Plus traitre que le vent ou la canicule, la pluie est sans doute la pire ennemie du randonneur, au point de pouvoir gâcher votre itinérance et vous dégoûter de la marche, surtout si les bivouacs humides s’enchaînent. A moins que, pour une fois, vous ayez un peu anticipé et adopté le bon équipement comme les bons réflexes.
Première règle indispensable pour faire face à la pluie : avoir le bon matériel. La base, quoi. "Il n’y a pas de mauvaises conditions, que de mauvais équipements", se plaisent à dire les Suédois qui s'y connaissent en temps pourri, mais aussi en sorties en pleine nature en toutes conditions. Tout est donc une question d’anticipation. Au moment de faire votre sac, emportez avec vous des vêtements résistants à l’eau. A commencer par une veste imperméable en Gore-Tex, matière réputée pour repousser l’eau tout en offrant un minimum de respirabilité. C'est un petit investissement, on vous l'accorde, mais vous l'amortirez vite, elle vous fera du chemin si vous en prenez soin et surtout, vous nous remercierez quand vous serez au sec sous des trombes d'eau. Si la météo est franchement mauvaise et que de sérieux orages vous attendent en chemin ou que pour vous rando rime avec Ecosse ou Islande, paradis des ondées, optez également pour un surpantalon. Il a certes l'inconvénient de favoriser la transpiration, c'est connu, mais il s'avère tout de même vraiment utile en cas de fortes précipitations. Donc n'hésitez pas à en glisser une paire dans votre sac. De même un chapeau à bords larges ou une casquette à longue visière feront la différence sous la pluie si votre veste n'en n'est pas équipée. On l'oublie trop souvent, mais ce petit détail vous garantira un minimum de visibilité sur les sentiers.
Prévoyez également des vêtements de rechange, bien protégés dans un sac imperméable logé dans votre sac à dos : une sous-couche manches longues, une ou deux paire de chaussettes bien secs à enfiler en fin de journée après une journée infernale vous réconcilient avec la vie. Pour ce petit kit de survie, misez sur les fibres synthétiques de préférence (nylon par exemple). Ces dernières ayant l’avantage de sécher très rapidement. Enfin, côté doudoune, laissez votre super modèle en plumes au placard si vous partez vers des zones particulièrement humides : une fois mouillée, pour peu qu'elle ait un peu perdu de son imperméabilité, elle va rester longtemps trempée, vous alourdira et, dans le pire des cas, pourrait dégager une désagréable odeur.
Pensez également à garder vos vêtements au sec pendant votre randonnée. Si vous doutez de la résistance de votre sac à dos, recouvrez-le sans hésiter d’une housse de protection étanche pour la pluie, généralement fournie par le fabricant, sinon, faites en l'achat pour quelques euros. A défaut, vous pouvez également le doubler d'un bon vieux sac poubelle. L'inconvénient ? Il n'est guère solide et par temps très humide, il peut être difficile d'extraire rapidement tous les accessoires dont vous pourriez avoir besoin. Donc chargeurs et autres lampes frontales qui n'aiment guère l'humidité sont à protéger dans des sacs en plastiques imperméables, dans des poches aisément accessibles.
Il n’y a pas de mauvaises conditions, que de mauvais équipements
Des chaussures adaptées à la situation
Aucune chaussure n’est parfaitement étanche, on le sait. Cela dit, vous pouvez tout de même opter pour un modèle avec une membrane imperméable (de type Gore-Tex ou Outdry par exemple) empêchant les gouttes d’eau de passer tout en laissant la transpiration s’échapper. Gardez tout de même à l'esprit que même la membrane la plus résistante à l'eau ne maintiendra pas vos pieds au sec si l'eau s'écoule par le dessus de la chaussure. C'est pourquoi on vous conseille de vous renseigner en amont sur les conditions qui vous attendent afin de savoir si vous devez opter pour des chaussures montantes, de trail ou hydrides. A noter que pour les itinérances par de chaudes températures où on vous recommande, sans hésiter, une paire de chaussures légères, à séchage rapide. Enfin, s’il pleut des cordes, n’hésitez pas à ajouter des guêtres, légeres et peu chères, ce qui évitera à l’eau de s’écouler dans vos chaussures, voire à la neige de s'y engouffrer si d'aventure vous croisez des névés.
