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Paul Bonhomme

« Les big 3  » : la traversée au pas de course du Jura, des Alpes et des Pyrénées par Paul Bonhomme

Paul Bonhomme traversée du Jura

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria

  • 14 juin 2024
  • 7 minutes

Guide de haute montagne, alpiniste, skieur de pente raide, ultra traileur, à 48 ans, ce gars-là est présent (et excelle) sur tous les terrains. Et non content d'accumuler les performances, il nous enchante depuis des années avec des défis qu’il ne veut surtout pas qualifier de records, mais plutôt de « recherches » : jusqu’où son corps (et son mental) peut-il bien aller ? Dernier en date, entreprendre la traversée en courant des trois plus grands massifs français, sans assistance, avec un duvet, un matelas et de quoi se ravitailler sur la route. Lundi dernier, 10 juin, il terminait le volet jurassien : 411 km, 12 500 m D+ en 3 jours et 23h. Après une pause, il devrait boucler l’affaire en août. Pour, une fois de plus, en revenir plus riche en sensations et rencontres. Car l’homme n’est pas un solitaire. Comme à son habitude, il nous invite à le suivre sur les sentiers. 

« Le Doubs et le Dingue », c’est ainsi que Paul Bonhomme a baptisé la Grande Traversée du Jura soit le GR 509 intégral. Une petite entreprise bouclée lundi dernier en 3 jours et 23 heures, soit une moyenne de 104 km quotidiens, 15 à 17 heures de course. Le nom doit plus au hasard qu’au brain storming marketing, pas son genre, nous explique-t-il à son retour. « En route, j’ai vu un panneau « Doubs », et là je me suis dit « tiens voilà le dingue qui passe ».

Paul Bonhomme traversée du JuraPaul Bonhomme traversée du JuraPaul Bonhomme traversée du JuraPaul Bonhomme traversée du Jura

Pas si dingue que ça l’ultra traileur qui n’en n'est pas à son coup d'essai. Souvenez-vous : en 2022, il nous faisait rêver avec sa « Farandole des Ecrins » en 2022 : un parcours de santé de 313 km et 24 600 mètres de D+ mêlant trail et alpinisme, histoire de relier l’intégralité des refuges du massif des Ecrins. Et l’année dernière, c’était « Zero to Zero » qu’il entreprenait.  A savoir parcourir les Alpes au pas de course, de Ia mer Adriatique à Ia mer Méditerranée. Soit 2650 kms et 150 000 m D+, en 28 jours si possible, ce qui reviendrait à battre le record du Belge Karel Sabbe, qui l’a fait en juillet 2021 en 30 jours et 8 heures. Périple qu’il a été contraint d'abandonner, pour cause de blessure, mais qu’il compte reprendre en 2025.

Paul Bonhomme traversée du Jura
"Chapelle des Bois / Cimetière des pestiférés". (Paul Bonhomme)

Pas de nom encore en revanche pour l’ensemble de son dernier défi, la traversée en courant des 3 plus grands massifs Français ; "peut-être 'Les Big 3' ? lance-t-il pendant notre entretien hier. Le Jura n’en est en effet que la première partie, entamée le 6 juin, via le GR 509 Vont suivre les Alpes, via le GR 5, 620 km, en juillet. Puis les Pyrénées, via le GR 10, 900 km. Trois périodes très intenses - l’idée n’est pas de flâner, on l’aura bien compris – entrecoupées de deux pauses à la maison. Car Paul Bonhomme a un métier, guide de haute montagne, et si pousser le curseur toujours plus loin le titille, c’est un curieux, il n’a aucune intention de se cramer, il doit « assurer pour le reste », nous dit-il. Hier, jeudi, trois jours après un périple où il a avalé une moyenne de 104 kilomètres par jour, il se sent en forme, et a même fait un tour de vélo. 

