeret – 18:37:04 | Martina Valmassoi – 22:42:00 |
| 2023 | Christian Meier – 19:36:35 | Maryline Nakache – 23:37:57 |
| 2024 | Thibault Marquet – 18:59:36 | Marie Dohin – 24:06:01 |
Comment suivre la course en direct ?
Pas de diffusion vidéo intégrale prévue, mais un suivi GPS précis sur UTMB Live.
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