Accessoires

Petite typologie des pires clients de magasins d’outdoor

Brendan LeonardBrendan Leonard

  • 29 janvier 2019

Et si vous en faisiez partie sans le savoir ?

L’éventualité de correspondre à l’un des 12 profils types établis par notre journaliste Brendan Leonard est très réelle. A l’occasion de cette petite enquête, ce dernier s’est d’ailleurs rappelé d’une phrase répétée par son vieux père et dont certains feraient bien de s’inspirer : « Tu peux bien être tout ce que tu veux dans la vie, mais par pitié, ne sois pas un connard »…

Celui/celle qui peut l’avoir moins cher sur Amazon

Ou comment confondre son magasin d’équipement sportif et un showroom d’amazon.com. Les employés dudit magasin n’apprécient pas vraiment d’entendre que le géant de la vente en ligne propose tel ou tel produit moins cher. Un grand chelem pour ce client-type, qui fait d’une pierre deux coups : des micro-économies et l’acquisition d’une réputation de crétin.

Celui/celle qui vient essayer pour savoir quelle taille commander en ligne

Parent proche du précédent, cet individu confond la boutique du coin avec une cabine d’essayage Amazon. Pour faire simple, il condamne tout simplement son commerçant local à la faillite à long terme.

Monsieur/Madame « Je vous ai dit que je pourrais l’avoir moins cher sur internet alors je l’ai acheté en ligne plutôt que dans votre magasin mais je suis revenu pour savoir comment l’installer »

Oui, c’est arrivé. Rien à ajouter.

Celui qui doit « parler à un homme »

Cet homme (car c’est toujours un homme) refuse de croire en la compétence d’une femme en matière d’équipement et demande à parler à « quelqu’un d’autre » quand une vendeuse se propose de l’aider. « Quelqu’un d’autre » signifiant bien sûr un chromosome Y. En 2018, ce spécimen devrait reconsidérer deux minutes les performances de sportives telles que les Liv Sansoz et Lynn Hill – qui grimpent et skient depuis des décennies en se donnant deux fois plus de mal que les hommes – et accepter l’hypothèse pas si farfelue qu’une femme en sache long sur les tentes et les équipements d’escalade.

Le roi/La reine des bonnes affaires

Ou celui qui confond son magasin du coin avec le souk de Marrakech. Ce client pense que tout se négocie, mais c’est parce qu’il n’a pas rencontré notre ami Simon, vendeur, qui explique : «  Dans le commerce de détail, nous sommes fiers de notre service client car c’est notre seul atout face à la vente en ligne. Il n’y a rien de plus frustrant que de passer une heure avec un client, de lui montrer en détail toutes les pièces d’équipement dont il a besoin, puis d’entendre « Vous me le feriez pour 150 euros de moins? ». Spoiler : plus il insiste, moins il a de chance d’avoir une réduction. Un géant de la distribution ne lui aurait jamais consacré le temps qu’un petit commerçant lui a offert, alors une réduction… C’est une blague ? Morale de l’histoire : vous nous payez aussi pour que nous vous consacrions du temps, il est temps de réaliser cette énorme différence ».

Monsieur ou Madame « J’en sais autant que vous »

Sous-prétexte de se renseigner, l’individu en question ne rêve que de se lancer dans une joute verbale avec l’un des employés afin de prouver sa connaissance supérieure. Là encore, Simon, notre ami vendeur,  a un message pour lui : « Ils viennent parfois seuls, ce qui est inquiétant, mais le plus souvent ils amènent un ami pour l’impressionner. On est ravis qu’ils aiment le sport – on l’adore aussi – mais, s’ils viennent pour prouver à leur entourage qu’ils sont calés, au moins qu’ils nous offrent le café pendant qu’on s’assoit dans un coin. Il existe aussi la configuration du novice emmenant son « meilleur ami expert », qui vérifie tout ce que vous lui dites avec ce dernier. A moins que vous ne rentriez dans le magasin suivi d’Alex Honnold, vous pouvez sans doute faire confiance au vendeur du rayon escalade. »

Le/La professionnel(le)

Celui-ci a pour une raison quelconque un lien ou un plan avec une marque d’équipement outdoor. Comme quiconque avec un tarif préférentiel le sait, la dernière chose à faire est de le clamer chez un détaillant… Pourtant, Simon nous confirme que certaines personnes ressentent le besoin irrépressible de briser la règle. Si vous demandez de l’aide à un personnel compétent, trouvez le produit exact et concluez par « Merci, mais j’ai un tarif préférentiel avec la marque », vous mettrez la patience du vendeur le plus adorable à rude épreuve. Si le client croit que cela se fait, il se trompe. S’il pense nous impressionner, il se trompe. Honnêtement je préfèrerais que vous mentiez et finissiez notre rencontre par un « Il faut que j’y réfléchisse un peu plus ». Au moins je ne serai pas énervé pour le reste de la journée. »

Celui/Celle qui arrive 5 minutes avant la fermeture

Dans la restauration, rien n’est plus irritant qu’un client arrivant dans un restaurant vide ou presque dix minutes avant la fermeture et entame son dîner pendant qu’une demi-douzaine d’employés fait le pied de grue. Les vendeurs n’ont certes pas de table à nettoyer et de vaisselle à faire avant de rentrer chez eux. Mais quand un client rentre cinq minutes avant la fermeture et fait ses emplettes pendant 25 minutes, il ne se fait a priori pas de nouveaux amis dans l’équipe.

Monsieur ou Madame « j’aimerais avoir des pieds plus petits »

Vos pieds ne vont probablement pas rétrécir. Si vous faisiez du 43 l’an dernier, il est éminemment improbable que vous chaussiez du 39 cette année. A la limite du 42. Mais gagnons du temps tous ensemble, en ne ne le perdant pas à forcer nos pieds dans des chaussures bien trop petites juste parce qu’on trouve ça plus joli.

Le/la coordinateur(trice) obsessionnel(le) des couleurs

Les chaussures doivent être de la même couleur que les skis,  ou le pantalon de ski, ou les lunettes, ou les trois. Version printemps/été : le sac à dos de randonnée doit être parfaitement assorti aux chaussures.

Celui/Celle qui se doit d’avoir ce qu’il y a de mieux

Il a de l’argent, et bien qu’il n’ait jamais skié ni fait d’escalade ou quoi que ce soit avant, il veut le dépenser. Peu importe que les skis les plus chers du magasin ne soient pas adaptés à son niveau, ou que le sac à dos à 450 euros ne lui aille pas – à l’inverse de celui à 250 – ou encore qu’un VTT à 7000 euros soit très exagéré pour quelqu’un qui n’a jamais roulé sur un sentier. Il prend le meilleur équipement possible, point barre, et le vendeur ne s’en plaint pas. NB : le vendeur apprécie également de ne pas être celui qui lui apprendra à skier, ce qui risque d’inclure un débat sur le choix desdits skis.

Celui qui vient juste taper la causette

Tout le monde au magasin s’accorde à penser que ce client passerait de bien meilleurs week-ends en train d’utiliser son équipement outdoor au lieu de venir chaque samedi parler pendant des heures sans acheter quoi que ce soit.

Thèmes :

« Si j’avais su »… Confessions d’un accro de l’outdoor

Marc PeruzziMarc Peruzzi

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  • abonné

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