Le grand public ne la connait peut-être pas, mais dans l’univers du trail, la Française de 33 ans s’est rapidement fait un nom en s’imposant notamment comme la femme la plus rapide sur la Traversée des Aravis. En ce lundi 13 juin, Anne-Lise Rousset s’attaque à un autre défi, et non des moindres : faire tomber le record féminin de la traversée du GR20, détenu depuis dix ans par Émilie Lecomte (41h22). Un vrai challenge, quand on sait que pour préparer ce parcours de 170.3 km et 12.690 m de D+ cette athlète d’exception a dû jongler entre son emploi de vétérinaire et son quotidien de maman d’un petit garçon de 11 mois.
C’est l’un des défis les plus passionnants du trail de haut-niveau : la tentative de record du GR20. Réputé sentier le plus difficile d’Europe, les meilleurs trailers de la planète, Kilian Jornet, Xavier Thévenard, Lambert Santelli, Guillaume Perreti, Rory Bosio, et bien d’autres, se sont frottés, avec succès ou non, au défi Corse. Au programme : 170 km et 11 000 mètres de D+, un parcours, très clairement défini par le cahier des charges de la Ligue Corse FFME contrôlant les tentatives, dont ni la distance, ni le terrain, très technique, ne ménagent les traileurs.
Avec un record féminin imbattu depuis 10 ans, cette traversée majestueuse au coeur des montagnes corses s’annonce une lutte de tous les instants pour Anne-Lise Rousset, traileuse au palmarès bien fourni, dont un récent record féminin (2020) sur la traversée des Aravis (49 km et 6 110 mètres de D+). Son objectif est clair : faire mieux qu’Émilie Lecomte, femme la plus rapide sur ce mythique sentier depuis dix ans (41h22). Anne-Lise annonce l’objectif de passer sous la barre des 41 heures. Un défi ambitieux, au vu du terrain, qu’elle prépare depuis maintenant deux ans et demi.




"Je crois que j’ai toujours aimé courir. Je faisais un peu d’athlétisme en scolaire au collège et au lycée où déjà, mes professeurs de sport m’incitaient à trotter" raconte-t-elle. Quelques années plus tard, en 2011, elle goûte au trail en Aveyron, grâce à Adrien Seguret, son futur entraîneur et mari. Ensuite, "j’ai tenté des courses plus relevées et le virus s’est bien installé !". Depuis, elle ne cesse d’enchaîner les (très) belles places. Victoire à la CCC (2014), 4e aux Mondiaux (2015), championne du monde de trail par équipe (2017), 7e au classement général du Skyrunning World Series et 2e de la Transvulcania (2019). Une variété d’expériences qui l’ont amenée à définitivement se tourner vers l’univers de la longue distance.
Deux ans et demi de préparation à caler dans un emploi du temps très chargé
"Un tel projet se prépare, se construit et se bâtit jour après jour” soulignait Anne-Lise sur Instagram à quelques jours du départ . Au programme : deux ans et demi de préparation, de reconnaissance et d’appréhension d'un terrain très spécifique et très technique. Le tout au milieu d’un emploi du temps très chargé.
Vétérinaire de formation, Anne-Lise associe avec brio son entraînement et son travail, très chronophage composé d'astreintes, ainsi que sa vie de maman… "Je n’ai pas beaucoup de temps dans la journée à consacrer à la course… Lors d'une journée classique de travail, je m’entraîne essentiellement entre midi et deux. Je fais donc des séances courtes la semaine, mais intenses, en alternant travail de vitesse, de seuil et de côtes. Par exemples : 6 fois 1000 m sur plat, 4 fois 2000 m sur plat ; 15 à 20 fois 400 m, 6 fois 3 min en côte raide, 3 fois 15 min ou encore 2 fois 30 min au seuil… et bien sûr quelques footings. […] Dès que je le peux, je fais une sortie longue pour travailler le foncier (en général, une, max deux par semaine)" précise-t-elle.
Avec un petit garçon de 11 mois dans les bras, elle s’aligne sans doute aujourd’hui sur l’un des plus gros défis de sa vie. “Après la naissance de notre petit Faustin début juillet 2021, j’ai repris très progressivement l’entraînement, toujours accompagnée par ma kiné et mon coach pour ne pas brûler les étapes de la rééducation post-partum. Tout s’est passé pour le mieux, ce qui m’a permis de reprendre l’entraînement normalement et de monter en charge progressivement avec pour objectif le GR20". Une préparation qu’elle a terminée par quinze jours en Corse pour peaufiner les derniers détails avant sa tentative.
Comment la suivre ?
Pour ceux qui seraient sur place, contrairement aux années précédentes, seuls deux pacers au maximum peuvent l’accompagner sur le terrain (ce que feront Lambert Santelli, Guillaume Peretti, Adrien Séguret notamment). C'est le nouveau règlement qui l'impose sous peine de disqualification. Il est donc impossible de courir avec elle afin de ne pas mettre en danger sa tentative. Toutefois, vous pouvez aller l’encourager aux ravitaillements accessibles (Calenzana, Fer à cheval, Vizzavona, Verde, Bavella) ainsi qu’aux refuges.
Historique des records sur le GR20
Hommes
2021 – Lambert Santelli : 30h25
2016 – François D’Haene : 31h06
2014 – Guillaume Peretti : 32h00
2013 – Jean-Pierre Costa – sens Sud-Nord : 48h18
2009 – Kilian Jornet : 32h54
2005 – Pierrot Santucci : 36h53
1989 – Jean-François Luciani : 46h
1988 – Pierrot Griscelli et Guy Genovesi : 56h
Femmes
2012 – Émilie Lecomte : 41h22
2011 – Stéphanie Sampers, une Ajaccienne, signe un nouveau record féminin : 50h52
2006 – Josée Cumbo, première femme à réaliser le GR20 en un temps record : 56h04
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