Partie mardi à 16h37, heure française, la « course qui mange ses petits » a fait beaucoup de dégâts et s’est achevée ce jeudi au alentour de 8h45 sans aucun finisher. Preuve que, comme on s’en doutait un peu, Gary « Lazarus Lake » Cantrell a mitonné une édition encore plus redoutable. Il a une réputation à soigner !
A l’heure où nous écrivions cet article, la Barkley était en cours depuis 21 heures et il ne restait que 7 coureurs en lice, dans la boucle 2, suite à l’abandon de l’Américain Chris Fisher et du Français Thomas Calmettes, annonçait le facétieux Keith Dunn. Muet ces dernières heures, il tentait sans doute de grappiller un peu de repos. A moins qu’il ait décidé de faire bouillir un peu les milliers de fans de la Barkley qui, d'un côté comme de l’autre de l’Atlantique – voire plus loin, il y a un Japonais cette année en course – suivent cette course infernale et voient tomber les têtes.
Et cette année, ça a commencé très tôt. Le premier abandon est tombé au bout de 6 heures de course, à l’issue de 5 miles seulement. Le second, une heure plus tard, au bout de 7 miles. 16 autres les ont rejoints sur le banc de touche, faute d'avoir fini la boucle 1 dans les temps.
Voilà qui a du rassurer le fondateur de la course, Gary « Lazarus Lake » Cantrell, et son successeur, Carl Laniak, sans doute un peu piqués au vif l’année dernière devant le palmarès de la « course la plus difficile du monde : cinq finishers, dont une femme. Du jamais-vu. Aussi s’attendait-on à ce que ces deux-là révisent leur copie car, de toute évidence, ils ne peuvent tout simplement pas laisser une telle chose se reproduire.
Une météo plus clémente que prévu, mais un parcours plus "méchant"
Ils espéraient peut-être qu'en repoussant l'événement à la mi-mars le temps serait plus froid, plus humide, plus venteux et, globalement, plus dégueulasse. Mais s'ils cherchaient un temps exécrable, les dieux de la météo en ont décidé autrement. La nuit de lundi à mardi, froide mais claire, a cédé la place à un mardi ensoleillé. Et mercredi, les coureurs pouvait compter sur des températures oscillant entre 8 et 17°C. Heureusement pour Laz, on annonçait de la pluie, et le thermomètre devait tomber à 0°C le matin, sans dépasser les 13°C dans la journée. De quoi ajouter un peu de piment, et de boue, à l’affaire.
Mais, Laz et Laniak ont plus d'un tour dans leur sac. Le plus simple (et le plus sûr) étant, tout simplement, de rendre le parcours encore plus difficile. Bien que la course comporte toujours cinq boucles de 20 à 26 miles et que les coureurs disposent toujours de 12 heures pour parcourir chaque boucle et de 60 heures pour terminer l'épreuve, le parcours lui-même change chaque année. Et les organisateurs connaissent suffisamment bien le parc de Frozen Head pour corser sérieusement ce parcours de 120 à 130 miles et 60 000 pieds de dénivelé positif (environ 18 300 m +). Des sentiers non balisés dans une forêt envahie par un labyrinthe de ronces. Le tout sans GPS bien sûr.
Il semble que leurs efforts maléfiques aient rapidement été récompensés : les deux premiers coureurs qui ont terminé la première boucle y sont parvenus en un peu moins de 10 heures. À titre de référence, ils étaient neuf à avoir terminé la première boucle en moins de neuf heures l'année dernière ! Quant au palmarès final, on le connait : 0 finisher. La Barkley a gagné !
Article publié le 19 mars 2025 à 13h31, mis à jour jeudi 20 mars à 10h12.
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