Une hausse de 63% par rapport à mai 2021 : c’est ce qu’enregistre ce mois-ci la plateforme du Parc naturel gérant sur l’île les nuitées en refuges. Du jamais vu. Une tendance qui pourrait accélérer la mise en œuvre de plusieurs solutions visant à réguler le trafic afin de préserver l’un des plus beaux sentiers de France. A commencer par l’instauration de quotas. Mais pas que.
« L’été est loin d’être terminé, mais nous avons déjà battu le record historique de fréquentation », annonçait déjà en août 2021 Jacques Costa, président du parc naturel régional de Corse (PNRC). Sur le GR20, mythique sentier de randonnée de 180 km (13 000 D+) traversant l’île du nord au sud généralement parcouru en 16 étapes, le nombre de randonneurs venait de dépasser la barre très symbolique des 100 000. Le parc calculait alors une hausse de 25% par rapport à 2019, une année qui avait déjà battu des records. Moins d’un an plus tard, les chiffres officiels, et complets, sont là : ce sont 130 000 personnes qui ont parcouru le GR20 entre mai et octobre 2021.
Effet Covid bien sûr, soif générale de nature et d’espace, randonneurs cantonnés à l’Europe, faute de pouvoir s’envoler plus loin, les randonneurs sont chaque année plus nombreux. Une tendance déjà amorcée ces dernières années, mais qui suit une évolution exponentielle. Au point qu’en 2020 la Corse, lançait une vaste enquête afin de mieux cerner le phénomène et surtout d’éviter la surfréquentation.
Elle en tirait un état des lieux intéressant. S’appuyant sur les chiffres de 2019, elle relevait notamment que certains sites étaient déjà surfréquentés. A commencer par Grotelle où le 14 août 2019 on comptait pas moins de 1400 personnes ! Le profil des randonneurs ? Pour la plupart de bons marcheurs, partant pour plusieurs jours. Une majorité de Français, mais aussi 23% d’étrangers, en quête d’une approche sportive sur ce sentier mythique réputé pour sa difficulté. Autonomes, 99% ne prenaient pas de guide. Pas ou peu licenciés ( à l’exception des Allemands ! ) et plus de la moitié ( 57%) envisageait de faire le sentier dans son intégralité. Aussi c’est sans surprise qu’on apprend que 86% d’entre eux sont logés en tente, gites et surtout en refuges. Des sites confrontés à une affluence record qui ne devrait pas chuter cette année, si l’on en juge par les chiffres de la plateforme de réservation des nuitées du PNRC. "Entre le 6 mai 2021 et le 6 mai 2022, la différence, c'est 63 % d'augmentation", apprenait-on il y a quelques jour dans Corse Matin. Véritable baromètre de la fréquentation du sentier, ce site permet de programmer et de sécuriser ses nuitées à l’avance dans l’un des 13 sites et son usage est fortement encouragé par le parc. Réduction de 5€ pour toute nuité en refuge ou bivouac réservée en ligne, annulation sans frais au plus tard un mois à l’avance, possibilité de modifier ses dates. De quoi faciliter la réservation mais aussi et surtout mieux maîtriser les flux sur un sentier qui désormais n’a plus vraiment besoin de faire de promotion pour attirer le randonneur. Au contraire.
Si la Corse ne va pas ( encore ?) jusqu’à s’aligner sur Marseille qui a lancé une campagne d’information présentant non les charmes de ses sublimes calanques mais ses désagréments en période de pics de fréquentation, la Corse ne court plus après les visiteurs. Car l'enjeu, plus que jamais, c’est de faire face à la surfréquentation. De là, à instaurer des quotas d’accès au GR20? L’idée, d’année en année revient sur la table et ne semble plus si folle. Rappelons qu’en février 2021 Marseille évoquait cette idée, présentée comme une « piste de réflexion » et qu’il ne lui fallut qu'un an pour la mettre en œuvre. Un système de réservation étant mis en place dans certaines calanques. A titre d’essai dans un premier temps. Mais qui pourrait, on s’en doute, s’étendre à d’autres si la situation l’impose.
On n’en est pas là en Corse, mais l’idée n’est pas écartée. Cela dit, le territoire corse est vaste et d’autres options sont possibles pour désengorger le GR20. A commencer par rappeler aux randonneurs que d’autres sentiers existent sur l’île, moins connus mais superbes. Une perspective plutôt enthousiasmante !
Quand partir sur le GR20 ?
Si la météo vous incite à partir en Corse entre début Juin et mi-Septembre au maximum, nombre de randonneurs écartent d’office la période Juillet / Août pensant fuir la fréquentation maximale du GR20. Hors, contrairement à ce que beaucoup imaginent, ce sont les mois de Juin et de Septembre qui connaissent le plus haut pic de passages, explique le site Objectif GR20. Nettement plus calmes ( mais aussi plus chauds) : les mois de juillet et août où le Parc Naturel Régional de Corse dénombrerait seulement 30 à 40 têtes par refuge et par soir contre environ 200 sur les mois les plus prisés. Un paramètre à prendre à compte avant de réserver un gite, ce que nous vous conseillons fortement pour éviter toute mauvaise surprise.
Pour réserver votre gite sur le sentier, c’est ici.
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