A son arrivée, à l’église de Culoz le 10 juin à 10h30. Il avait encore un peu de mal à réaliser, écrivait-il sur Instagram : « Je ne sais pas trop par où commencer tellement j’ai vécu de choses ces 4 derniers jours. Du coup je vais pondre des chiffres, je raconterai quand ma tête sera un peu reposée. Départ de la gare de Montbéliard le 6 juin 2024 à 11h25, arrivée à l’Eglise de Culoz le 10 juin à 10h30, 3 jours et 23 heures plus tard / 411 kms soit une moyenne de 104 kms/jours … 12500 mètres de Dénivelé positif / autonomie totale (à part 1 ravito à Mouthe par Nicolas 🙏 et la famille qui est venu me faire un bisous 5mns à Bellegarde hier 😍) / sac de 6 kgs en moyenne (un pack de lait quoi 😅). Et un énorme merci à toutes ces personnes »

Trois jours plus tard, il peut raconter.

Paul Bonhomme traversée du Jura
"Culoz c'est là-bas ... j'y arriverai 20 heures plus tard". (Paul Bonhomme)

Ce qu’il retire de cette expérience ?

« Elle permet de rester dans une certaine densité physique. Tu es dans une vitesse relative, au long cours. Dans un autre espace temps aussi. Comme si quatre jours étaient quatre mois. Des nuits très courtes, des jours très longs… tout est tellement dur que tout devient important ». 

Au-delà de la fatigue et de la souffrance, c’est aussi des rencontres, de l’humain, poursuit-il ; « Comme le 2ematin », se souvient-il. « j’étais parti depuis à peine 24 heures que j’avais déjà besoin de manger beaucoup, je dépensais environ 10 000 calories par jour. Arrivé dans une boulangerie, j’avertis le jeune à la caisse : « désolé, il va me falloir un peu de temps, je vais acheter pas mal de choses. J’enchaîne les commandes, du salé, des sandwiches… et là son attitude a commencé à changer. ‘C’est qui ce gars-là ?’ Les gens sont dans leur quotidien et d'un coup, il y a quelque chose de pas normal. Curieux, il m’a posé des questions. C’est chouette, je me suis dit, il prend du temps pour moi. Comme ce jour encore où un gars, un jurassien qui me suivait sur les réseaux est venu me rejoindre à vélo pour m’apporter un ravito : des fraises et des produits de chez lui. Ce sont des rencontres humaines plus intenses. J’ai aussi croisé plein d'amoureux, des jeunes, des vieux, main dans la main. Plus nombreux que les randonneurs ! »

Différent aussi, son rapport à la nature, « comme ce deuxième matin, vers 5h – 5h30, je courais déjà depuis 3-4 heures que j’ai entendu tous les oiseaux se réveiller. Et puis le lever du jour, et cette énergie que te donne l’arrivée du soleil. Et là, tu vois la Suisse. Des moments incroyables… 

J’avais déjà ressenti tout ça pour la première fois sur la Farandonle des Ecrins ; mais je n’étais pas tout seul, car pour les besoins des images j’étais rejoint parfois par un copain. Et c’était sur un terrain plus technique, en milieu alpin. C’est là que cette idée des trois massifs m’est venue, car au bout de 6 jours, je ne voulais plus m’arrêter. Je voulais continuer à me transformer, à devenir plus basique, plus proche de ce qu’on est, animal. C’est cela aussi que je voulais fouiller en 2023 avec "Zero to Zéro" : transformer l’être social en être animal. Plus ça va être long, plus tu vas ressentir ce genre de chose. C’est pour ça que je veux m’y remettre l’année prochaine.

Paul Bonhomme traversée du Jura
"Apres le Burger du chalet pointu à Lélex". (Paul Bonhomme)

Partir plus loin, plus long, plus longtemps encore, sur des mois comme le font certains ?

