Version trail des fameuses Nike Vaporfly, l'Ultrafly, déjà repérée chez certains athlètes de la marque lors de la Western States, est la première chaussure de course sur sentier haute performance de l’équipementier américain. Son secret ? De la mousse ZoomX combinée à une plaque carbone Flyplate, une empeigne Vaporweave et surtout une semelle d’usure Vibram Megagrip, fruit de la collaboration de la marque avc Vibram, une première. Tentant, mais pas forcément tous terrains. Sans parler du prix…
Nike est présent sur le marché du trail depuis plus longtemps que n'importe quelle autre marque de chaussures, on se souvient en effet de ses premiers modèles apparus au début des années 1980. Mais, curieusement, bien qu'elle soit l'un des leaders en matière de course sur piste et sur route, sa gamme ne compte pas de chaussures de trail très performantes. Enfin, ça c’était jusqu’à ses derniers jours, jusqu’à l’apparition le 27 juillet de la Nike Ultrafly (250€). Un modèle qui met enfin la marque au niveau d'autres « super-chaussures » de trail.
Cette ultrafly est en effet dotée d'une plaque Flyplate en fibre de carbone incurvée, intégrée dans une semelle intermédiaire en mousse ZoomX hyper réactive, d'une tige légère en micromesh et d'une semelle d’usure Vibram dotée de crampons de 3,5 mm, avec un drop de 8 mm.

L'été dernier, Nike a mis à la disposition de ses athlètes, de quelques détaillants triés sur le volet, d'influenceurs et de médias, une version quasi définitive de cette chaussure. Les premiers testeurs ont signalé que le caoutchouc de la semelle extérieure n'était pas assez adhérent et que la semelle intermédiaire en mousse était trop souple et instable, en particulier au niveau du talon. Dans la foulée, la marque a donc tenu compte de ces commentaires pour améliorer son nouveau modèle. Bien que la nouvelle Ultrafly mise sur le marché le 27 juilllet ressemble à s’y méprendre à la version précédente, l’édition finale est équipée d'une semelle Vibram Megagrip Litebase et d’une semelle intermédiaire ZoomX enveloppée dans un tissu mesh fin et résistant de quoi assurer une meilleure stabilité.
L'Ultrafly est presque une chaussure à amorti maximal - 38,5 millimètres de mousse et de caoutchouc sous le talon et 30 millimètres sous l'avant-pied - ce qui la rend assez confortable pour courir de longues distances, mais aussi assez légère et agile pour courir vite. La mousse ZoomX, que l'on retrouve dans les chaussures de marathon haut de gamme Vaporfly et Alphafly de Nike, est incroyablement réactive. De plus, l'avant-pied bas procure une bonne sensation proprioceptive du sol, ce qu’apprécieront particulièrement les coureurs rapides sur des virages serrés.
Concurrencer The North Face, Salomon, Hoka et New Balance
L’arrivée de ce nouveau produit ne doit rien au hasard : l'Ultrafly arrive précisément au moment où The North Face, Adidas Terrex, Craft, Saucony, Salomon, Hoka et New Balance ont lancé, ou vont bientôt lancer, des chaussures de trail running de haute performance intégrant ce fameux carbone qui a déjà révolutionné la course sur route et sur piste. Certes le débat sur la nécessité, ou tout simplement l’intérêt, d’une plaque de propulsion en fibre de carbone est loin d’être clos - comme toujours, cela dépend du terrain, du profil de parcours et des préférences de chacun – reste qu’on ne peut que constater que Nike s'est enfin placé dans le peloton de tête des chaussures de trail haute performance.
Chaque marque utilise sa propre stratégie pour modifier la plaque en fibre de carbone afin de l'adapter aux irrégularités de terrain propres au trail. On voit ainsi l’apparition de rails parallèles et indépendants ou de plaques qui se plient dans un sens et restent rigides dans l'autre. Nike a pour sa part choisi la forme d'une fourche à deux branches afin d’offrir plus de flexibilité et de mobilité. Plus courte que celle de la Vaporfly et de l'Alphafly, elle est ici conçue pour offrir un meilleur contrôle des mouvements latéraux.
