Cette année, en ski alpinisme, les Français raflent tout, avec des athlètes très discrets, passionnés et focalisés sur ce sport en pleine croissance. Dernière démonstration en date, la victoire d’Axelle Gachet-Mollaret ce mercredi sur la course individuelle et la 2e place de William Bon Mardion lors de la Coupe du monde de Flaine. Pourtant, à quatre ans des Jeux de Milan, tout reste à écrire. Et si certains athlètes, comme Kilian Jornet, ont déjà exprimé quelques réticences à l'égard de cet événement, impulsion olympique oblige, nous suivons déjà de près l’évolution de cette discipline.
Sport de montagne incontournable consistant à évoluer sur itinéraires hors-piste en skis équipés de peaux de phoque ou, si la pente est trop raide, avec les skis dans le sac, le ski-alpinisme sera représenté par les 48 athlètes (24 hommes et 24 femmes) qualifiés, annonçait en juillet 2021 le CIO. Une intégration qui s’inscrit dans une logique de modernisation des épreuves, notamment depuis l’inclusion du skateboard, de l’escalade et du surf aux JO de Tokyo 2021. "Les places seront chères. Je vois cela comme une opportunité de booster un peu le circuit. Les athlètes mettront peut-être plus de moyens pour se préparer. […] C’est important pour avoir de la crédibilité aux yeux des administrations et des sponsors" nous explique Xavier Gachet, 3e aux championnats du monde, ce week-end.
Inscrire le ski-alpinisme aux Jeux a-t-il du sens ?
La question s’était posée sur le surf. Difficile de s’assurer des bonnes conditions - la disicipline avait d'ailleurs fait une entrée tristement remarquée à Tokyo où petites vagues et vent très fort avaient pimenté la compétition. Pour en revenir au ski-alpinisme, l’interrogation ne semble pas avoir été soulevée. Pourtant, certains athlètes, comme Kilian Jornet, ont montré quelques inquiétudes vis-à-vis de l’évolution de la discipline : "J’espère que l'aspect alpinisme, le cœur de ce sport, ne disparaîtra pas sur le chemin de l’olympisme". La même question s’était posée avec l’escalade, ce qui n’avait pas empêché les réfractaires, Alexander Megos et Adam Ondra entre autres, de participer aux JO.

Quels formats seront proposés ?
"Il apparaîtrait que les athlètes se sélectionneront pour les trois épreuves : sprint, relais, course individuelle" nous a précisé Florian Kunckler, directeur de la communication à FFME. Ainsi, de nombreux sportifs, comme Xavier Gachet ou encore Axelle Gachet-Mollaret devront se mettre au sprint, une discipline intéressante, les obligeant à être performants dans les manipulations et être capables d’apporter de l’intensité dans les relances, très utile pour les courses de plus longue distance.

Côté français, qui pourrait y décrocher des médailles
Quatre Français, deux hommes et deux femmes seront sélectionnés pour les Jeux de 2026. Chez les hommes, on pourra certainement compter sur Xavier Gachet pour qui la course individuelle est l’essence du ski alpinisme. Cette année, il signe d'ailleurs sa meilleure saison (2e à la Pierra Menta, 3e aux championnats du monde). Quant à sa compagne, Axelle Gachet-Mollaret, après quelques années dans l’ombre de Laetitia Roux (qui a pris sa retraite en 2018), elle domine actuellement le circuit mondial depuis cinq saisons. C’est simple, sur les vertical race et sur l’individuel, elle part devant, reste devant et termine devant. S’il lui arrivé d’être, de temps en temps, talonnée par la Suédoise Tove Alexandersson, il est quand-même assez rare qu’elle soit challengée. Mais il y a de jeunes Français, comme Thibault Anselmet et Emily Harrop, qui arrivent forts, les places seront donc chères.


Comment s’entraînent les athlètes ?
"Ce sont des coureurs besogneux passionnés de ski alpinisme. Xavier s’entraîne à la frontale matin et soir. La journée, il travaille aux remontées mécaniques" nous a souligné Florian Kunckler. "Les approches de l’entraînement s’affinent, ça partait presque d’une feuille blanche il y a encore 5 ans. […] Ils ont beaucoup travaillé sur la théorie", précise-t-il. On peut ainsi voir un vrai élan - les Français et les Suisses venant bousculer la domination italienne. "C’est un sport qui se développe", explique Xavier. "Jusqu’à maintenant, on n’avait pas vraiment la possibilité de se professionnaliser. Quand on débute chez les jeunes, le temps d’avoir des résultats, de se faire connaître pour avoir des sponsors, c’est un peu compliqué", dit-il. Au programme : quatre sorties de ski par semaine, une en course à pied et un peu de travail de force en home trainer. L’été, c’est vélo et running. Au vu des conditions exigeantes de ce sport en pleine expansion, la préparation mentale semblerait être nécessaire, mais à ce jour elle n’est visiblement pas une priorité pour les athlètes. Mais tout peut encore beaucoup évoluer d'ici quatre ans.
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