« Je ne suis pas certain que ça m’intéresserait. Ou alors pas tout seul, avec ma chérie ! Et puis, ce n’est pas mon objectif non plus, je ne suis pas sûr de vouloir voyager loin non plus. Plutôt d'explorer autour de chez moi, en proximité. Et puis sur du très long cours, tu es plus dans le voyage. Tu es en dessous d'un certain seuil de densité. Je ne suis pas dans le record, mais j’ai besoin de pousser plus loin. Mon rêve, c’est d'arriver à un rythme ou tu peux courir, toute la journée, très longtemps. De « savoir si on peut tenir ça ! ». Avec cette traversée du Jura, je sais que je peux aller au-delà de 100 km par jour. Et l’idée c’est de tendre les contraintes physiques le plus possible sans se faire mal. 

Trouver le bon rythme pour que le corps puisse encaisser sans entrer dans quelque chose de délétère, c’est super intéressant, ça s’apprend. Il y a plus d'un an et demi, j’ai commencé à apprendre à courir correctement. Avant, j’ai connu d'autres expériences en montagne, mais avec des moments de pause, comme on en a en alpinisme. Mais sur l’ultra endurance, sur du très très long, c’est différent. Mais ça s’apprend, notamment en gérant son esprit. Il faut le vivre (…) Au fil des jours, je regardais moins ma montre, je me laissais plus aller aux sensations et vivais l’instant plutôt que d'anticiper. C’est un chose intéressante à observer dans ce type de projet, où si tu n’es pas dans l’instant, tu stresses ton organisme. Il faut donc s’abandonner à l’instant présent ». 

Paul Bonhomme traversée du Jura
"Matin du dernier matin dans le massif de la Colombière, pas encore réveillé après 4 heures de courses déjà". (Paul Bonhomme)

Le signe d'une certaine maturité, à 48 ans ?

Pas vraiment. En 2005, quand j’ai connu ma femme, j’étais sur un livre à compte d'auteur dans lequel j’écrivais la même chose. Je n’ai pas changé d'un pouce. Mais j’ai plus d'expérience et maintenant j’arrive à monter des projets pour mettre en application ces réflexions. Je continue mon petit bout chemin, en essayant de faire des choses qui ont du sens à mes yeux. De la pente raide à l’ultra endurance, ce n’est pas évident. Ceux qui sont un peu fan de moi pour la pente raide, sont peut-être déçus.

Gérer le mental sur la pente raide ? Sur l’ultra endurance ?  

C’est très différent. Et très similaire aussi. En pente raide tu es sur du très court, chaque virage est important. En ultra, tu es sur la longueur et tu peux te permettre de te tromper à tout moment. Mais je me suis beaucoup entraîné en endurance pour être prêt sur la pente raide, car c’est très éprouvant. Au niveau psychologique, les deux te vident. Mais de manières différentes. L’ultra est moins euphorisant. En terminant, lundi, j’avais les larmes aux yeux, j’étais content, mais comme c’est du très long, forcément tu as le temps de laisser retomber un peu. En pente raide, c’est très euphorisant quand tu arrives au pied de la pente, puis c’est le choc, le coup de massue. Tu es crevé, tellement fatigué que c’est à peine si tu peux skier jusqu’à la voiture. Là après 411 kms kilomètres, je sais que je n’ai pas encore fini d'encaisser ; je vais avoir encore une à deux semaines avec des coups de fatigue. Avant de repartir.

Paul Bonhomme traversée du Jura
"Arrivée a Culoz". (Paul Bonhomme)

Le suivre sur la route, en virtuel, ou en vrai

Pour les prochaines étapes, on est en train de mettre au point un système de tracking, avec une balise. J’aime bien que les gens me rejoignent, pour un bonjour, un bout de chemin ; mais savoir qu’on me suit, qu’on se dit « où il est le Bonhomme ?», pour moi qui court, quand je suis dans le dur, c’est vachement motivant !


En vidéo, retour sur son périple jurassien : une vidéo de 6 minutes de Paul Bonhomme

https://youtu.be/ut__dkl7WFU?si=PRUhgasDS82jA_qr

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