C’est la question que nous nous sommes posée en ayant en main les deux nouveaux modèles de Garmin. Nous avons donc décidé de les confier en montagne à deux équipes de testeurs. Alors, encore un gadget coûteux et inutile ? Pas si sûr !
A une époque où tout le monde possède un smartphone, une multitude d'applications de navigation et un nombre croissant d'options SOS/SAR intégrées, les systèmes de navigation par satellite autonomes (GNSS) ont-ils encore une raison d’être ? Pour en avoir le cœur net, nous avons entrepris de les tester sur le terrain, lors d’une longue rando en montagne à plus de 2500 mètres et d’une sortie en raquettes par -20°C. Dans nos sacs : deux des dernières nouveautés de Garmin, le GPSMAP 67i (environ 645 € ) et, nettement plus accessible, l’eTrex SE (environ 179 € ).
Le GPSMAP 67i
Selon le constructeur, ce modèle bénéficie d'une bien meilleure autonomie au niveau de la batterie mais aussi de plusieurs améliorations en matière de navigation, notamment le Multi-GNSS – garantissant une connexion satellite plus efficace que le GPS seul (plus de 100 satellites au lieu de 24) - et la réception de signaux multi-bandes, permettant d’améliorer la précision de ces connexions.
Il est également compatible avec les cartes Outdoor Maps+ de Garmin et est spécialement conçu pour les amateurs d’outdoor en quête d’un appareil robuste, doté de nombreuses fonctionnalités. De quoi leur permettre de garder le cap, en toute sécurité, tout en restant toujours connectés. Garmin affirme qu'il peut fonctionner jusqu'à 180 heures en mode GPS (sans inReach, ni d'autre GNSS) et jusqu'à 840 heures en mode Expédition (sans inReach, GPS uniquement, moins de points de suivi, mode basse consommation activé).
Qu’avons-nous constaté au cours de notre test ? Après six jours de navigation et de messagerie, il nous restait environ 20 % de batterie ; précisons toutefois que nous avons pris soin d’éteindre l’appareil après chaque utilisation. Sachant que nos tests incluaient le mode multi-GNSS, la lampe de poche, les fonctions inReach et d'autres fonctions encore, il semble que la promesse de Garmin concernant les 180 heures d'autonomie du GPS soit remplie. Petite remarque de nos testeurs : connaître le pourcentage exact de batterie restant serait un « plus », plutôt que voir une barre verte s'amenuiser.
Côté navigation, qu’en est-il ? Réponse enthousiaste de l’un de nos testeurs : « hors sentiers comme dans des zones où la plupart des dispositifs sont très perturbés, ce modèle assure vraiment ». En effet il a poussé le test jusqu’à n’utiliser au départ que le GPS, n’obtenant alors qu’un suivi haché de son parcours hors-piste. Mais au retour, il s’est rendu compte que, une fois paramétré sur multi-GNSS et multi-bandes "cet appareil suivait l'itinéraire comme s'il était sur des rails !".
L'eTrex SE
Cette « nouveauté » est en fait la mise à jour de l'eTrex 10 de Garmin, un appareil très populaire auprès des amateurs d’outdoor qui recherchent simplement un appareil fiable et facile à utiliser, sans fioritures. Sur cette nouvelle version, donc, l'autonomie de la batterie est 5 fois supérieure à celle de la précédente. Avec deux piles AA, on peut compter jusqu'à 168 heures en mode de suivi GPS par seconde et jusqu'à 1 800 heures en mode expédition. Promesse vérifiée : au cours de notre test, l’appareil affichait encore 50 % de batterie après cinq jours d'essais dans différents modes (toujours en l'éteignant après chaque utilisation).
Autre amélioration, non négligeable : l’intégration sur ce modèle aussi du mode multi-GNSS, mais pas de la technologie multi-bandes du 67i. Reste que lors d'une rando à 2500 mètres d’altitude, il s’est montré très performant. Nos testeurs ont rapporté que la réception était remarquablement constante et qu'elle fournissait des données de suivi précises. A noter, ajoutent-ils, que « pour planifier et suivre sa progression, l'application Explore avec son contenu de carte topographique est un vrai plus ». Parenthèse qui pourrait intéresser les géo-catcheurs. Fort du degré de précision du eTrex, ils n'auront qu'à coupler leur appareil avec l'application Garmin Explore pour enregistrer leurs recherches de caches. Pour un appareil d'entrée de gamme, il s'agit donc d'un excellent achat.
Reste enfin à savoir s’il est vraiment utile de s’équiper d'un « gadget » GNSS séparé. Sur ce point, nos testeurs sont unanimes. Le principal avantage tient dans la sécurité : disposer d’une solution de secours : se fier à un seul appareil pouvant être source de problèmes. Si votre téléphone se montre défaillant ou se casse, vous perdez tout d’un coup, votre moyen de votre communication et de navigation. Mais l’autonomie de la batterie des deux modèles testés a également joué un rôle important dans leurs conclusions. Ces équipements se contentent d’une recharge hebdomadaire, voire mensuelle. Sans compter qu’ils sont particulièrement robustes. Conçus selon des normes militaires, ils ont de meilleures chances de survivre à un choc, à un violent orage ou à une chute dans une rivière, qu’un simple téléphone.
Ajoutez enfin que lors de notre rando en altitude, alors que la température ressentie était de -20°C, nous avons pu garder nos gants pour changer de parcours, de paramètres, et envoyer des messages. Essayez ça avec un téléphone portable ! Conclusion : ces unités GNSS autonomes ont toute leur place dans votre sac, sans hésitation.
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