C’est ce qu’une start up écossaise, Intra Drive, est en passe de proposer. Son « plus » : ce combiné compact pour VAE comprenant un moteur et une boîte à huit vitesses est adaptable aux vélos conçus pour le Shimano EP8, il est donc facile intégrer par les fabricants de deux-roues sur un grand nombre de modèles, notamment à chaine ou à courroie. Une petite révolution qui répondrait aussi bien aux besoins des adeptes du VTT que du cargo, et qui pourrait sonner le glas du bon vieux dérailleur.
Tendance forte sur le marché du vélo à assistance électrique, le moteur à transmission intégrée - censé éliminer les habituels problèmes potentiellement rencontrés sur les vélos électriques - fait de plus en plus parler de lui. Il est porté par de grands noms tels que Valeo, Pinion, Driven ou même Decathlon (via son modèle LD 920 E à moteur Owuru) qui tous cherchent à améliorer le couple moteur/transmission des VAE. Mais il stimule aussi la créativité de start-ups, dont, tout dernièrement, l’écossaise Intra Drive, établie à Edimpbourg, dont le moteur éponyme à 8 vitesses intégrées présenterait de nombreux avantages selon ses créateurs.
De quoi s’agit-il exactement ?
Intra Drive a développé un moteur qui intègre dans son boîtier toute la mécanique pour proposer 8 vitesses, avec un étagement homogène du développement. Un système pouvant être associé à une transmission à chaîne ou à courroie. L’unité principale permet de se passer des dérailleurs et de la cassette avec ses pignons, elle respecte les standards actuels en matière d’encombrement, de poids et de performances des vélos électriques. La start up s’est focalisée sur le Shimano EP8, un format de moteur pédalier bien connu. Son moteur à vitesses intégrées fait donc strictement la même taille et peut être monté sur tous les vélos équipés et/ou compatibles avec ce moteur japonais. L’idée ici est de fournir aux fabricants de vélos un ensemble complet, comprenant également la batterie, l’afficheur à intégrer au guidon, les boutons qui commandent le changement des vitesses. Sans parler d’un service après-vente et d’un support utilisateur.
Quels en seraient les avantages ?
On l’a vu, l’un des principaux arguments d’Intra serait sa compatibilité avec les fixations pour moteurs Shimano EP8. Ce qui éviterait aux fabricants de nouveaux développements.
Autre point fort : ce combiné fonctionnerait également avec une chaîne ou une courroie, de quoi élargir encore son marché.
Dans la promesse aussi : trois niveaux d’assistance et une puissance pouvant aller jusqu’à 600 W avec un " couple élevé" selon le fabricant (non communiqué à ce jour). Le passage des vitesses (opérationnel également à l’arrêt ) n’est pas encore automatique, ce qui peut plaire à certains cyclistes souhaitant conserver la complète maîtrise. Mais quoi qu’il en soit, le passage des rapports s’effectuerait potentiellement en un dixième de seconde, tout en douceur, via une gestion électronique du système et à un actionneur électrique, selon l’entreprise qui précise que les 8 vitesses offrent une plage de développement de 470 %.
Autre argument avancé : la facilité d’entretien - ici, plus de cassette à nettoyer et à lubrifier. Et la durabilité : compte tenu de l’alignement parfait en permanence entre le combiné et le pignon en moyeu arrière, la chaîne serait moins soumise à l’usure, et donc d’une durée de vie potentiellement plus longue. Enfin, ce moteur serait simple à réparer, à mettre à jour et recycler. Autant de points qui restent bien sûr à vérifier.

Pour quels usages ?
Pour son Intra Drive, la startup voit large. Forte d’une plage de vitesses de 470 %, elle vise aussi bien l’usage urbain que le VTT en passant par le vélo cargo. Une déclinaison pour ces gros porteurs (mais aussi les triporteurs et autres quadricycles) étant actuellement en développement. Elle aurait la capacité de propulser des charges allant jusqu’à 400 kg, avec un arbre de transmission pouvant entraîner 2 roues simultanément.
Et la concurrence ?
Intra n’est pas seule sur le marché, elle en a bien conscience. Trois concurrents développant une technologie proche de la sienne serait dans son radar. Pas de quoi la stresser pour autant, affirme-t-elle, car, affirme la société : « Notre système s’adapte à des cadres déjà existants pour une mise sur le marché plus rapide ». Un sérieux argument en effet que semblent avoir entendu les investisseurs.

Cette société est-elle solide ?
La start up écossaise a déjà réussi à séduire plus de 243 investisseurs et à lever 327 967 £ (environ 378 145 euros ) sur la plateforme Crowdcube. Pas mal quand on sait qu’elle visait 250 000 £. Cette collecte s’ajoute aux 672 000 livres (770 000 euros) réunies via des subventions, les investissements de départ et les prêts accordés.
Où en est le production aujourd’hui ?
La production « Made in UK » devrait être lancée au troisième trimestre 2024 mais afin de montrer l’intégration du combiné moteur-boîte dans des modèles différents de vélos électriques, plusieurs prototypes ont déjà été fabriqués. Et si l’on en croit la start up, trois sociétés ( dont l’identité n’a pas été révélée) auraient déjà signé pour intégrer l’Intra Drive à certains de leurs futurs modèles, dont une marque produisant environ 15 000 vélos électriques par an. A suivre donc.

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