162 km de marche, dont 10 000 m de D+ à travers trois pays - France, Italie et Suisse -, le tout en 11 jours, c’est le nouveau défi que Muammer Yilmaz s’est lancé en juillet dernier. Presque banal, si ce n’est que le Strasbourgeois de 46 ans, marcheur écologiste, l’a réalisé en jeunant et dans l’équipement le plus minimaliste qui soit. Sa façon à lui de sensibiliser aux dangers de la surconsommation. Une étape de plus dans un parcours étonnant.

Les amateurs de récits de voyages connaissent bien l’auteur du « Tour du monde en 80 jours... sans un centime ». Un périple que le Franco-Turc Muammer Yilmaz a réalisé en 2014, en compagnie de Milan Bihlmann. Il en tirera un documentaire et un livre, presque un classique du genre aujourd’hui. Ses fans, et ils sont nombreux, n’ont sans doute pas été étonnés de voir ce philosophe marcheur, adepte du jeûne et du minimalisme, s’atteler en juillet dernier à un autre tour, celui du massif du Mont-Blanc, soit pas moins de 162 km de marche parcourus à travers trois pays - France, Italie et Suisse - en 11 jours. Certains le font bien plus vite en courant, là n'est donc pas l’exploit, lui n’a pas joué la vitesse, mais la justesse du propos : le faire en jeunant, en sandales de trail minimalistes et sans aucun bagage ni déchets. Pas de sac à dos, mais dans ses poches, un smartphone, un K-Way et une gourde ! Seule concession au confort - de taille tout de même, et l'on peut s'en étonner - ses nuits passées en refuge.
« C’était fabuleux de marcher dans ces paysages préservés, de boire l’eau à la source et de respirer l’air pur de la montagne », a-t-il confié à la presse à son retour. « A jeun pendant 11 jours, j’ai traversé des moments extrêmement difficiles. A l’arrivée, j’ai pleuré de soulagement… et de bonheur ! »



Anthropologue et documentariste
C’est donc un première du genre qui s’inscrit dans un CV déjà bien fourni dans la catégorie « aventure en quête de sens ». Outre le fameux tour du monde sans un sou qui l’a conduit du 9 septembre au 28 novembre 2014 à parcourir 47,000 km à travers 19 pays et surtout à rencontrer des centaines de personnes généreuses sur son chemin - validant ainsi son postulat de base : partout dans le monde, l’homme peut se montrer bon - Muammer Yilmaz s’est tour à tour attaqué à un tour de France en 2 CV à la rencontre des Français et, en 2013, à une traversée du Sahara sur la route du sel avec les nomades Toubous. Un périple dont il a tiré un documentaire de 52 minutes, « La caravane noire », réalisé avec Fréderic Frey, l’un des collaborateurs les plus fidèles de ce photographe et réalisateur indépendant, sorti de l’université de Strasbourg, où il a étudié le cinéma et l’anthropologie, passions dont il fera son métier. En 2000, il fonde à Strasbourg TVCampus, une association d’étudiants passionnés d’audiovisuel, dans laquelle il est reporter d’images et formateur. Cinq ans plus tard, il lance le Marathon-Vidéo 48h à Strasbourg. Lors d’un couchsurfing à Berlin, il se lie d’amitié avec Milan Bihlmann. Rencontre décisive. Tous deux partagent une même vision du monde et du voyage. De leurs échanges naît un premier projet audacieux, le fameux tour du monde en 80 jours. Ensemble, les deux aventuriers fondent également l’association Optimistic Traveler pour soutenir leurs actions dans le monde, lever des fonds et diffuser leurs valeurs : « la générosité et la solidarité sont universelles ». C’est donc avec la même philosophie que Muammer Yilmaz vient de boucler son tour du Mont-Blanc dont il va tirer un documentaire coréalisé avec son complice Milan Bihlmann, à découvrir sous peu.




Pour en savoir plus sur Muammer Yilmaz, c’est ici. Pour soutenir sa campagne de crowdfunding c'est ici.
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