La marque finlandaise VJ se targue d’offrir le « meilleur grip du monde ». Prétention vérifiée sur son dernier modèle, la VJ XTRM 2. Une chaussure dotée d’un faible drop et de solides crampons qui devrait vous permettre d’assurer sur les terrains les plus chaotiques, s’enthousiasme notre journaliste, pourtant plutôt blasé ces derniers temps.
J'ai eu la chance de tester presque toutes les chaussures de trail commercialisées depuis la fin des années 1990, mais j’avoue que je n'avais jamais entendu parler de la marque VJ jusqu'à ce qu'un ami me recommande de tester leur XTRM 2. Elle tenait bien d’après lui et offrait une traction exceptionnelle sur granit mouillé comme sur les sentiers les plus boueux. Je précise qu’il me l'a conseillée alors qu'il est lui même sponsorisé par une autre marque de chaussures ! J’en ai déduit qu’il fallait absolument que je mette ce test à mon planning.
Après quelques recherches, j'ai découvert les origines de la marque. On doit sa création en 1981 à un passionné de courses d’orientation qui se trouvait être aussi un cordonnier vivant dans la petite ville d'Orivesi, au cœur des forêts du centre de la Finlande. Désespérant de trouver des chaussures adaptées à son sport - consistant à courir sur un terrain accidenté entre des points de contrôle repérés sur une carte - il a créé VJ. Une chaussure qu’il espérait durable et dotée d’une adhérence exceptionnelle.
Des secrets de fabrication jalousement gardés
Succès total : un peu partout dans le monde, sa marque est aujourd'hui la chaussure de prédilection de nombreux adeptes de courses d'obstacles, Skyrunners et autres amateurs d’épreuves d’orientation. Et la XTRM 2 est la chaussure la plus vendue de la marque. Cette popularité s'explique principalement par la superbe traction offerte par ses crampons de six millimètres conçus en caoutchouc butyle, technologie signature de VJ Shoes. "Le caoutchouc butyle crée une adhérence unique sur toutes les surfaces, humides ou sèches", explique l’un des cadres de la marque. Mais on n’en saura pas plus sur le procédé de fabrication lui-même, car de toute évidence la direction de VJ n’est pas du tout disposée à partager la recette de son succès, qu’il s’agisse des ingrédients ou du processus de fabrication. Elle se contente d'expliquer qu'il s'agit d'un processus « difficile, long et coûteux ». C’est tout juste si elle précise que par rapport aux semelles en carbone ou en caoutchouc soufflé standard, le caoutchouc butyle est un peu plus avancé au niveau moléculaire, ce qui expliquerait ses performances.
De 800 à 1600 km sans les changer
Après quelques recherches complémentaires, il semble que la difficulté de production du caoutchouc butyle tienne au processus de vulcanisation. Ce processus permet de lier les molécules de caoutchouc pour former une seule grosse molécule qui ne fondra pas en chauffant et ne deviendra pas cassante en refroidissant. Le caoutchouc butyle qui en résulte est donc flexible et très durable, car il est imperméable aux gaz et résiste aux produits chimiques et aux intempéries. Chez VJ, on précise toutefois que la durabilité de ces semelles est moyenne par rapport à celles utilisées par les autres marques de trail running, car le Finlandais utilise une formulation donnant un rendu plus souple. "Certains ont recours à des matériaux plus durs et sacrifient l'adhérence à la durabilité", explique la direction "Mais ce n'est pas notre philosophie". Cela dit, les clients ne semblent pas s’en plaindre. "Nous avons des clients qui nous ont dit qu'ils avaient parcouru jusqu'à 1600 km avant de les changer. Et la plupart des coureurs en tirent plus de 800 kilomètres », entend-on au siège de la marque.

Notre test : comment nous avons procédé ?
Pour mettre à l’épreuve les XTRM 2, j'ai couru pendant plusieurs semaines, presque quotidiennement, sur les sentiers autour de Boulder, dans le Colorado. Je les ai utilisées sur des surfaces très variées, sur plusieurs formats de course et à des allures différentes, et j’avoue que c’est sur les distances courtes et les sols plutôt mous que je les ai préférées.
