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Maternité

Enceinte depuis plus de 8 mois, Audrey Tanguy court toujours, malgré les préjugés !

Audrey Tanguy entrainement enceinte

Coralie Havas Coralie Havas

  • 15 juillet 2024
  • 5 minutes

À deux semaines du terme de sa grossesse, Audrey Tanguy n’a toujours pas arrêté de courir. La traileuse, double vainqueure de la TDS (145 km ; 9100 D+) en 2018 et 2019, vient de boucler un petit défi personnel : faire 7000 D+ par semaine jusqu’à la fin de son 8e mois de grossesse. Impressionnant. Mais quand on en discute avec elle, on comprend qu’elle a tout simplement continué de faire ce qui l’anime depuis l’enfance : courir en montagne. Tout simplement. Ce que les professionnels de la santé qui la suivent approuvent pleinement.

C’est depuis les sentiers savoyards qu’Audrey Tanguy a répondu à nos questions. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à huit mois et demi de grossesse, elle est pleine forme. Physiquement d’abord. Mais aussi mentalement. Parce que depuis qu’elle est enceinte, la traileuse a décidé de se faire confiance. Plus que jamais. Faisant fi des remarques et des préjugés, elle a donc suivi son envie de continuer de courir, en gardant un sacré volume mais avec quelques adaptations tout de même. Une belle reconnexion avec la coureuse qu’elle a toujours été, la gamine de 10 ans qui aimait crapahuter en montagne. "Sans aucune pression de compétition ou de chrono", nous raconte-t-elle.

Être active pendant ta grossesse, c’était ton intention dès le départ ? 

Plus ou moins. Disons que je voulais faire les choses en fonction de mes ressentis. Et comme je n’avais jamais été enceinte, je voulais voir ce que j’étais capable de faire. Ma volonté première, c’était de ne pas écouter ce que disent les gens, exception faite des professionnels de santé bien-sûr. Je voulais juste voir ce qui me convenait. Sans mettre en danger la vie de mon bébé, ni la mienne. 

Je suis partie du principe que l’on est tous différents. Il y a des femmes qui à partir du deuxième mois sont contraintes de rester alitées. Ca pas du tout été mon cas. Je voulais prendre en considération mes ressentis, et surtout bien m’écouter. Résultat ? J’ai toujours été en pleine forme depuis le début de ma grossesse. Mon bébé a toujours eu une croissance normale, je n’ai jamais eu de grosses douleurs, et aucune contraction. Je n’ai pas pris beaucoup de poids, donc la charge était moins importante. Mais ça, ça dépend des gens, bien sûr. 

Audrey Tanguy entrainement enceinteAudrey Tanguy entrainement enceinte

Tu t’entraînes quand-même moins qu’avant d’être enceinte ? 

Disons que je fais les choses différemment. Ce n’est pas moins en termes de quantité. Parce que jusqu’à la fin du 8e mois, j’étais au moins à 100 bornes par semaine, et 7000 D+. Soit presque plus que ce je faisais avant d’être enceinte. Par contre, je n’ai jamais mis d’intensité. L’intensité, j’ai toujours eu du mal avec ça à l’entraînement. Ça me flingue très vite. Par contre, courir deux heures par jour en montagne, ça stresse beaucoup moins mon corps, puisque je fais ça depuis toujours.

Personne ne m’a conseillé là-dessus. D’ailleurs, Marion Delespierre [championne du monde de trail long en 2023, ndlr], l’une de mes copines, a fait l’inverse. Elle a gardé de l’intensité au début de sa grossesse, parce que c’est quelque chose qui lui parlait davantage. […] Et comme j’avais envie de faire uniquement ce qui me plaisait pendant ma grossesse, c’était une très bonne excuse pour ne pas faire ce genre de séance. D’autant que c’est quelque chose de violent pour moi, je ne me sentais pas de le faire. 

Face à un tel volume, que t’ont dit les professionnels de la santé ? 

Il s’avère que le mari de ma gynéco est le médecin de la fédération française d’athlétisme. Elle est donc très ouverte sur l’idée de la pratique du sport pendant la grossesse. Je lui ai dit que je courais. Mais elle ne m’a jamais demandé la quantité. Ne m’a jamais mis de frein non plus. Elle m'a dit que tant que tout allait bien, il n’y avait pas de problèmes. Que si je ressentais des contractions, je devrais me calmer, me reposer. Mais comme ça n’a jamais été le cas, je me suis écoutée.

