170 km, 12 690 D+, 35h50… Hier, mardi 14 juin, l’Annécienne Anne-Lise Rousset, imposait sa marque sur le sentier réputé être le plus dur d’Europe, le GR20. Une performance d’autant plus impressionnante qu’il y a moins d’un an, le 4 juillet 2021, elle donnait naissance à son fils Faustin. Son secret ? Un entraînement post-partum et spécifique mais aussi une préparation mentale reposant sur une équipe solide, explique la jeune femme de 33 ans lors de la conférence de presse qu’elle vient de donner en début d’après-midi.
C’est la première fois qu’elle courait plus de 100 km
Son plus long trail, avant le GR20, c’était la CCC (100 km ; 6 100 D+). « Je n’ai jamais passé les 100 bornes. […] Dans l’absolu, je ne savais pas comment j’allais réagir ». Impressionnant au vu du record qu’elle vient de pulvériser ! À ce propos, quand on discute temps avec elle, Anne-Lise affirme que son but était « d’arriver au bout » du GR. À ses yeux « rien n’était gagné », même si Adrien Séguret, son mari et entraîneur, lui répétait qu’elle avait les capacités de passer sous la barre des 36 heures. « Je n’ai pas regardé ma montre. Je n’avais que les indications données par les pacers » explique-t-elle.




À 8 mois de grossesse, elle s’entraînait encore
Autre point notable : Anne-Lise a un petit garçon de 11 mois. Ce qui, niveau timing, laisse peu de temps pour préparer un tel record. À ce propos, Adrien Séguret, son entraîneur, nous a expliqué qu’elle a couru jusqu’à son huitième mois de grossesse. Afin de ne pas trop traumatiser le bébé, elle s’est entraînée en station, montait en mode trail et descendait en téléphérique. Un pari gagnant !
Un gros travail de musculation post-partum
Après l’accouchement, Anne-Lise est retournée très rapidement à l’entraînement. Toutefois, il ne fallait pas brûler d’étapes ni négliger certains points, notamment, la rééducation du périnée, nous a expliqué Adrien. C’est pourquoi, la traileuse a dû attendre avant de reprendre la course à pied. Ainsi, avant de retourner fouler les sentiers, elle a fait un gros bloc de préparation physique en salle.
Des entraînements axés autour des spécificités du GR20
Une fois remise de sa grossesse, Anne-Lise Rousset a repris l’entraînement par un cycle de vitesse, dans l’objectif d’augmenter sa VMA, lui permettant de relancer sans trop difficulté sur les (rares) plats du GR20. Suite à cela, elle a suivi un entraînement spécifique, focalisé sur l’amplitude musculaire (au vu des grosses dalles présentes tout au long du sentier) et sur les appuis désaxés, indispensable au vu de la technicité de cette longue balade. S’en est suivi un gros bloc de foncier, sur l’Île de Beauté. Au programme : le trail Napoléon (45 km ; 2 060 D+), le GR 20 (deux fois) puis un bon repos avant d’enchaîner sur la tentative de record, sur laquelle elle est arrivée en plein dans son pic de forme.
Une préparation mentale minimaliste
Si Anne-Lise affirme ne pas avoir suivi de préparation mentale à proprement parler, elle explique tout de même avoir mis en place des petites choses qui, selon elle, l’ont aidée à battre ce record. Le plus important : rester dans son cercle de proches. C’est pourquoi elle s’est coupée des réseaux et de toute pression extérieure. « Il y avait plus de stress qu’en compétition » nous a-t-elle expliqué. À vrai dire, ses amis pacers se sont entraînés et son mari, Adrien Séguret, a fourni un gros travail tant au niveau de l’organisation de l’événement que de la planification de son entraînement. Au vu de ce qu’elle nous a exprimé, on ressent qu’Anne-Lise craignait de les décevoir. « Je l’ai aussi fait pour eux. C’est vraiment un défi collectif » a-t-elle souligné.
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