Notre verdict : Des chaussures solides et fiables
Dès le départ, il était clair que le point fort de ce modèle étaient l'adhérence et non l'amorti. Le faible drop de la XTRM 2, de 24 à 20 mm, est effectivement suffisamment minimaliste pour que l'on ressente les surfaces dures, d'autant que la fine semelle intercalaire est uniquement composée d'EVA. Cette sensation de fermeté et de connexion est voulue. Avec la XTRM2, les concepteurs de VJ ont eu a coeur de permettre au coureur de sentir pleinement le sol sous ses pieds, suivant l'adage "l'amorti tue la sensation". "Nous avons choisi l'EVA, parce qu’il a le bon degré de fermeté qui permet au coureur de ressentir le sol, contrairement à certaines mousses modernes, plus molles", explique la marque.
La XTRM 2 offre en effet beaucoup de sensations au sol, à tel point que j’en suis arrivé à préférer les sentiers offrant plus un mix de terre ou de boue que de caillasse. La profondeur des crampons de la semelle extérieure procure bien un certain amorti sur les surfaces plus dures, mais pas assez pour compenser la finesse et la densité de la semelle intermédiaire. Quant à la plaque de protection courant sur toute la longueur, elle est faite d'EVA durci et sert donc plus à protéger qu'à absorber l'impact. Reste que compte tenu de sa hauteur minimale, la flexion de la chaussure offre une sensation de connexion et une vivacité qui n’est pas sans rappeler celle d’une chaussure de cross-country. J'ai donc hâte de la tester sur de la neige cet hiver.
La tige ne m’a pas déçu non plus, au contraire, tant au niveau de l’ajustement que de la durabilité. Une fois lacée, la XTRM 2 offre une stabilité latérale et une réactivité exceptionnelles. De quoi me mettre vraiment en confiance et me permettre une foulée agile, même sur des descentes très techniques. Un bon point également pour le système de sécurité « Fitlock » situé au milieu du pied qui embrasse le cou-de-pied avec une selle médiale épaisse intégrée au laçage. Ajoutons qu'au niveau du talon, un matériau intérieur en forme de langue de chat recouvre la coupe profilée de la coque du talon pour éviter tout glissement lors des montées. Enfin, cette chaussure étant conçue pour les courses d'obstacles, sa tige est également dotée d'un cou-de-pied avec « Rope-Lock » et d'un embout en caoutchouc renforcé pour augmenter encore sa durabilité. Précisons que la tige est constituée d'un maillage tissé très robuste qui protègera des éléments et des impacts des sentiers ainsi que des éraflures et des perforations, tout en permettant une bonne respirabilité. Une remarque toutefois : la zone des orteils est droite et étroite. Personnellement, je l'ai trouvée bien ajustée et stable, mais j'ai un avant-pied plutôt inférieur à la moyenne. Il se peut que les coureurs aux pieds larges ou qui sont habitués à avoir de la place pour les orteils s’y sentent un peu serrés.
Pour résumer, chez VJ, on décrit la XTRM 2 en ces termes « une chaussure idéale pour les athlètes de bon niveau courant sur des terrains accidentés où l'adhérence est capitale ». La description est juste. La VJ XTRM2 n'est pas destiné à tous les coureurs, non, mais elle va combler ceux qui sont en quête de solidité et de hautes performances. A l’issue de mon test, je les recommanderais sans hésitation à tous ceux qui préfèrent la sensation du sol à l'amorti, ils y ont gagneront en confiance, forts de l’adhérence et de la puissance de traction que ce modèle ne manquera pas de leur offrir.
Dans le même esprit, on peut également aller faire un tour du côté de la Merrell MTL Sky Fire 2, de l’Arc'teryx Norvan SL 3, de l’Inov-8 X-Talon 212 V2, ou, dès 2024, de la Brooks Catamount Agile.
Prix : 179€
Drop : 24 mm au talon / 20 mm à l’avant-pied
Poids : 267 g (homme)
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