Comment randonner toujours plus léger, sans sacrifier son confort et son sommeil… un vrai casse-tête. Au point que certains marcheurs, toujours en quête de solutions efficaces et peu chères, ont tout simplement recours aujourd’hui à une grosse éponge de nettoyage. Repérée au rayon auto ou bricolage des magasins spécialisés, elle remplacerait avantageusement les oreillers de voyage conçus pour le bivouac. Etonnant. Ca valait la peine de vérifier ce qu’il en était sur le terrain.
Parmi les sujets les plus discutés sur internet par les randonneurs, la question du poids du sac arrive en tête de liste. Sans surprise, les adeptes de l'ultraléger redoublent d'ingéniosité et de créativité à l’heure de gagner quelques grammes. Nous sommes donc allés faire un tour sur le web, et en parcourant le subreddit r/Ultralight nous sommes tombés sur un article préconisant l'utilisation d'une éponge de lavage de voiture comme oreiller. Franchement, nous n’y aurions jamais pensé tout seuls !
Outre le gain de poids, les « Redditors » affirmaient qu'une éponge pouvait être plus confortable qu'un oreiller de bivouac gonflable, sans parler de toute une série d'autre avantages, à commencer par la durabilité - il n'y a aucune chance en effet qu'une éponge fuie ou éclate. De quoi convaincre les randonneurs qui expliquaient que c’était la solution idéale, car leur équipement était si bien calculé qu’ils n’avaient pas la place d'y glisser la moindre polaire supplémentaire qui aurait pu leur servir d'oreiller de secours. Enfin, certains adeptes de l’éponge rappelaient qu’elle était multi-usages. Argument plus discutable, car, on voit mal qui voudrait reposer sa tête dessus après avoir nettoyé sa tente avec.
Pour en savoir plus, nous avons filé dans une magasin de bricolage, investi dans une éponge, gonflé un matelas et tenté de faire une petite sieste. Voici nos conclusions.
La question (essentielle) du poids
En ce qui concerne l'allégation initiale : le gain de poids, l'éponge de lavage de voiture « fait indiscutablement le job ». Mon oreiller de voyage, que je glisse depuis des années dans mon sac, pèse 220 grammes. On en trouve certes de plus léger encore, mais mon modèle entre dans la moyenne des produits disponibles sur le marché. Mon éponge, elle, ne pèse que 54 grammes.
L’encombrement
L'avantage des éponges est qu'elles se compriment, mais mon fidèle gonflable l'a emporté dans cette catégorie. Une fois soigneusement plié, il est réduit à la taille d'un kiwi, tandis que l'éponge, bien que compressible, occupe encore le volume d'une pomme.
Et le prix
L'éponge est, on s’en doute, la grande gagnante ici. Nous l'avons payée 4,90 €, mais on peut facilement en trouver de moins chère, en-dessous de 2€. Les « oreillers de randonnée » quant à eux, coûtent entre 8 euros pour les modèles bas de gamme à 35-40 euros pour les plus chers, certaines marques en proposant même à 50 euros. Pour les petits budgets, l’éponge s’impose donc.
Oui, mais quid du confort ?
Un « oreiller » ultraléger à 5 euros, aussi peu cher soit il, n'a d'intérêt que si on peut passer une bonne nuit de sommeil avec, et c'est là que nos vrais tests commencent. Bien que notre (méga) éponge ait environ la moitié de la surface d'un oreiller gonflable, elle est suffisamment grande pour supporter une (petite) tête, même en se tournant en tous sens. Question hauteur, les deux produits sont quasiment comparables, bien que l’oreiller gonflable ait environ 2 cm de plus, une fois gonflé à bloc. Mais, par expérience, on sait qu’il perd un peu de son volume au cours de la nuit. Ceux qui dorment sur le ventre et qui apprécient donc les oreillers plats, trouveront sans doute l’éponge un peu trop ferme à leur goût.
Par ailleurs un oreiller de bivouac est modulable : on peut ajuster sa fermeté en le dégonflant un peu si besoin. Cela dit, on imagine que l'éponge se ramollit un peu après quelques utilisations, sans compter que vu la pléthore de modèles en vente, on en trouve facilement une à son goût. Mais c’est une arme à double tranchant : ce n'est sans doute qu'une question de temps avant que l'éponge ne devienne trop molle et n'offre plus assez de rembourrage. Problème qu’on ne rencontrera pas avec un oreiller de voyage… sauf à le percer.
Notre éponge était relativement confortable, une fois allongé sur le ventre ou sur le dos, mais pas autant que le modèle gonflable. Sur le côté, nous l’avons placée entre le bras et la tête pour avoir un peu plus de hauteur. Doublée en microfibre, notre modèle, relativement sophistiqué, était doux, mais sur un modèle plus basic, on ne pourra que conseiller de l’envelopper dans un Buff par exemple, ou un autre matériau doux, plus agréable sur la peau.
Qu'en conclure ?
Après une journée épuisante sur le sentier, on peut donc imaginer passer une bonne nuit de sommeil sur « l'oreiller en éponge ». Reste qu’à l’issue de ce test, nous n’abandonnerions pas notre oreiller gonflable. Mais les randonneurs qui ne seraient pas encore équipés, ou dont le budget serait limité, n’ont rien à perdre à miser sur la solution de l’éponge. Au contraire !
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