Et du côté ton entourage, y a-t-il eu des réticences ? 

Je suis très proche de ma maman. C'est elle qui m’a initiée à la course à pied. Elle court tous les jours depuis quarante ans, à hauteur de 2h par jour. Et donc, elle est à fond avec moi. Elle a aussi eu des grossesses très faciles. Elle m’a rassurée vis-à-vis de mes choix. [...] Par contre, mon beau-père a un peu plus d’appréhension. Il n'aime pas me voir partir courir. Et puis, il y a toujours ces croyances, que les femmes enceintes ne doivent pas faire de sport. […] J’ai décidé de me faire confiance. Je voulais me calmer au 9e mois. Sauf qu’en fait, je vais beaucoup mieux quand je cours. Ça me détend, et j’ai l’impression que c’est pareil pour le bébé. Mon ventre se détend quand je cours. Je me sens beaucoup mieux. Physiquement et psychologiquement. 

Quelles sont les sensations de course enceinte ? Ça n’a pas été trop difficile de t’y adapter ? 

Elles sont différentes, forcément. L’avantage, c’est que je n’ai jamais arrêté de courir. Donc disons que je m’y suis adaptée. J’ai tout de même eu une sensation d’essoufflement beaucoup plus rapide, et ce dès le début de la grossesse. Il y a le poids déjà. Puis la place que prend le bébé, l'impact sur les organes. Tout est comprimé. En côtes, ça se sent plus vite. Mais je ne suis pas pour autant passé sur du plat. Parce qu’enceinte ou non, il m’a toujours été plus facile de faire du dénivelé que des grandes distances à plat. Ce qui est normal, parce que j’ai grandi en Savoie. 

Au fur et à mesure des semaines, s’est ajoutée la notion de pesanteur. Parce qu’on le sent bien le bébé ! Alors oui, c’est beaucoup plus dur. Mais quand on ne s’arrête pas, on progresse. Et on peut continuer. Au niveau de l’équilibre, c’est pareil. En descente notamment, il faut s’habituer. Il faut trouver de nouvelles sensations. Toujours de manière progressive. 

N’as-tu pas vécu quelques moments de frustration du fait de ne pas faire de compétition, et de délaisser la notion de performance ? 

Je cours pour le plaisir. Et c’est que je préfère, depuis toujours. Je n’ai jamais eu besoin d’avoir un objectif pour aller sur les sentiers. Et si je n’en ai pas, c’est encore mieux. Parce que je peux aller au rythme que je veux, je n’ai pas de pression. Ne pas avoir de compet’ est mon plus grand plaisir. Et quand j’ai vu que je pouvais continuer à courir, mon défi c’était de continuer à faire le même dénivelé en ne faisant pas le même poids. Ça m’allait très bien. 

Tu ne devrais pas tarder à accoucher. Tu as déjà pensé à la suite ? 

Là, pour l’instant, tout va bien. Mais après l’accouchement, il va me falloir je pense faire un peu plus attention, au niveau du périnée notamment. Donc je vais bien faire ma rééducation et voir aussi comment mon corps se comporte après l’accouchement.  

J’aimerais bien faire la Western States l’année prochaine. Mais ça risque d’être compliqué d’avoir un dossard. Bon, après, je n’ai pas encore mon bébé, donc je ne veux pas mettre la charrue avant les bœufs. Parce que je ne sais pas comment je vais réagir par la suite. Mais si j’en ai envie et que je suis en forme, je vais peut-être essayer de faire les Templiers [à la Toussaint, ndlr] pour avoir un ticket pour la Western States. J’ai aussi envie de faire les 90 km du Marathon du Mont Blanc et une course de l'UTMB. Mais les objectifs sont encore flous. Je pense que j’aurais envie de reprendre la compet’. Je ne suis pas certaine toutefois de reprendre un entraîneur par exemple. Parce que je me rends compte que lorsque je fais comme j’en ai envie, ça me va quand-même très bien. J’aime beaucoup ça. Je suis plus heureuse. 

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