Les conclusions sont accablantes. Publié mardi 13 avril, l’ International Report on Snow & Mountain Tourism - référence mondialement reconnue pour les données sur le tourisme des stations de ski - confirme, chiffres à l’appui, que l'industrie mondiale du tourisme de ski a connu en hiver 2019-2020 la pire de ses saisons depuis une vingtaine d'années. Mais tous les 68 pays étudiés n’ont pas été affectés de la même façon par la pandémie.
Globalement stable depuis deux décennies, la fréquentation des stations de ski en 2018-2019 s’était inscrite comme "la meilleure depuis vingt ans" au niveau mondial, selon le rapport international du tourisme de ski et de montagne de l'an passé publié par Laurent Vanat. Or, explique le spécialiste du secteur, gérant d'un cabinet de conseil, dans son édition 2019-2020 publiée hier, la saison 2019-2020 marque une rupture violente, on s’en doute, mais avec des impacts contrastés. Si en France, les ventes de forfaits ont baissé de 15% en 2020 par rapport à la moyenne des dernières années, le nombre de journées-skieurs a chuté plus encore au niveau mondial. Soit de 18% dans le monde entre octobre 2019 et octobre 2020, par rapport à la saison précédente.
Mi-mars 2020, écrit l'expert, la pandémie de Covid-19 a brutalement interrompu une saison qui avait "très bien commencé" dans les Alpes malgré un hiver particulièrement chaud en Europe. Devant la propagation rapide du virus, la quasi-totalité des pays de ski - soit 67 pays dans le monde qui offrent des zones de ski extérieures enneigées - ont fermé leurs stations. Une fermeture qui a peu affecté les petites stations qui ont pu tirer leur épingle du jeu via le ski de fond, notamment dans le Haut-Doubs et le Haut-Jura qui ont enregistré une hausse de fréquentation de 45 à 50% cette saison 2020-2021 - mais qui s’avère une véritable catastrophe pour celles situées en haute altitude . Elles "ont perdu deux mois de saison" au printemps 2020, explique l’auteur. Premieres touchées, et le plus durement, les stations de l'Asie-Pacifique qui représentent 16% du marché mondial du ski. Là, la baisse du nombre de forfaits vendus s’élève à 31%, contre -15% en moyenne dans toutes les autres régions de la planète. La France se situant donc dans la moyenne générale.
Mais, depuis la fermeture des stations de ski dans la monde, à la mi-mars 2020, explique l’auteur, « le niveau et la durée du confinement ont varié d'un pays à l'autre. Le Japon, l'Islande et partiellement la Suède ont été les seuls pays où l’on pouvait encore pratiquer le ski de piste pendant la pandémie. Les gouvernements de ces pays n'ont pas jugé nécessaire de fermer les stations de ski. Finalement, certains domaines skiables chinois ont réussi à rouvrir fin mars 2020 grâce à un contrôle strict de la pandémie. » Résultat, en Chine, "ça ne s'est pas mal passé du tout", tout comme aux Etats-Unis, précise-t-il.
Pour la saison actuelle, c'est "la grande inconnue", note Laurent Vanat, "il est difficile de faire encore aujourd'hui un pronostic", mais l’expert prévoit "une catastrophe totale" en France, l'un des rares pays avec l'Italie et l'Allemagne à avoir fermé ses stations. Privés de remontées mécaniques mais aussi de restaurants, bars et piscines couvertes, de nombreux Français ont renoncé à réserver leurs vacances dans les domaines skiables. « En Pays de Savoie, les résidences de tourisme ont perdu en moyenne 80% de leur chiffre d'affaires, selon Patrick Labrune, président du syndicat national des résidences de tourisme », interrogé par France Bleu. En Savoie et Haute-Savoie, seuls 30% d'hébergements occupés pendant les vacances d'hiver, contre 80% habituellement, rapporte Savoie Mont Blanc Tourisme.
La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€