L'Ultrafly s'adapte parfaitement à la taille du pied, avec un volume intérieur étroit-moyen qui s'ouvre à l'avant-pied pour laisser de l’espace aux orteils. L'empeigne est sécurisée par une languette finement rembourrée et un contrefort modéré au niveau du talon. La chaussure est légère (environ 300 grammes chez les hommes, 249 grammes chez les femmes), agile, énergique et stable sur les sentiers faciles à assez techniques, son terrain de prédilection.
On pourrait craindre que sa mousse, souple et réactive comme celle des « supers chaussures » de course de route de Nike, manque de fermeté, mais non, grâce à l’ajout d’un filet de nylon l'enveloppant étroitement. A l’avant-pied, son profil large assure une certaine stabilité (surtout par rapport à la version de l'année dernière) sur les terrains hors courbes.
La semelle Vibram, un vrai "plus"
Mais, comme on s’en doutait, ce modèle est un peu moins à l'aise sur les sentiers techniques, bien qu’on puisse compter sur le caoutchouc de la semelle extérieure et sur la plaque intérieure pour vous protéger des rochers pointus. Par ailleurs, notons que la plaque fourchue semble réduire quelque peu le classique effet de bascule et que la tige en micromesh indéchirable est renforcée, certes, mais assez peu. Moins protégée encore : la boîte à orteils, ce qui peut vous rendre vulnérable aux abrasions latérales.
Enfin, l’intégration du caoutchouc de la semelle Vibram Litebase - même s'il n'est pas aussi adhérant que celui de la semelle Frixion de La Sportiva - représente une vraie amélioration par rapport à toutes les autres chaussures de trail de Nike. Au cours des dernières années, la marque n’a cessé d’améliorer sa gamme de chaussures de trail running, on l’a remarqué notamment sur les modèles Wildhorse, Kiger et Zegama, mais leur principal défaut a toujours été de ne pas offrir une traction optimale pour la course de haute performance. Nike a résolu ce problème avec l'Ultrafly en s'associant pour la première fois avec Vibram, ce qui en fait la meilleure chaussure de trail légère et rapide de sa gamme depuis l’Air Tupu en 2002-2003.

Comparée aux autres chaussures de trail à fibre de carbone disponibles sur le marché, l'Ultrafly se situe quelque part entre la Hoka Tecton X 2, stable et durable, et la Summit VECTIV Pro de The North Face, légère et exceptionnellement propulsive. Un détail également, bien que l'apparence n'ait rien à voir avec la performance, l'empeigne et la semelle intermédiaire d'un blanc éclatant au sortir de la boite deviennent forcément ternes et sales après la première sortie.
Tyler Green, Nienke Brinkman, Brittany Peterson, Matt Daniels, Addie Bracy, Drew Holmen et Erin Clark, athlètes d'élite de Nike, portent des prototypes de l'Ultrafly depuis deux ans. Tyler Green en a adopté une paire cette année (un modèle personnalisé sans plaque) pour la Western States 100 où il a décroché deuxième place.
Enfin, détail qui n’en n’est pas un : l'Ultrafly n'est pas vraiment bon marché. En fait, avec un tarif de 250€, on peut la trouver carrément hors de prix et se demander s’il est bien nécessaire d’avoir une chaussure aussi performante plutôt qu’une paire de chaussures légères et polyvalentes non plaquées comme l'Altra Superior (130 €), la Saucony Peregrine (140 €), la Salomon Ultra Glide 2 (150 €) ou la Nike Zegama 2 (160 €) - et d’investir la différence dans d'autres équipements de course.
Conclusion : L'Ultrafly est une chaussure performante de premier ordre offrant vitesse, agilité, amorti et propulsion. Si vous souhaitez vous entraîner et courir à un rythme soutenu, c'est la chaussure à ajouter à votre équipement… à condition de vous concentrer sur des parcours fluides. Car ses petits crampons assez éloignés les uns des autres la rendent moins adaptée aux terrains très gras ou techniques.
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