La tente idéale pour rester au sec
Au moment de choisir votre tente, optez pour un modèle équipé d’un double toit, fabriqué en matériau imperméable, recouvrant complètement les fenêtres et les portes afin d'empêcher l’eau de s’infiltrer à l'intérieur. Comme nous, vous êtes sans doute adeptes du light packing, mais en zones humides, laissez les abris minimalistes au placard pour une fois et optez pour quelque chose d'un peu plus spacieux - une tente destinée à 3 personnes pour un duo de randonneurs par exemple, histoire de jouir d'un peu plus de place pour vous retourner. Et, pourquoi pas, si vous partez en groupe, et que le terrain comme votre forme s'y prêtent, ajoutez exceptionnellement à votre charge une bâche de protection ultra légère ou un tarp, parfaits pour avoir une agréable zone de vie, bien au sec. Une option qui risque toutefois de rebuter les randonneurs habitués à veiller au moindre gramme supplémentaire.
On vous conseille également de choisir une tente bien équipée en aérations afin de laisser librement circuler l’air et de limiter la condensation à l'intérieur. L’occasion de rappeler qu’il ne faut surtout pas toucher les pans de la tente lorsqu’ils sont mouillés – ce geste pourrait faciliter l’infiltration de l’eau vers l’intérieur. Gardez donc tout votre matériel de bivouac à l’écart des cloisons (d'où notre recommandation de voir un peu grand à l'heure de choisir votre tente).
Où et comment installer sa tente ?
Montez votre tente dans un endroit surélevé et plat, loin bien sûr de pentes et collines. Ne visez toutefois pas le point géographique le plus élevé – par de forts orages, c’est le lieu privilégié par la foudre. Autre point non négligeable : si vous devez camper dans le lit d’une rivière ou dans un canyon - ce que nous ne vous recommandons certainement pas si vous pouvez l'éviter - assurez-vous de vous installer au-dessus de la ligne des hautes eaux pour rester au sec et en sécurité en cas de crue soudaine. Elles sont nombreuses, et pas que sous les tropiques, allez donc faire un tour dans les Cévennes mi-août pour vous en convaincre ! Pour éviter toute mauvaise surprise, faites, si possible, des repérages en amont de votre randonnée, devant une carte, tranquillement installé chez vous. Prévoir un plan A et un plan B en fonction du relief vous épargnera bien des ennuis.
Avant d’installer votre tente, vous pouvez mettre une bâche au sol – ce qui vous servira de tapis de sol. Veuillez à ce que les côtés soient bien repliés pour éviter que l’eau qui coule le long de la tente ne soit retenue par cette bâche. Assurez-vous également que votre double-toit est bien tendu pour que l’eau puisse s’écouler facilement. Un conseil : soyez efficaces car plus vous mettrez de temps à monter votre tente, plus vous serez trempés. Alors, avant de partir sur les sentiers, n'hésitez pas à vous entrainer chez vous, bien au sec et sans stress, à monter votre tente flambant neuve. Cela vous évitera une crise de nerf en pleine tempête.
Enfin, entre deux averses, faites sécher votre tente, important pour l'alléger et vous assurer un abri aussi confortable que possible le soir venu. Et une fois rentrés chez vous, faites la sécher à l’air libre avant de la stocker. Sinon vous risqueriez d’avoir quelques surprises en la dépliant lors de votre prochain bivouac: contrairement à vous, les moisissures adorent l’humidité !
Et la cuisine dans tout ça ?
Après une longue journée de rando, vous serez certainement affamés. Or sous la pluie, tout demande un peu plus d’efforts. Les plus prévoyants auront emportés avec eux une bâche et un rouleau de cordelette. De quoi installer, avec l’aide de quelques arbres, un abri permettant de cuisiner vite fait un plat réconfortant ou vos aliments déshydratés favoris. Autre option : opter pour des aliments qui ne nécessitent aucune cuisson (noix, barres énergétiques, sandwichs…), pas idéal pour le moral après une journée sous la pluie mais suffisant pour refaire le plein d'énergie. A moins que, vous ayez eu la bonne idée de glisser dans votre sac une thermos remplie de soupe chaude et consistante. Un bonheur, le soir venu ! Enfin, rappelons que, pluie ou pas pluie, si vous crapahutez dans les forêts slovènes ou en Corse, les ours comme les cochons sauvages seront attirés par les bonnes odeurs émanant de votre popote et de votre sac, alors, dans tous les cas, évitez de cuisiner trop près de votre tente. Ou, à minima, n'y stockez pas de nourriture.
Article initialement publié le 20 avril 2023, republié le 28 juillet 2023
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