Des lignes aux virages relevés entre les arbres, des kicks de terre compactés, des tremplins épousant le tracé naturel du sentier… De l'extérieur, une piste VTT, c'est simple. En fait, pas vraiment et rien ne relève ici du hasard et rien n'arrive sans efforts, explique Dillon Osleger, directeur général de la Sage Trail Alliance, l'une des plus grandes associations de gestion des sentiers au monde, basée en Californie.
C’est bien simple, à chaque fois que nous enfilons un casque et que nous enfourchons notre vélo pour suivre des singles ou des chemins de 4x4, nous donnons une certaines image des vététiste auprès des autres qui utilisent ces mêmes sentiers. Alors avant d'entrer dans le vif du sujet - se lancer dans le trail building - n'oubliez pas que les vététiste ont parfois mauvaise presse, la faute à quelques individus qui se croient seuls dans la nature et qui déboulent sans se soucier de qui que ce soit. Ils sont rares, heureusement, mais cela suffit parfois à ternir l'image de toute une communauté. Alors sur un sentier, on salue les gens qu'on croise, randonneur, traileur ou autre amoureux de la nature, et on n'hésite pas à les laisser passer. Ca n'a l'air de rien, mais ça peut changer leur regard sur nos pratiques et... faciliter la création ou l'extension d'un parcours, voire attirer de nouveaux riders !
Cela dit, vous voilà mordu et vous ne rêvez que d'une chose maintenant, pousser un peu votre passion pour le VTT en aménageant des parcours. Le plus simple à ce stade ? Intégrer une des nombreuses associations de gestion de sentiers existant en France. Vérifiez sur internet, demandez à votre mairie ou allez trainer dans un magasin de vélo du coin, il y en a certainement une près de chez vous. Vous y rencontrerez des passionnés comme vous et pourrez participer à des journées de bénévolat. L'occasion d'apprendre les bases de cet art et de vous faire de nouveaux potes. Outre le terrassement et autres travaux sur le terrain, toutes les compétences y sont bienvenues. Que votre truc soit de dessiner le logo de l'asso, d'étudier des plans, de faire des demandes de subventions ou de collecter des fonds. Toutes ces tâches permettent qu'un parcours existe et.. que de nouveaux voient le jour. Donc, si vraiment vous être accro, vous n'échapperez pas à l'étape du trail building. Et c'est tant mieux, parce que ça fait partie intégrante de la pratique. Alors, avant de vous lancer, voici quelques conseils qui, s'il m'avait été donnés quand je me suis lancé, m'auraient éviter quelques déconvenues et fait gagner pas mal de temps.
Pas de panique, aucune expérience n'est nécessaire
Venez avec un pantalon, un casque et des gants. Normalement, vous ne devriez pas avoir besoin de vos propres outils - les associations, ne connaissant pas l'état des outils des bénévoles et ne voulant pas qu'un manche se brise en pleine action, préfèrent généralement fournir les leurs. Précisons par ailleurs que toute structure qui organise des journées de bénévolat est assurée et dispose donc probablement d'une bonne réserve d'outils.
Attendez-vous à travailler, pas à passer l'après-midi à discuter
Sur le terrain, on entre vite dans le concret. On est tous là pour ça, histoire de pouvoir vite rouler et se faire plaisir. Cela dit, en général, après une bonne séance de trail building, on boit un coup ensemble. Ca crée des liens !
N'arrivez pas avec un but trop précis en tête
Votre journée est déterminée par le chef de chantier. Si ce jour-là, il vous dit que la journée est dédiée à la construction d' évacuations d’eau et à la réparation de dégâts causés par l’érosion, ne perdez pas votre temps à mettre au point dans votre coin un petit saut bien hard. Il connait le parcours, il sait ce qui est important/urgent, et ce qui l'est moins.
Ne modifiez pas les pistes d'origine
Si la piste d'origine ne comportait pas de sauts, de virages ou toute autre caractéristique particulière, ne les créez pas vous-même.
Soyez prudent, faites attention à ceux qui s'activent aussi sur le chantier
Pioches, pelles et autres outils tranchants sont à manier avec précaution. Vous ne serez pas forcément tout seul sur votre spot et jouer le virtuose à grandes embardées incontrôlées n'est ni efficace, ni sûr pour tous ceux qui auraient le malheur d'être dans les parages.
Profitez-en pour apprendre un maximum
Vous êtes novice, alors observez bien comment s'organise le chantier et n'hésitez pas à poser des questions : pourquoi le sentier serpente-t-il de cette façon ? À quoi sert une évacuation d'eau ici plutôt qu'ailleurs ? Comment l'environnement local détermine-t-il le sentier lui-même ?
Faites ce que vous pouvez, en fonction de vos moyens
Votre temps de bénévolat sera apprécié, soyez en sûr, car plus les bénévoles sont nombreux, moins la charge de chacun est importante. Mais comme dans toute association, outre votre sueur, si vous le pouvez, n'hésitez pas à donner aussi quelques euros pour compléter le budget de votre petite communauté, toujours en mal de fonds pour acheter du matériel.
Soyez patient
Aucun sentier n'a été construit en un jour, et quand bien même ce serait le cas, pas sûr que vous auriez envie d'y rouler. Même avec une équipe nombreuse, il n'est pas rare qu'on ne puisse construire ou réaménager que quelques centaines de mètres de pistes en une journée, et ce pour une bonne raison : prendre ce temps, maintenant, permet non seulement de vivre une meilleure expérience sur le vélo, mais aussi de s'assurer que vous n'aurez pas besoin de revenir dans un mois pour refaire le travail, correctement cette fois-ci.
Ne vous lancez pas tout seul
Après avoir appris une chose ou deux sur le terrain, on a souvent très envie de se lancer tout seul, là, tout de suite sur ce joli spot que vous avez repéré en forêt. Pas si vite. Gardez en tête que les parcours sont le fruit de la collaboration entre les propriétaires des terrains, qu'il s'agisse d'une mairie ou d'un propriétaire particulier, et des associations de vététistes locales. Si vous vous lancez dans des travaux sans autorisation préalable ni assurance vous vous exposez à des poursuites juridiques de la part d'éventuels usagers qui pourraient s'y blesser ou être tout simplement gênés par vos travaux, sans parler des dommages que vous pourriez ainsi causer à la faune et à la flore. Dommages passibles de lourdes amendes, voire de peine prison. Alors, si vous avez envie de réparer ou d'améliorer un sentier particulier, mettez-vous en contact à une association locale afin qu’elle organise avec vous une journée de travail dans la zone qui vous intéresse. Plus sûr et nettement plus fun, vous ne serez pas seul à terrasser !
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