Jamais un forfait de ski journée n’avait été vendu aussi cher ! Fin janvier, à Snowbowl, aux Etats-Unis, les skieurs ont dû débourser 300 $, soit environ 285 €, pour dévaler la poudreuse d’Arizona. Un montant exorbitant, conséquence directe de la tarification dynamique, un principe qui applique la loi de l’offre et de la demande. Un modèle ayant fait une entrée peu remarquée sur le sol français en 2019, toujours en vigueur à ce jour dans certaines stations alpines. Explications.
La barre symbolique des 300 $ le forfait de ski journée vient d’être franchie aux Etats-Unis. À Snowbowl, un domaine skiable de taille modeste situé en Arizona, au nord de Flagstaff, il fallait, au cours du week-end du 21-22 janvier 2023, débourser 309 $ (285 €) pour profiter, le temps d’une journée, des huit remontées mécaniques et des 55 pistes de la station. Un montant déroutant surtout si on le compare aux prix en vigueur en France - en raison de l’inflation, les forfaits les plus chers avoisinent les 70€.
Le prix des forfaits varie en fonction de la demande
Aucun doute toutefois sur les excellentes conditions de ski à Snowbowl. 170 centimètres de neige tombés au cours des sept derniers jours pour un total de 400 cm. Le domaine skiable semble être en bonne voie pour atteindre sa moyenne annuelle de 260 cm de neige. Mais un forfait de ski journée à plus 300 $, n’est-ce pas un peu excessif ? À titre de comparaison, à Vail, l’une des plus grandes stations de ski du monde, également située aux Etats-Unis, dans le Colorado, le tarif était au même moment de 265 $ (245 €). Un montant toujours exorbitant, mais rappelons que Vail possède un domaine skiable sept fois plus grand que celui Snowbowl, et presque quatre fois plus de remontées mécaniques que la station d'Arizona.
En réalité, tout s’explique par la tarification dynamique. Utilisée depuis longtemps dans les domaines des transports, de l’hébergement et des loisirs, elle permet aux vendeurs d'augmenter les tarifs lorsque la demande est élevée, pénalisant au passage celles et ceux qui n’auraient pas ou peu anticipé leur venue.
Un système vers lequel s'est peu à peu tournée l’industrie du ski. Aux États-Unis et au Canada, plus d’une centaine de stations ont déjà adopté la tarification dynamique. En Suisse, on en dénombre une vingtaine. Côté français, le modèle a fait une entrée peu remarquée en 2019, à Val Cenis (Savoie), rapidement rejointe par Avoriaz (Haute-Savoie) puis par les stations de Pralognan-la-Vanoise, de la Clusaz, d’Aussois, des Portes du Mont Blanc (Combloux – La Giettaz – Megève) et de la Vallée de Chamonix (les Houches, Chamonix, Vallorcine) notamment.

"Vos augmentations de prix sont une aberration"
À Snowbowl, les skieurs qui ont eu l'audace de vouloir dévaler les pentes de leur domaine skiable local après une journée de poudreuse ont donc dû en payer le prix. "Les forfaits de remontées mécaniques sont vendus en ligne selon un système de tarification par paliers, ce qui signifie que leur prix varie en fonction de la demande, a déclaré la station de ski au site Web Snow Brains au cours du week-end. Nous recommandons d'acheter les billets en ligne à l'avance afin de bénéficier de la meilleure réduction possible". Ainsi, à l'heure où bouclons cet article, le forfait pour aller skier en milieu de semaine en février dans la station arizonienne n'excède pas les 38 $ (35 €) - impossible de trouver aussi bas à Vail, peu importe le jour.
Des prix très alléchants à certaines périodes sont la garantie, pour les stations, d’attirer de nouveaux clients, férus de bonnes affaires. Au détriment des habitués. Les tarifs seront donc plus élevés pendant les semaines les plus fréquentées… mais aussi lors des jours de poudreuse. Ce qui n’est pas pour ravir les adeptes de Snowbowl.
"Dépêchez-vous d'augmenter vos prix et d'escroquer tous vos clients qui ne se sont encore pas procurés des forfaits avant l’arrivée des conditions", ironise un internaute. "Aucune journée de ski en Arizona ne devrait coûter plus de 100 $ (92 €), peu importe si vous avez une bonne neige ou non. Vos augmentations sont une aberration".
"Forfaits pour une famille de 4 personnes : 1 236 $ (1140 €), souligne un autre skieur. Sympa. Je pense que je vais plutôt aller à Telluride [station internationalement reconnue comme étant une destination de premier choix pour le ski et le snowboard, ndlr] et ainsi économiser 600 $ (555€).”
Si la tarification dynamique semble avoir sa place dans l'industrie du ski, visant notamment à désengorger les méga stations, ne risque-t-elle pas de limiter l’accès à une discipline déjà peu démocratisée, notamment dans les domaines skiables de taille modeste, terrains d’initiation de la prochaine génération de skieurs ?
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